gouge
- nature
- nom féminin
- diction
- [ɡuʒ] · 1 syllabe
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 10
-
Outil de fer, fait en forme de demi-canal, avec un manche de bois, à l’usage de différentes professions: sculpteurs, tourneurs, plombiers, menuisiers, charpentiers, jardiniers […].
- Armé du hacheret, du bédane et de la gouge, la varlope à la main, je règne, à mon établi, sur le chêne noueux et le noyer poli. Romain Rolland, Colas Breugnon, 1919
- Tranchet courbe pour creuser les talons des souliers.
- Outil pour couper l’excédant des tuiles molles dont on construit le four du glacier.
-
Jeune fille, ou servante, par extension toute femme.
- — En fait, je suis issu de ces paysans landais qui font travailler leurs vieux parents jusqu’à ce qu’ils crèvent, et quand ils prennent une petite fille pour les servir, une gouge comme ils l’appellent dans leur patois, si elle tient, c’est que cet âge résiste à tout… François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 227
-
familier Femme, prostituée, fille à soldats.
- Et pour finir, je dirai le baiser De ta lèvre rouge, Et ta douceur à me martyriser, - Mon ange ! Ma gouge ! Paul Verlaine, Sérénade
5 emplois spécialisés
- Chirurgie Ciseau à tranchant demi-circulaire employé pour l’ablation des exostoses.
- Serrurerie On met deux gouges à tous les ressorts d’une serrure, pour les faire sortir autant qu’on le désire.
- Instruments chirurgicaux Instrument en forme de lame allongée, creusée en gouttière, à bouts tranchants, que l'on utilise pour l'ablation de fragments osseux.
- Outillage agricole et horticole Outil de jardinage utilisé pour récolter les asperges ou extraire les plantes à racine pivotante; il est constitué d'une poignée en bois prolongée par une tige métallique dont la partie inférieure est creusée en gouttière.
- Outillage à main Ciseau à lame courbée ayant un tranchant biseauté, soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Elle sert à creuser des cannelures et des gorges dans le bois, ainsi qu'à dégrossir sur le tour à bois.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de gouger.
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de gouger.
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de gouger.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de gouger.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de gouger.
Citation
Ses sœurs aussi [les Furies], méchantes gouges, Et de serpents et de fers rouges Frappent infatigablement
Origine du mot
Du bas latin guvia, gubia, gulvia, gulbia (gloses d’Isidore). Lui-même dérivé du gaulois gulbia (« bec »).
De l'ancien occitan goge (« fille non mariée ») → voir gougie et gouge en ancien français.
1873 — le Littré
GOUGE1 s. f. (gou-j')
1 Outil de fer, fait en forme de demi-canal, avec un manche de bois, à l'usage des sculpteurs, des plombiers, des menuisiers, des charpentiers. encore relevé aujourd’hui
2 Tranchet courbe pour creuser les talons des souliers. repris par le Wiktionnaire
3 Outil pour couper l'excédant des tuiles molles dont on construit le four du glacier. repris par le Wiktionnaire
4Terme de chirurgie. Ciseau à tranchant demi-circulaire employé pour l'ablation des exostoses. repris par le Wiktionnaire
5Terme de serrurier. On met deux gouges à tous les ressorts d'une serrure, pour les faire sortir autant qu'on le désire. repris par le Wiktionnaire
Historique
XVe s.
- Un baston de guerre que on nomme gouge — DU CANGE, goia.
XVIe s.
- Premièrement on y passe un long taraire, et, après, avec une gouge le trou est agrandi — O. DE SERRES, 764
Étymologie
Espagn. gubia ; portug. goiva ; ital. gorbia, bâton ferré ; gloses d'Isidore, guvia, gubia, gulvia, gulbia. Mot du reste inconnu, qu'on a rattaché au basque gubia signifiant dans cette langue un arc. Les mots de l'ancien français goi, goe, goye, sorte de serpe, avec le diminutif gouet, paraissent venir aussi de guvia et être le même mot que gouge.
Supplément au dictionnaire
1. GOUGE. - ÉTYM. Ajoutez : « Diez rattache gouge au basque gubia, arc, gubioa, gorge. Il me semble plutôt d'origine celtique : l'anc. gall. gilb est expliqué par foratorium vel rostrum, gilbin, par acumine, voy. ZEUSS-EBEL, Gramm. celt. p. 136139 ; golbin, rostrum, Revue celt. I, 365 ; gall. mod. gylf et gylfin, bec. Gilb est, je crois, issu d'une forme antérieure gulb. La voyelle originaire est conservée dans le vieil irland. gulpan, aculeum (ZEUSS-EBEL, p. 60), pour gulban, irland. moyen et mod. gulbba, génitif gulbhan, Gulbia, gulbium est la forme la plus ancienne du mot roman en question, dérivé d'un thème celtique gulba à l'aide du suffixe ia ou io, comme l'ital. bolgia, franc. bouge, du gaulois bulga. Avec le radical celtique je compare γλύφω, ciseler, » BUGGE, Romania, juillet-octobre 1875, p. 358.
GOUGE2 s. f. (gou-j')
Terme vieilli qui, dans le Languedoc d'où il paraît provenir, signifie servante, et qui en français signifie femme ou fille avec un sens très familier et quelquefois de dénigrement.
- Affront qui fit monter le rouge Au nez de cette belle gouge — SCARR., Gigantomachie, I
- Ses sœurs aussi [les Furies], méchantes gouges, Et de serpents et de fers rouges Frappent infatigablement — ID., Virg. VI
Historique
XVe s.
- Une qui aura les yeulx rouges Les lave au matin d'une eau blanche, Tellement que sur toutes gouges Elle semblera la plus franche — COQUILLART, Droits nouveaux.
XVIe s.
- Une grosse gouge [une grosse fille] — OUDIN, Curios. fr.
- En Languedoc, du costé de Tolose et Montauban gouge est une servante — BOREL, dans LACURNE
1 autre citation
- En son eage virile Grandgousier espousa Gargamelle, fille du roi des Parpaillos, belle gouge et de bonne troigne — RABEL., Garg. I, 3
Étymologie
Béarnais, gouye ; gasc. et langued gouje, goujo, servante ; gasc. des Landes, goujotte, petite fille ; béarn. gouyate, jeune fille. D'après Huet, suivi par Diez, ce mot est le mot juif goje, servante chrétienne, de l'hébreu goj, peuple, goïm, les gentils. Le midi de la France ayant été beaucoup habité par les Juifs, il serait possible qu'un mot usité par eux pour désigner les servantes chrétiennes, eût passé dans la langue vulgaire ; mais cette étymologie est contestée (voy. GOUJAT qui tient à gouge).
Supplément au dictionnaire
2. GOUGE. - HIST. Ajoutez : XIVe s.
- Pour une voye [voyage] faite à Paris par le gouge [jeune garçon, serviteur], pour porter unes lettres closes (1340) — VARIN, Archives administr. de la ville de Reims, t. II, 2e part. p. 840
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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