farouche
- nature
- adj
- diction
- [faʁuʃ] · 2 syllabes
- usage
- 14 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 5
-
Sauvage, indompté, qui s’enfuit quand on l’approche, en parlant des bêtes.
- Des renards bleus, à peine plus farouches que des chiens, nichaient alors dans le local ; j’ai exigé qu’on les épargnât. Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928
-
Craintif, ombrageux, insociable, intraitable… en parlant des personnes.
- La montagne, la mer, la forêt, font des hommes sauvages. Elles développent le côté farouche, mais souvent sans détruire le côté humain. Victor Hugo, Les Misérables, I, 2, 6 ; 1862
-
Craintif, peureux, ombrageux, en parlant de l’air, du regard, des manières, des sentiments, etc.
- Ses petits cheveux filasse, frisottants, hérissés autour du front, lui donnait un aspect farouche de méduse domestique. Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
-
Se dit d’une jeune fille ou d’une femme qui refuse que l’on lui fasse la cour.
- Je t’en prie ne sois pas farouche Quand me vient l’eau à la bouche. Serge Gainsbourg, L’Eau à la bouche, 1960
-
Entêté, féroce, persistant.
- Le président Biden risque donc de se retrouver avec une opposition républicaine farouche au Sénat. Luc Laliberté, Gueule de bois démocrate, Le journal de Montréal, 13 novembre 2020
Nom 1
-
Variante de farouch.
- III - Fourrages verts annuels tels que farouche, trèfle incarnat, vesces, seigles mélangés, avoines, maïs, etc. L'Industrie laitière, volume 39, Société française, d'encouragement à l'industrie laitière, 1914, page 411
Citation
Ils ne songent point à donner des bornes à leurs passions ; au contraire, ils les traitent délicatement.... ils nourrissent ces bêtes farouches
Origine du mot
Métathèse de fourâche, de l'ancien français forasche, dérivé du latin forasticus (« étranger »), de là « mal apprivoisé, sauvage ». La forme originelle fourâche est conservée dans nombre de régions (bonne attestation en Berry par exemple) avec le même sens que farouche en français classique.
Dans le dictionnaire latin : forasticus
1873 — le Littré
FAROUCHE adj. (fa-rou-ch')
1 Qui n'est point apprivoisé. Les bêtes farouches. encore relevé aujourd’hui
Fig.
- Ils ne songent point à donner des bornes à leurs passions ; au contraire, ils les traitent délicatement.... ils nourrissent ces bêtes farouches — BOSSUET, Sermons, Vêture, Mlle de Bouillon, 2
Terme de manége. Cheval farouche, cheval qui craint la présence de l'homme.
Familièrement. Cet homme n'est pas farouche, se dit d'un homme qui se laisse corrompre facilement par l'intérêt. Cette femme n'est pas farouche, se dit d'une femme qui écoute facilement les propos de galanterie.
- En même temps que sa bouche Me disait : je ne veux pas, Ses yeux me disaient tout bas : Je ne suis pas si farouche — Mme DE LA SABLIÈRE, dans RICHELET
Fig.
- Il s'y rencontre même des mots si farouches pour nos vers [ne se prêtant pas à la versification], que j'ai été contraint d'avoir souvent recours à d'autres qui n'y répondent qu'imparfaitement et ne disant pas tout ce que mon auteur veut dire — CORN., Imit. préf. édit. 1670
2 Qui fuit la société. Il était farouche dans sa jeunesse.
3 Qui a une rudesse sauvage. encore relevé aujourd’hui
- Nos farouches vertueux ne veulent point de tempérament et de milieu — BALZ., De la cour, 6e disc.
- Eh ! a-t-on jamais vu de plus farouche esprit ? — MOL., Princ. d'Él. I, 4
2 autres citations
- Souvent de tous nos maux la raison est le pire ; C'est elle qui, farouche au milieu des plaisirs, D'un remords importun vient brider nos désirs — BOILEAU, Sat. IV
- Sans parents, sans amis et sans concitoyens, Oublié sur la terre et loin de tous les miens, Par les vagues jeté sur cette île farouche [l'Angleterre], Le doux nom de la France est souvent sur ma bouche — A. CHÉN., Fragments.
Substantivement.
- Ces mœurs austères dont vous parlez sont proprement le caractère d'un sauvage et d'un farouche — PASC., Prov. 9
Il se dit de même de l'air, du regard, des manières, des sentiments, etc.
- La vertu n'a garde d'être austère et farouche ; elle ne détruit pas la nature, elle en corrige seulement l'imperfection — BALZ., De la cour, 2e disc.
- Les yeux égarés et le regard farouche — CORN., Cinna, IV, 2
6 autres citations
- Il rentre ; chacun fuit son silence farouche — RAC., Brit. v, 8
- Je le vis, son aspect n'avait rien de farouche — ID., Iphig. II, 1
- Chalcas s'est avancé, L'œil farouche, l'air sombre, et le poil hérissé — ID., ib. v, 6
- Que son farouche orgueil le rendait odieux ! — ID., Phèd. III, 1
- Ses yeux creux sont pleins d'un feu âpre et farouche ; ils sont sans cesse errants de tous côtés — FÉN., Tél. III
- Son nom était Jacques Clément ; il était né dans un village de Bourgogne appelé Sorbonne, et alors âgé de vingt-quatre ans ; sa farouche piété et son esprit noir et mélancolique se laissèrent bientôt entraîner au fanatisme par les importunes clameurs des prêtres — VOLT., Ess. guerr. civ. France.
4 Redoutable dans le combat. encore relevé aujourd’hui
- Mon armée, en silence, à leurs yeux étendue, N'offrait de tous côtés que farouches soldats — VOLT., Henr. III
5 Dur, barbare, cruel. Peuples farouches. encore relevé aujourd’hui
- Et cette âme farouche Qui semble me flatter après tant de mépris — RAC., Théb. III, 6
- Les menaces, les cris le rendront plus farouche — ID., Brit. III, 3
1 autre citation
- Alvarez doit ici prononcer de sa bouche L'abominable arrêt de ce conseil farouche — VOLT., Alz. v, 4
Il se dit aussi des choses.
- Ayons une valeur qui n'ait rien de farouche — MOL., le Fest. III, 6
- La nature frémit d'un devoir si farouche — LAMOTTE, Inès de Castro, IV, 1
Synonyme
FAROUCHE, SAUVAGE. Étymologiquement, le farouche est celui qui tient de la bête non apprivoisée ; le sauvage est celui qui appartient aux solitudes des forêts. Par conséquent, on est farouche par disposition de caractère et sauvage par absence de culture.
Historique
XIIIe s.
- La dame ne fu pas farouche — Ren. 22176
XIVe s.
- Le chien tousjours se tient au plus près de son maistre, et laisse et est estrange et farouche de tous les autres — Ménagier, I, 5
- Vos peres et meres, vos seurs vous estrangeront, se vous leur estes farouche et ne leur soiez debonnaire — ib. I, 6
XVe s.
- Si bien qu'enfin la belle s'esveillant, Me regardant avec un œil farouche — BASSELIN, XVI
XVIe s.
- Le païs estoit encore fort farouche et sauvage pour les barbares et brutales meurs et façons de faire des habitans d'iceluy — AMYOT, Mar. 7
Étymologie
Farouche représente le latin ferocem (voy. FÉROCE), représenté aussi par farasche (cuer farasche, la Rose, v. 1468), par le Berry fourâche ; par le provençal ferotgue, ferogge, et par le catalan ferotje.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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