envier
- nature
- ver
- diction
- [ɑ̃vje] · 2 syllabes
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 4
-
Désirer pour soi les avantages d’autrui.
- Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l‘Évêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité. Gustave Flaubert, Un cœur simple,
-
Souhaiter pour soi-même un bonheur, un avantage pareil à celui qu'un autre possède, mais sans être fâché qu’il en jouisse.
- Thorsavn possède un hôpital moderne que lui envieraient bien des arrondissements de Paris et un Sanatorium pour les tuberculeux. Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928
-
soutenu Refuser à quelqu’un ce qu’il désire ou demande.
- Ne m’enviez pas l’honneur de mourir avec vous.
- Faire un envi, surenchérir, augmenter la mise à un jeu.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- j'envie
- tu envies
- il envie
- nous envions
- vous enviez
- ils envient
Imparfait
- j'enviais
- tu enviais
- il enviait
- nous enviions
- vous enviiez
- ils enviaient
Passé simple
- j'enviai
- tu envias
- il envia
- nous enviâmes
- vous enviâtes
- ils envièrent
Futur simple
- j'envierai
- tu envieras
- il enviera
- nous envierons
- vous envierez
- ils envieront
Passé composé
- j'ai envié
- tu as envié
- il a envié
- nous avons envié
- vous avez envié
- ils ont envié
Plus-que-parfait
- j'avais envié
- tu avais envié
- il avait envié
- nous avions envié
- vous aviez envié
- ils avaient envié
Passé antérieur
- j'eus envié
- tu eus envié
- il eut envié
- nous eûmes envié
- vous eûtes envié
- ils eurent envié
Futur antérieur
- j'aurai envié
- tu auras envié
- il aura envié
- nous aurons envié
- vous aurez envié
- ils auront envié
Subjonctif
Présent
- j'envie
- tu envies
- il envie
- nous enviions
- vous enviiez
- ils envient
Imparfait
- j'enviasse
- tu enviasses
- il enviât
- nous enviassions
- vous enviassiez
- ils enviassent
Passé
- j'aie envié
- tu aies envié
- il ait envié
- nous ayons envié
- vous ayez envié
- ils aient envié
Plus-que-parfait
- j'eusse envié
- tu eusses envié
- il eût envié
- nous eussions envié
- vous eussiez envié
- ils eussent envié
Conditionnel
Présent
- j'envierais
- tu envierais
- il envierait
- nous envierions
- vous envieriez
- ils envieraient
Passé
- j'aurais envié
- tu aurais envié
- il aurait envié
- nous aurions envié
- vous auriez envié
- ils auraient envié
Impératif
Présent
- envie
- envions
- enviez
Passé
- aie envié
- ayons envié
- ayez envié
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- envier
- Participe présent
- enviant
- Participe passé
- envié
Citation
Ce qui rendit sa faveur plus singulière, c'est qu'elle ne fut ni enviée ni traversée et que personne n'en fut victime
Origine du mot
Du latin invitare (« inviter »).
Dans le dictionnaire latin : invitare
1873 — le Littré
ENVIER1 v. a. (an-vi-é)
, j'enviais, nous enviions, vous enviiez ; que j'envie, que nous enviions, que vous enviiez
1 Éprouver envers quelqu'un le sentiment de l'envie. encore relevé aujourd’hui
- Ils envient tous ceux à qui l'on donne — LA BRUY., VIII
- Je n'envierai personne, et personne ne m'enviera — VOLT., Memnon.
2 Éprouver pour quelque chose le sentiment de l'envie. encore relevé aujourd’hui
- Ce qui rendit sa faveur plus singulière, c'est qu'elle ne fut ni enviée ni traversée et que personne n'en fut victime — VOLT., Russie, II, 1
Envier quelque chose à quelqu'un, désirer posséder ce qu'il possède.
- Si la fortune qui me fait vaincre partout m'accompagne encore auprès de vous, je n'envierai pas à Alexandre toutes ses conquêtes — VOIT., Lett. 7
- Moi qui en toute autre occasion me réjouis de vos avantages plus que des miens propres, et qui ne vous envie pas votre esprit, votre science, ni votre réputation, je vous porte envie d'avoir été huit jours avec M. de Balzac — ID., ib. 125
1 autre citation
- Je ne viens point ici par de jalouses larmes Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes — RAC., Andr. III, 4
Il se dit aussi des personnes qu'on désire posséder.
- Quand un homme a mérité d'être envié à son parti par ceux qui le combattaient, il a touché à la véritable gloire — A. CARREL, Œuvres, t. IV, p. 289
3 Souhaiter, sans être envieux, ce que quelqu'un possède. Envier la haute fortune de quelqu'un. encore relevé aujourd’hui
- Et ce sont ces plaisirs et ces pleurs que j'envie — RAC., Brit. II, 3
- Allons, n'envions plus son indigne conquête — ID., Andr. II, 1
1 autre citation
- Dans mon triomphe heureux j'envierai peu les siens — VOLT., Sémir. II, 1
Il se dit aussi pour désirer. Voilà le poste que j'envierais le plus.
4 Ne pas accorder, refuser.
- Ah ! destins ennemis Qui m'enviez le bien que je m'étais promis — CORN., Rodog. v, 4
- M'envierez-vous l'honneur de mourir à vos yeux ? — ID., Nicom. I, 1
5 autres citations
- De votre lieutenant m'envieriez-vous le nom ? — ID., Sertor. III, 2
- Bonté qui a donné l'être aux plus nobles, et ne l'a pas voulu envier aux moindres — BOSSUET, Nécess. 1
- Soit que son cœur jaloux d'une austère fierté Enviât à nos yeux sa naissante beauté — RAC., Brit. II, 2
- Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez ? — ID., Bérén. IV, 5
- Si ta haine m'envie un supplice si doux — ID., Phèd. II, 5
Dans un sens latin. Le ciel nous a envié ce grand homme, c'est-à-dire ce grand homme est mort.
5 S'envier, v. réfl. Se porter envie l'un à l'autre. Ces deux hommes s'envient et se font le plus de mal qu'ils peuvent.
Remarque
Des grammairiens ont prétendu qu'on ne disait pas correctement envier quelqu'un, mais envier quelque chose, et qu'au lieu d'envier quelqu'un, il fallait dire porter envie à quelqu'un. Cette décision est contredite par la Bruyère, Fontenelle, Voltaire, et avant eux par Montaigne, qui, avec envier, ont mis les personnes au régime direct. On ne voit d'ailleurs aucune raison pour laquelle ce régime ne devrait pas être employé.
Historique
XVIe s.
- J'envie ceulx qui sçavent s'apprivoiser au moindre de leurs serviteurs — MONT., III, 278
- Il avoit escript beaucoup d'autres vies, que l'injure du temps nous a enviées — AMYOT, Préf. XXV, 53
2 autres citations
- Je porte envie à ta mort, Caton, puisque tu m'as envié la gloire de t'avoir sauvé la vie — ID., Cat. d'Ut. 89
- C'est grand mal d'estre miserable, Mais c'est grand bien d'estre envié — RONS., 371
Étymologie
Provenç. enveiar ; catal. envejar ; espagn. envidiar ; portug. invejar ; ital. invidiare ; d'un bas-latin invidiare, formé de invidia, envie, de invidere, de in, en, et videre, voir : fixer les yeux sur, comme fait l'envieux.
ENVIER2 v. n. (an-vi-é)
Terme de jeu. Jouer pour voir qui aura le point le plus haut ; faire un envi. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- La teste Godefroy [ils] metent à l'envier, Tangré ne Buiemont n'i vourent oblier — Chanson d'Ant. VII, 721
XVIe s.
- Quelques fois il plaist à la fortune envier sur nos miracles — MONT., I, 253
Étymologie
Envi 2 ; provenç, envidar, enviar.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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