justicier

nature
nom masculin
diction
[ʒystisje] · 3 syllabes
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Celui qui aime à rendre, à faire justice.
    • Saint Louis était grand justicier.
  2. Personne qui avait droit de justice en quelque lieu.
  3. Celui qui s’octroie le droit de rendre la justice.
    • il se fit justicier, il rêva de se dresser, des Halles mêmes, pour écraser ce règne de mangeailles et de soûleries. Émile Zola, Le Ventre de Paris, ch. V, Georges Charpentier, Paris, 1873, p. 257 de l’éd. de 1878

Adjectif 1

  1. Celui qui avait droit de justice en quelque lieu.
    • Il en était seigneur justicier.

Verbe 1

  1. vieilli Punir quelqu’un d’une peine en exécution d’une sentence ou d’un arrêt.
    • Lorsqu’un homme était justicié, lit-on dans le Grand Coutumier, le bourreau avait le droit à tout ce qui était au-dessus de la ceinture. Métiers disparus, éditions G. M. Perrin, 1968, page 119

Citation

Nous avons une tragi-comédie espagnole, où Pierre, que nous appelons le cruel, n'est jamais appelé que le justicier, titre que lui donna toujours Philippe II
Voltaire, D. Pèdre, Disc. hist. crit.

Origine du mot

Justice ; provenç. justiziar ; portug. justiçar ; ital. giustiziare. — Littré, 1873

1873 — le Littré

JUSTICIER1 v. a. (ju-sti-si-é)

, je justiciais, nous justiciions, vous justiciiez ; que je justicie, que nous justiciions, que vous justiciiez)

Punir quel qu'un d'une peine corporelle, en exécution de sentence ou d'arrêt. On fit justicier ces voleurs. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIIe s.

  • Moinne veut devenir, et sa vie muer, Por sa char justicier [mortifier] et por s'ame sauver ; Moult a fait mal en siecle, moult y a amender — Rou, ms. p. 64, dans LACURNE
  • Et l'emperere qui Franc doit justicier — Ronc. p. 31
2 autres citations
  • Jà de plus aspre mort nel pouvez justisier — ib. p. 200
  • Et nouveles en vinrent au Saisne Brunamont Qui justisoit [gouvernait] Sassoigne et la terre environ — Sax. III

XIIIe s.

  • Qui d'amors est justiciés — Fl. et Bl. V. 1103

XIVe s.

  • Avoient fait plusieurs enfraintures en justichant es villes — DU CANGE, arrestum.
  • Pour justicier deux femmes auxquelles on coupa les oreilles — ID., Auris.

XVe s.

  • Il fit tant de bonnes gens justicier, et mettre tant de gens à mort sans loi et sans jugement.... — FROISS., I, I, 9
  • En justiciant, c'est le plus crueux et le plus droiturier seigneur qui vive — ID., II, III, 9

XVIe s.

  • La derniere clause portant que les Escossois avoient creez leurs rois et gardé possession de les justicier par prison et par mort, quant le cas y escheoit — D'AUB., Hist. II, 90
  • Le roy peut justicier ses officiers clercs, pour quelque faute que ce soit, commise en l'exercice de leurs charges, nonobstant le privilege de clericature — P. PITHOU, 33
Étymologie

Justice ; provenç. justiziar ; portug. justiçar ; ital. giustiziare.

JUSTICIER2 s. m. (ju-sti-sié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des ju-sti-sié-z inflexibles)

1 Celui qui aime à rendre, à faire justice. repris par le Wiktionnaire

  • Nous avons une tragi-comédie espagnole, où Pierre, que nous appelons le cruel, n'est jamais appelé que le justicier, titre que lui donna toujours Philippe II — VOLT., D. Pèdre, Disc. hist. crit.

2 Celui qui a droit de justice en quelque lieu. repris par le Wiktionnaire

  • Entre seigneurs hauts justiciers, on est obligé à certains devoirs l'un envers l'autre — DANCOURT, Vacances, sc. 10
  • Le parlement de Dijon s'est avisé de faire pendre, ou à peu près, un pauvre diable de Suisse, pour me faire payer la procédure, en qualité de haut justicier ; je suis tout ébahi d'être haut justicier, et de faire pendre des Suisses en mon nom — VOLT., Lett. d'Argental, 7 mars 1760

Adj. Il en était seigneur justicier.

3 Titre que portait le président des états d'Aragon.

  • Ferdinand le Catholique n'avait pu en Aragon détruire l'autorité du justicier, qui se croyait en droit de juger les rois — VOLT., Mœurs, 131
Historique

XIIe s.

  • De Jofroi de Paris [ils] firent lor justisier, Por maintenir la guerre et por eus enforcier — Sax. IV
  • [Richard] Qui al rei Henri ert [était] ses privez conseilliers, E de tute la terre e mestre e justiciers — Th. le mart. 53

XIIIe s.

  • Et fu bons justiciers et regna longtemps comme bons rois — Chr. de Rains, 86

XVIe s.

  • Prince regretté des vrais chrestiens, ami de paix, ennemi des cruautés, prudent, justicier et vigilant — D'AUB., Hist. I, 249
  • Nous tiendrons la main aux officiers et justiciers establis par sa majesté ès villes et ressorts de leurs juridictions — ID., ib. II, 226
Étymologie

Justice ; provenç. justicier ; espagn. justiciero ; ital. giustiziere. L'ancienne langue avait aussi justiciere, justiceor, représentant un latin fictif justiciator, justiciatorem.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « justicier » du Wiktionnaire.

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