farder

nature
ver
diction
[faʁde] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 9

  1. Enduire de fard.
    • Que dites-vous Sophie Ivanovna! Elle se farde outrageusement. Nicolas Gogol, Les âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949
  2. figuré Parer une chose d’un faux lustre.
    • Mon grand-père, au seuil de la grange, bottelait les asperges ou fardait les paniers de prunes. Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 152
  3. Déguiser par un artifice de paroles ce qui peut déplaire à celui à qui l’on parle, le choquer, ou nuire à celui qui parle.
    • Le Marquis.– Mon ami, je vous ai fardé la vérité… Ma nièce… n’est pas ma nièce ! Eugène Labiche, Doit-on le dire ?, 1872
  4. Parer d’ornements faux ou affectés, en parlant des ouvrages de l’esprit.
  5. Peser de tout son poids.
    • Une charge qui farde.
  6. Pencher sur.
    • Une voile qui farde, Qui prend sous le vent une forme arrondie et régulière.
3 emplois spécialisés
  1. Maçonnerie S’affaisser.
    • Dans un ennui que rien ne pouvait divertir, dans la perspective écrasante d’une économie domestique parfaite, ces deux êtres s’affaissaient, comme un mur qui farde sous son propre poids. Paul Morand, Le prisonnier de Cintra
  2. Yachting et navigation de plaisance Pour une voile, être bien coupée et bien établie.
  3. Types et traitement - Alimentation Présenter les produits horticoles destinés à la vente, légumes ou fruits, en ne laissant voir à l'acheteur que les plus beaux exemplaires et en cachant sous ceux-ci les exemplaires d'une moins bonne qualité et d'un moins bel aspect. Le fardage est interdit.

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. je farde
  2. tu fardes
  3. il farde
  4. nous fardons
  5. vous fardez
  6. ils fardent

Imparfait

  1. je fardais
  2. tu fardais
  3. il fardait
  4. nous fardions
  5. vous fardiez
  6. ils fardaient

Passé simple

  1. je fardai
  2. tu fardas
  3. il farda
  4. nous fardâmes
  5. vous fardâtes
  6. ils fardèrent

Futur simple

  1. je farderai
  2. tu farderas
  3. il fardera
  4. nous farderons
  5. vous farderez
  6. ils farderont

Passé composé

  1. j'ai fardé
  2. tu as fardé
  3. il a fardé
  4. nous avons fardé
  5. vous avez fardé
  6. ils ont fardé

Plus-que-parfait

  1. j'avais fardé
  2. tu avais fardé
  3. il avait fardé
  4. nous avions fardé
  5. vous aviez fardé
  6. ils avaient fardé

Passé antérieur

  1. j'eus fardé
  2. tu eus fardé
  3. il eut fardé
  4. nous eûmes fardé
  5. vous eûtes fardé
  6. ils eurent fardé

Futur antérieur

  1. j'aurai fardé
  2. tu auras fardé
  3. il aura fardé
  4. nous aurons fardé
  5. vous aurez fardé
  6. ils auront fardé

Subjonctif

Présent

  1. je farde
  2. tu fardes
  3. il farde
  4. nous fardions
  5. vous fardiez
  6. ils fardent

Imparfait

  1. je fardasse
  2. tu fardasses
  3. il fardât
  4. nous fardassions
  5. vous fardassiez
  6. ils fardassent

Passé

  1. j'aie fardé
  2. tu aies fardé
  3. il ait fardé
  4. nous ayons fardé
  5. vous ayez fardé
  6. ils aient fardé

Plus-que-parfait

  1. j'eusse fardé
  2. tu eusses fardé
  3. il eût fardé
  4. nous eussions fardé
  5. vous eussiez fardé
  6. ils eussent fardé

Conditionnel

Présent

  1. je farderais
  2. tu farderais
  3. il farderait
  4. nous farderions
  5. vous farderiez
  6. ils farderaient

Passé

  1. j'aurais fardé
  2. tu aurais fardé
  3. il aurait fardé
  4. nous aurions fardé
  5. vous auriez fardé
  6. ils auraient fardé

Impératif

Présent

  1. farde
  2. fardons
  3. fardez

Passé

  1. aie fardé
  2. ayons fardé
  3. ayez fardé

Formes impersonnelles

Infinitif présent
farder
Participe présent
fardant
Participe passé
fardé

Citation

Et moi, sans compliment qui vous farde mon cœur, Je vous offre et demande une amitié de sœur
Pierre Corneille, la Veuve, V, 8

Origine du mot

Fard. On trouve, au XIIe siècle, un dérivé, fardoillié, barbouiller : — Littré, 1873

1873 — le Littré

FARDER1 v. a. (far-dé)

1 Mettre du fard. On lui a fardé le visage. encore relevé aujourd’hui

Se farder, farder à soi. Se farder le visage.

2 Donner à une chose du lustre, une apparence qui en cache les défauts. Farder une étoffe. Farder sa marchandise. encore relevé aujourd’hui

  • Et moi, sans compliment qui vous farde mon cœur, Je vous offre et demande une amitié de sœur — CORN., la Veuve, V, 8
  • À la gymnastique on a fait succéder l'art de farder les corps et de leur donner une beauté factice — FÉN., t. XXI, p. 33
2 autres citations
  • Les couleurs les plus vives pour farder des vices et des crimes [chez les dieux du paganisme], qui seraient tombés dans le décri sans la parure qu'ils [les poëtes] leur prêtaient pour en couvrir la difformité, l'absurdité et l'infamie — ROLLIN, Traité des Ét. II, I, 2
  • Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des piéges perfides...., Toujours la feinte mensongère Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs, Une insidieuse prière — A. CHÉN., Ode VI

Fig. Farder sa marchandise, tromper, faire illusion.

  • Vous ne fardez point votre marchandise, vous êtes honnête homme — VOLT., Dict. phil. Maladie.

3 Déguiser ce qui peut déplaire et choquer. encore relevé aujourd’hui

  • Je vous estime trop pour vouloir rien farder — CORN., Nicom. I, 2
  • Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité — RAC., Brit. I, 2

4En termes de littérature, parer d'ornements de mauvais goût. Farder un discours. Farder son langage. encore relevé aujourd’hui

Il s'est dit aussi en parlant de la peinture.

  • [Amours] Vous avez fardé la peinture, Vous affadissez l'opéra — BÉRANG., Pauv. amours.

5 Il se dit quelquefois simplement pour déguiser, avec un nom de chose pour sujet.

  • Affreuse image du trépas, Qu'un triste honneur m'avait fardée, Surprenantes horreurs, épouvantable idée, Qui tantôt ne m'ébranliez pas — CORN., Androm. III, 1

6 Se farder, v. réfl. S'enduire de fard. Cette femme se farde. encore relevé aujourd’hui

Fig.

  • On a beau se farder aux yeux de l'univers — BOILEAU, Sat. X

Être fardé.

  • Tout se farde à la cour, jusqu'à la vérité — BOURSAULT, Ésope à la cour, I, 3
Historique

XIIIe s.

  • Toutes font à Venus hommage, Sans regarder preu ne dommage, Et se cointoient [se parent] et se fardent Pour ceus bouler [tromper] qui les regardent — la Rose, 9064

XIVe s.

  • Dire ses pechiés sans rien polir ne farder — Ménagier, I, 3

XVe s.

  • En regardant ces belles fleurs Que le temps nouveau d'amours prie, Chascune d'elles s'ajolie Et farde de plaisans couleurs — CH. D'ORL., Rondeau.

XVIe s.

  • Eloquent à inventer des raisons fardées de paroles honestes — AMYOT, Dion, 47
  • C'estoient belles paroles et bien fardées pour couvrir la mauvaise intention qu'il avoit en son cueur — ID., Timol. 12
3 autres citations
  • D'ami fardé, flatteur et papelart, Nous garde Dieu.... — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 283
  • La sagesse humaine.... faict favorablement et industrieusement d'employer ses artifices à nous peigner et farder les maulx, et en alleger le sentiment — MONT., I, 227
  • Vostre extreme volupté a quelque air de gemissement et de plaincte.... voire quand nous en forgeons l'image en son excellence, nous la fardons d'epithetes et qualitez maladifves et douloureuses, langueur, mollesse, foiblesse, defaillance — ID., III, 85
Étymologie

Fard. On trouve, au XIIe siècle, un dérivé, fardoillié, barbouiller :

  • Fardoillié furent d'alun et d'arrement [encre] — la Prise d'Orenge, v. 450
Supplément au dictionnaire

1. FARDER. Ajoutez : - REM. Se farder a été dit des chats qui, à l'approche du mauvais temps, se passent les pattes sur les oreilles.

  • À l'approche de la pluie, les hirondelles se tiennent près des habitations et rasent la terre dans leur vol, les lézards se cachent, les chats se fardent, les oiseaux lustrent leurs plumes — Journ. offic. 20 sept. 1873, p. 5976, 1re col.

FARDER2 v. n. (far-dé)

S'affaisser sous son propre poids en parlant de murs et de constructions. Ce mur farde.

Terme de marine. Se dit d'une voile qui prend sous le vent une forme arrondie et régulière. Cette voile farde bien.

Terme de navigation fluviale. On dit qu'un bateau farde sur un autre, quand il le serre de trop près.

Historique

XVe s.

  • Prince qui veut vivre en temps et saison, Pour son hostel fasse sa garnison, De gens d'honneur et prodommes se farde [se charge] — E. DESCHAMPS, Admn. de l'hostel du prince.
Étymologie

Même radical que dans fardeau. À Rouen, le peuple dit farder pour porter des fardeaux : Les déchargeurs des navires portent très lourd, parce qu'ils sont accoutumés à farder.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « farder » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire