fleuve
- nature
- nom masculin
- diction
- [flœv] · 1 syllabe
- attesté
- 1101
- usage
- 59 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
figuré Flot puissant et ininterrompu de personnes ou de choses.
- Tandis que le lugubre fleuve d'hommes, sinuant à travers les routes encaissées, précipitait vers Pontarlier le débordement de ses vagues, […]. Paul Margueritte et Victor Margueritte, Les Tronçons du glaive, 1900
3 emplois spécialisés
-
Géographie
Cours d’eau qui se jette généralement dans la mer ou dans l’océan à son embouchure.
- Cette Mersey, comme la Tamise, n’est qu’une insignifiante rivière, indigne du nom de fleuve, bien qu’elle se jette à la mer. Jules Verne, Une ville flottante, Chapitre I
-
Mythologie
Divinité qui préside aux fleuves, et qu’on représente ordinairement sous la figure de vieillard à longue barbe couché sur des roseaux, appuyé sur une urne, la tête ceinte d’une couronne de joncs.
- Les îles grandissent peu à peu et s'entourent d'une large ceinture de roches tapissées de mousses noirâtres ou de longs fucus bruns qui pendent à leurs flancs comme les roseaux de marbre dont les sculpteurs du dernier siècle ornaient leurs statues de fleuves. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842
- Géomorphologie et géomorphogénie Cours d'eau important qui se jette dans la mer.
Adjectif 1
-
figuré Qui dure très longtemps, sur le modèle de roman-fleuve.
- Pour la première fois depuis l’ouverture de ce procès fleuve le 23 septembre, la salle d’audience est comble pour écouter la lanceuse d’alerte, témoin le plus attendu des six mois de débats prévus. Le Monde avec AFP, « Pourquoi je tique ? Ça tient à deux petites choses » : au procès du Mediator, le récit d’Irène Frachon, Le Monde. Mis en ligne le 16 octobre 2019
Citation
De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues
Origine du mot
Du moyen français fleuve, de l’ancien français flueve, fluive, floeve, fluie, du latin fluvius (« courant, flot, cours d’eau »). A remplacé l’ancien français flun, flum, du latin flumen (« flot, courant »).
latin — ab « A partir de ce fleuve »
latin — abactus « Fleuve détourné »
Dans le dictionnaire latin : fluvius
1873 — le Littré
FLEUVE s. m. (fleu-v')
1 Grand cours d'eau auquel plusieurs rivières servent d'affluents et qui conserve ordinairement son nom jusqu'à la mer. encore relevé aujourd’hui
- De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues — BOSSUET, Duch. d'Orl.
- Ce n'est pas s'opposer à un fleuve que de faire des levées, que d'élever des quais sur ses rives, pour empêcher qu'il ne déborde et ne perde ses eaux dans la campagne — ID., Sermons, Vêture, Mlle de Bouillon, 1
9 autres citations
- Ainsi commençait une vie dont les suites devaient être si glorieuses, semblables à ces fleuves qui s'étendent à mesure qu'ils s'éloignent de leur source et qui portent enfin partout où ils coulent la commodité et l'abondance — FLÉCHIER, Turenne.
- Les fleuves se font presque toujours leur lit — FONTEN., Guglielmini.
- Des fleuves d'une largeur immense, tels que l'Amazone, la Plata, l'Orénoque, roulant à grands flots leurs vagues écumantes et se débordant en toute liberté, semblent menacer la terre d'un envahissement et faire effort pour l'occuper tout entière — BUFF., Ois. t. XIV, p. 42, dans POUGENS
- Les plus grands fleuves de l'Europe sont le Volga qui a environ 650 lieues de cours depuis Reschow jusqu'à Astracan sur la mer Caspienne ; le Danube dont le cours est d'environ 450 lieues depuis les montagnes de Suisse jusqu'à la mer Noire ; le Don.... — ID., Hist. nat. Preuv. Théorie terr. Œuv. t. II, p. 66, dans POUGENS.
- Tous les fleuves diminuent de jour en jour, parce que tous les jours les montagnes s'abaissent — ID., ib. p. 156
- Il y a dans l'ancien continent environ quatre cent trente fleuves qui tombent immédiatement dans l'Océan ou dans la Méditerranée et la mer Noire — ID., ib. p. 27
- C'est autour de leurs faîtes [des montagnes] que s'assemblent les nuages et les neiges, qui de là se répandant sans cesse, forment tous les fleuves et toutes les fontaines, dont on a si longtemps et si faussement attribué la source à la mer — VOLT., Physique, Singul. de la nat. 10
- Les cantons les plus riches de Hollande ont continuellement le spectacle effrayant de fleuves suspendus à vingt et trente pieds au-dessus du sol — CUVIER, Rév. p. 160
- Pour la première fois les eaux de ce fleuve moscovite [le Borysthène] allaient porter une armée française et réfléchir nos armes victorieuses — SÉGUR, Hist. de Nap. VI, 1
2 Il se dit quelquefois, en poésie, pour désigner une rivière quelconque, pourvu cependant que cette rivière soit donnée dans le moment comme grande.
3Fig. Ce qui abonde et coule comme fait un fleuve. encore relevé aujourd’hui
- Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné — CORN., Cinna, IV, 2
- Je te plongerai dans un fleuve de délices — FÉNEL., Tél. IV
Un fleuve d'éloquence, de poésie, une éloquence, une poésie qui coule avec l'abondance et la grandeur d'un fleuve.
4Poétiquement. Le fleuve de la vie, le cours de la vie. encore relevé aujourd’hui
- On ne jette point l'ancre dans le fleuve de la vie — BERN. DE ST-PIERRE, Chaum. ind.
- Il nous faut, dans son cours, Remonter flots à flots le long fleuve des jours — LAMART., Méd. I, 28
Le fleuve de l'éternité, le temps considéré dans son mouvement éternel.
- Ce n'est qu'en remontant le fleuve de l'éternité que je puis essayer de parvenir à sa source — VOLT., Princip. d'action, chap. 3
5Terme de mythologie. Divinité qui préside à un fleuve. Les attributs d'un fleuve. encore relevé aujourd’hui
- Absente, quand le fleuve a reçu nos présents, Elle n'a point offert les vœux que notre zèle Adresse chaque jour à ses flots bienfaisants — C. DELAV., Paria, II, 6
Familièrement. Ruisseler comme un fleuve, dégoutter d'eau, de pluie.
Terme de sculpture, de peinture ou de théâtre. Personnage allégorique représentant la divinité d'un fleuve et revêtu d'un costume de convention, surtout dans les anciens ballets, dont les sujets étaient le plus souvent mythologiques.
- Dans des chaconnes et gavottes, J'ai vu des Fleuves sautillants ; J'ai vu danser deux Matelottes, Trois Jeux, six Plaisirs et deux Vents — PANARD, Description de l'opéra.
Historique
XIIe s.
- De tote vertut fait à esgardeir li fluives del oevre, se il vient purs fors de la fontaine de la pense [pensée] — Job, p. 447
XIIIe s.
- De l'autre part, ce m'est avis, Court uns flueves de pa radis, Qui Eufrates est apelés — Fl. et Bl. v. 2007
XVIe s.
- On dit en françois trois FFF mauvais voisins, fleuve, fort, frere — DES ACCORDS, Bigarr. p. 159, dans LACURNE
Étymologie
Provenç. fluvi ; ital. fluvio ; du lat. fluvius, de fluere, couler. L'ancien français avait aussi flum qui représente le latin flumen.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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