fourré

nature
adj masculin
diction
[fuʁe] · 2 syllabes
usage
9 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 10

  1. Vêtu de fourrure.
    • Je reconnus derrière la glace Mme Trépof que deux chevaux noirs et un cocher fourré comme un boyard menaient grand train. Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éditions Le Livre de Poche, 1967, page 68
  2. Garni de fourrure.
    • Il avait des habits de gentilhomme sous un long godebert qui est une mante fourrée de dos de lièvre de Norvège. Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1869, édition 1907
  3. Garni intérieurement.
    • Ses bras, à la fois mignons et potelés, sortaient de manches à sabots fourrées de dentelles. Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846
  4. (Légèrement péjoratif) Bien présent à l'intérieur de, en parlant d'une personne externe.
    • Quand il n'est pas fourré à l'église, il est ici. Pierre Lemaitre, Le Silence et la Colère, Calmann-Lévy, 2023
  5. familier Perfide.
    • Il avait mis un moment avant de répondre, craignant le coup fourré. M. Alexis. M, Porte-feu, 1996
  6. Dont l'intérieur est de qualité inférieure. Faux.
    • Médaille, pièce de monnaie fourrée, médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d’or ou d’argent, et le dedans d’un métal inférieur.
  7. Relatif aux fourrés.
    • L’armée se trouvait dans un pays fourré.
  8. Dont l'intérieur est de qualité inférieure. (Par extension) Faux.
2 emplois spécialisés
  1. Escrime Se dit d’un coup porté et reçu en même temps que l’adversaire.
  2. Sylviculture Type de végétation, surtout tropical, caractérisé par la présence de nombreux petits arbres ou arbustes assez denses.

Nom 3

  1. Ensemble particulièrement touffu de plantes, de buissons, d’arbustes à branches basses, de broussailles, situé dans un bois.
    • Les chasseurs sortirent du fourré avec la plus grande précaution. Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858
  2. Peuplement constitué de jeunes tiges de hauteur comprise entre 1 m et 3 m.
    • [P]euplement mité par la tempête et composé de 6-7 m²/ha de GB surmontant une régénération suffisante (semis, fourré, gaulis et/ou perches). L’ensemble du peuplement adulte peut être récolté en un seul passage. Thierry Sardin, Massif Vosgien : sapin, épicéa et pin sylvestre, Office national des forêts, 2012, ISBN 978-2-84207-356-5
1 emploi spécialisé
  1. Sylviculture Peuplement constitué de jeunes tiges de hauteur comprise entre et.

Formes fléchies 1

  1. Participe passé masculin singulier de fourrer.
    • Puis elle avait pris le papier pisseux et l’avait fourré dans une poche de sa robe-sac. Fred Vargas, L’homme à l’envers, 1999, chapitre V

Citation

Les hermines dont ils [les magistrats] s'emmaillotent en chats fourrés
Blaise Pascal, Puiss. tromp. imag. 2 (édit. FAUGÈRE).

1873 — le Littré

FOURRÉ, ÉE1 part. passé (fou-ré, rée)

de fourrer

1 Garni de fourrures. Un manteau fourré. encore relevé aujourd’hui

  • Les voilà tous deux arrivés Devant sa majesté fourrée — LA FONT., Fabl. VII, 16
  • Les hermines dont ils [les magistrats] s'emmaillotent en chats fourrés — PASC., Puiss. tromp. imag. 2 (édit. FAUGÈRE).
2 autres citations
  • Il trouve de pédants un escadron fourré — BOILEAU, Sat. VIII
  • Et se moquait très librement Des bavards fourrés de l'école — VOLT., Épît. LXVI

Qui a une peau bien garnie de plumes.

  • Les oiseaux presque nus, tels que l'autruche, le casoar, le dronte, ne se trouvent que dans les pays chauds ; tous ceux des pays froids sont bien fourrés et bien couverts — BUFF., Ois. t. I, p. 60, dans POUGENS

Fig.

  • Ce chapitre est encore fourré d'historiettes agréables.... — DIDER., Réflex. sur l'Esprit.

Un innocent fourré de malice, homme malicieux qui feint d'être simple et bon.

  • Qu'un serpent fourré de malice Avait occis en trahison — SCARR., Virg. VI

2 Langue fourrée, langue de bœuf, de cochon, de mouton, recouverte d'une peau et que l'on fait cuire selon certaine manière.

Dans le nord de la France, pain fourré, pain qu'on a ouvert tandis qu'il était encore chaud, et dans lequel on a introduit du beurre ou du jambon.

3 Garni d'arbres, d'arbustes, etc. Pays fourré.

  • Le maréchal de Lorge voyait des coteaux fourrés dont il ne connaissait ni les revers ni ce qui y pourrait être de troupes — SAINT-SIMON, 22, 260
  • Il se tient ordinairement dans des endroits fourrés, dans les bruyères et même dans les bois, d'où lui est venu le nom allemand Wald-lerche — BUFF., Ois. t. IX, p. 107

Bois fourré, bois qui est très garni de broussailles et d'épines.

  • Dans les plus creux vallons fondre en désespérés, Percer rapidement les bois les plus fourrés, Ignorer où l'on va, n'avoir qu'un chien pour guide — REGNARD, Démocr. I, 6

4 Médaille, monnaie fourrée, celle dont l'intérieur n'est pas d'or ou d'argent, comme les faces.

  • On voit encore dans les cabinets, des médailles qu'on appelle fourrées, qui n'ont qu'une lame d'argent qui couvre le cuivre — MONTESQ., Espr. XXII, 13

On dit aujourd'hui médaille plaquée.

Botte de paille, botte de foin fourrée, botte où, parmi la bonne paille ou le bon foin, on a mêlé de la paille, du foin de mauvaise qualité.

Fig. Paix fourrée, paix fausse, peu sincère, comme est fausse une médaille fourrée.

  • Ces deux confidents [de Richelieu, Brézé et la Meilleraie] avaient fait entre eux une paix fourrée — RETZ, I, 12
  • La cour de France, en 1644, procura une paix fourrée [entre les Barberins et le duc de Parme] — VOLT., Pol. et législ. Droits des hommes.

Paix fourrée, se dit particulièrement de la paix qui fut faite avec les huguenots à Longjumeau en 1568.

5Terme d'escrime. Coup fourré, coup que l'on donne en même temps que l'on en reçoit un ; locution qui vient de ce que le coup donné et reçu est considéré comme ayant sa fourrure, ce qui en fait un coup double, un coup fourré. encore relevé aujourd’hui

  • Qu'ils.... Se donnent l'un à l'autre autant de coups fourrés — RÉGNIER, Ép. II
  • Ce sont deux grands athlètes qui font un coup fourré — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 54, dans POUGENS

Fig. Coup fourré, coup qui rend la pareille, moyen par lequel on déjoue quelque chose.

  • Et contre cet assaut je sais un coup fourré — MOL., l'Ét. III, 6

Coup fourré, mauvais offices que se rendent deux personnes en même temps l'une à l'autre.

Porter un coup fourré, rendre en secret un mauvais office à quelqu'un.

  • Il [Maupertuis] me porte tous les coups fourrés qu'il peut, et j'ai peur qu'il ne me fasse plus de tort qu'à Koënig — VOLT., Lett. Mme Denis, 22 mai 1752

6 Introduit, mis dans. Le bâton fourré dans un trou.

  • J'ai bien plus besoin, moi, de la consolation de vous faire encore ma cour, de vous voir et de vous entendre, que vous n'en avez d'être fourré dans mes gazettes — VOLT., Lett. Richelieu, 25 nov. 1752
  • On vous [Polonais] liera par des traités ; il n'y aura pas une guerre en Europe où vous n'ayez l'honneur d'être fourrés — J. J. ROUSS., Pologne, X

Il se dit souvent en cas d'emprisonnement.

  • On m'a parlé d'un homme de Nancy qu'on dit fourré à la Bastille sur la dénonciation d'un jésuite — VOLT., Lett. Boisgelin, mars 1767

Familièrement. Être fourré, toujours fourré chez quelqu'un, être très souvent chez lui.

  • Jeannot est avec sa tante, qui doit le mener tantôt à la foire ; car il faut toujours que cet enfant soit fourré chez elle, surtout les fêtes — MARIV., Marianne, 3e part.
Supplément au dictionnaire

1. FOURRÉ. Ajoutez :

7 Épée fourrée, voy. ÉPÉE au Supplément.

FOURRÉ2 s. m. (fou-ré)

Partie de bois très fournie d'arbrisseaux, d'arbustes, etc. encore relevé aujourd’hui

  • Je perce à travers un fourré de broussailles du côté d'où venait le bruit — J. J. ROUSS., Prom. 7
  • Paul se mit à courir çà et là, tout hors de lui, pour chercher un chemin hors de ce fourré épais — BERN. DE ST-P., Paul et Virg.

Par analogie. Un fourré de lilas.

Étymologie

Fourré 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Dérivés

batteur de fourrés battre les fourrés chat-fourré coup fourré

Associés

futaie régulière gaulis perchis semis

Domaine

escrime sylviculture

Famille morphologique

fourre fourre-tout

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « fourré » du Wiktionnaire.

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