effroi
- nature
- nom masculin
- diction
- [efʁwa] · 2 syllabes
- usage
- 16 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Grande frayeur ; terreur ; épouvante.
- Othon le regarda venir avec un effroi dont il n’était pas le maître. Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
-
Personnes ou choses qui causent de l’effroi, qui sont l’objet de l’effroi.
- Quel paysage ! ruminait Durtal, […]. Il se rappelait l’effroi du site qu’il avait traversé entre Saint-Georges de Commiers et La Mure, son effarement en wagon lorsque le train passait lentement au-dessus des gouffres. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
1 emploi spécialisé
- Généralités Réaction à une situation de danger ou à des stimulations externes très intenses qui surprennent le sujet dans un état de non-préparation.
Citation
Je me retire donc encor pâle d'effroi ; Mais le jour est venu quand je rentre chez moi
Origine du mot
Esfroyer (voy. EFFRAYER) ; Berry, effray, effré ; provenç. esfrei. — Littré, 1873
1873 — le Littré
EFFROI s. m. (è-froi)
1 Grande frayeur. Porter, inspirer l'effroi. encore relevé aujourd’hui
- Je me retire donc encor pâle d'effroi ; Mais le jour est venu quand je rentre chez moi — BOILEAU, Sat. VI
- Il est vrai, je n'ai pu concevoir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n'être plus à moi — RAC., Baj. II, 5
6 autres citations
- Et je ne dois la vie en ce commun effroi Qu'au bruit de mon trépas que je laisse après moi — ID., Mithr. II, 3
- Seigneur, je viens à vous pleine d'un juste effroi — ID., Phèd. IV, 4
- Ce Juif, comblé d'honneurs, me cause quelque effroi — ID., Esth. III, 1
- Quel trouble vous agite et quel effroi vous glace ? — ID., Athal. II, 5
- Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi ? Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi ? — ID., ib. III, 7
- Ma fille, me dit-elle, avec un cri d'effroi — DUCIS, Othel. II, 1
Terme de chasse. On dit que le cerf part d'effroi, lorsque quelqu'un ou quelque chose qui l'effraye le fait partir.
2Fig. Cause d'effroi. Ce conquérant a été l'effroi et la terreur de la terre entière. encore relevé aujourd’hui
- Au Dieu persécuteur, effroi du genre humain — VOLT., Fanat. I, 4
Historique
XIIe s.
- Dunc sunt venu à lui ; tuit erent [étaient] en esfrei — Th. le mart. 42
XIIIe s.
- Si me puist Diex aidier, j'en sui en grant esfroy — Berte, CXVI
XVe s.
- Adonc commença l'effroi grant et fort à lever en la ville — FROISS., II, II, 42
- Le bon serviteur, sans faire effroi ne bruit, vint heurter à la porte — LOUIS XI, Nouv. XXVII
XVIe s.
- Les Guodivaulx, qui estoyent en embuscade, sortirent tous en grand effroy sur Pantagruel — RAB., Pant. IV, 41
- Ce qui est en partie cause de l'effroy que souvent prenent plusieurs gens de guerre, est leur ignorance — LANOUE, 318
5 autres citations
- Toute la chrestienté entra en grand effroy — ID., 414
- Le duc de Nevers prit Beaurain par composition, Agimont d'emblée, et d'effroi Chasteau-Tierri — D'AUB., Hist. I, 20
- Ils quittent leurs tranchées et d'effroi en effroi se mettent en fuite — ID., ib. II, 68
- Vous engagez vostre valeur et vostre fortune à celle de vostre cheval ; son effroy ou sa fougue vous rendant ou temeraire ou lasche — MONT., I, 361
- Que l'on n'eust à sonner nulle cloche, sinon celle de l'effroi — PASQUIER, Lettres, t. I, p. 4, dans LACURNE
Étymologie
Esfroyer (voy. EFFRAYER) ; Berry, effray, effré ; provenç. esfrei.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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