goujat
- nature
- nom masculin
- diction
- [ɡuʒa] · 2 syllabes
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Homme mal élevé et grossier, en particulier avec les femmes.
- Quel misérable ! quel goujat !… quelle infamie ! se disait-elle. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857
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vieilli Valet d’armée.
- Lamachos se fit apporter par son goujat successivement la lance, la cuirasse, le bouclier de bronze, […] Jeannine Boëldieu-Trevet, Commander dans le monde grec au Vème siècle avant notre ère : les armes de l’hoplite, Presses universitaires de Franche-Comté, 2007
-
Valet de ferme.
- Nous parlons du petit François en apprentissage chez un mécanicien de Montivilliers. Mais il ne lui rapporte pas le peu qu’il ferait s’il était goujat de ferme. A. Gide, Journal, II, 1926-1950, Gallimard, Pléiade, 1996, page 249
-
Nom donné dans certaines régions de France aux apprentis maçon et parfois aussi à celui qui est chargé de brasser le mortier.
- Tu seras terrassier, calfat, goujat, maçon, celui qui geint, celui qui gâche,…. L'Enseignement public; revue pédagogique, 1915
Adjectif 1
-
Qualifie des manières brutes, sans éducation.
- à l’entrée de l’établissement, le mari goujat a en effet répondu au traditionnel «Puis-je vous débarrasser ?» de l’hôtesse des lieux par un odieux : «oui, de Madame». Marc Escayrol
Citation
La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes mêmes en veulent
Origine du mot
De l’occitan gojat (« garçon, serviteur, valet ») ^([3]).
Le mot raconté
Le goujat a d’abord eu un métier et une place dans les armées. Il était le valet qui suivait les soldats, puis l’apprenti maçon chargé de porter les matériaux. Les textes des XVe et XVIe siècles montrent des gougeas, goyats et goujates, et le mot appartenait encore à un monde de service et de travail.
L’insulte est venue par extension. Le goujat devient l’homme sale et grossier, puis le malhonnête homme ou celui qui fait une mauvaise besogne. Son origine même reste incertaine : des formes gasconnes et languedociennes ont désigné un jeune homme ou une jeune fille, et une autre explication le rattache à la joie que donne l’enfant. De ce personnel subalterne est né le portrait moral qu’emploie aujourd’hui l’injure.
1873 — le Littré
GOUJAT s. m. (gou-ja ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des gou-ja-z ivres)
1 Valet d'armée. repris par le Wiktionnaire
- Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré — LA FONT., Matr.
- La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes mêmes en veulent — PASC., Pensées, art. II, 3, édit. LAHURE.
2 autres citations
- Il voit les mêmes passions dans le goujat et l'homme illustre — J. J. ROUSS., Ém. IV
- Alors des clameurs s'élevèrent ; déjà quelques femmes et quelques goujats revenaient sur leurs pas en courant, n'entendant plus rien, ne répondant à aucune question, l'air tout effaré, sans voix et sans haleine — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 3
2 Apprenti maçon, dont la fonction est de porter les matériaux, soit à pied d'œuvre, soit sur les échafaudages où les ouvriers peuvent en avoir besoin. Un petit goujat. Nous n'avons pas assez de goujats. encore relevé aujourd’hui
3Par extension, homme sale et grossier. encore relevé aujourd’hui
- On ne l'appelait en badinant que le goujat, pour marquer la vie qu'il menait et la compagnie qu'il voyait — Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 106, dans POUGENS
- On dit que Lekain a joué à Fontainebleau plus en goujat qu'en Tartare [dans l'Orphelin de la Chine], qu'il n'est ni noble, ni amoureux, ni terrible, ni tendre, et que Sarrazin a l'air d'un vieux sacristain de pagode — VOLT., Lett. d'Argental, octobre 1755
Il signifie aussi homme malhonnête, coquin.
Il signifie encore celui qui fait de la mauvaise besogne.
Historique
XVe s.
- Les gougeas de l'hostel du duc alloient tous les jours veoir les dames à Deventel, qui sont femmes moult gracieuses et qui prennent plaisir à festoyer estrangers — O. DE LA MARCHE, Mém. liv. II, p. 589, dans LACURNE
XVIe s.
- Fut pris par noz sentinelles un matin devant jour un goyat sortant d'Edimton — BEAUGUÉ, Guerre d'Écosse, I, 12
- Je sçay bien que tu as esté goujate, et que tu as couru le regiment de Picardie — D'AUB., Conf. II, 1
2 autres citations
- Gouyatte, combien veux-tu par mois de ton labeur ? [il s'agit d'un mari vêtu en chambrière et blutant, dont sa femme se moque] — MARG., Nouv. LXIX.
- .... Et la pluspart des goujarts — CARLOIX, V, 6
Étymologie
Béarn. et gasc. gouyat, jeune homme ; lorrain, goujart. Gouge et goujat sont deux formes d'un même mot ; ils paraissent gascons, languedociens, et là ils signifient jeune fille, jeune homme. M. Léon Couture, qui conteste l'étymologie de Huet pour gouge, pense que le sens propre est jeune homme, jeune fille, et que le sens de servante est dérivé, et, partant de là, il adopte l'avis de M. Lefèvre, qui propose le latin gaudium, par l'intermédiaire du provençal gau, gauch, et du guiennais goi, goye ; suivant lui, l'enfant aurait été ainsi appelé comme donnant la joie à la famille.
Supplément au dictionnaire
GOUJAT. - ÉTYM. Ajoutez :
- Dans quelques localités de la Flandre française, on nomme goujars les valets de ferme, — les Primes d'honneur, p. 59, Paris, 1874
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « goujat » du Wiktionnaire.