loup-garou

nature
nom masculin
diction
[luɡaʁu] · 3 syllabes
attesté
1101
usage
4 par million de mots
parenté
loup

Sens et définitions

Nom 2

  1. vieilli Homme d’humeur farouche, qui ne veut avoir de société avec personne.
    • VALÈRE Que dis-tu de ce bizarre fou ? ERGASTE Il a le repart brusque, et l’accueil loup-garou. Molière, L'École des maris, 1661, acte I, scène 4
1 emploi spécialisé
  1. Fantastique Personnage légendaire, malfaisant, qui se métamorphose en loup. → voir lycanthrope
    • Il est bien probable que ce scélérat de Lycaon que dans son propre palais Jupiter prit la peine de changer en loup, fut un des premiers et sera toujours le plus célèbre des loups-garous anciens et modernes. Louis Du Bois, Recherches archéologiques, historiques, biographiques et littéraires sur la Normandie, Paris : Dumoulin, 1843, page 297

Citation

Faire en dépit du loup-garou Trois tours à l'entour des murailles
Paul Scarron, Virg. 1

Origine du mot

De l’ancien français leu garoul,composé de leu (« loup ») et de garoul, variante de garulf, garwaf, garval, garvalf, emprunt au vieux-francique *wariwulf (« loup-garou »), d’où le néerlandais weerwolf.

1873 — le Littré

LOUP-GAROU s. m. (lou-ga-rou)

1 Homme qui, au dire des gens superstitieux, erre la nuit transformé en loup.

  • Faire en dépit du loup-garou Trois tours à l'entour des murailles — SCARR., Virg. 1
  • Car enfin il en est qui, pendant tout un mois, Comme des loups-garous ne dorment qu'une fois ; Leur curieuse humeur toujours les inquiète — TH. CORN., le Feint astrologue, I, 2
1 autre citation
  • Les enfants croyaient au loup-garou, et les pères au cordon de Saint-François — VOLT., Polit. et législ. Sur la tolérance, S'il est utile d'entret. le peuple dans la superst.

Fig. Guéri du loup-garou, guéri des crédulités superstitieuses.

  • Peut-être tous trois [Naudé, Gassendi et Gui Patin], guéris du loup-garou, et délivrés du mal des scrupules, nous irons jusque fort près du sanctuaire [dans nos conversations intimes] — GUI PATIN, Lett. t. II, p. 508

2Fig. et familièrement. Homme qui est insociable et vit isolé. encore relevé aujourd’hui

  • Vous, si vous connaissez des maris loups-garous, Envoyez-les au moins à l'école chez nous — MOL., Éc. des mar. III, 10
  • J'ai passé tous ces jours-ci comme un loup-garou — SÉV., 16
2 autres citations
  • Je ne prends pas pour vertu Les noirs accès de tristesse D'un loup-garou revêtu Des habits de la sagesse — J. B. ROUSS., Odes, II, 2
  • Mon humeur devint taciturne, je vivais en vrai loup-garou — J. J. ROUSS., Conf. I

3 Adjectivement. non relevé aujourd’hui

  • Il a le repart brusque et l'accueil loup-garou — MOL., Éc. des mar. I, 6

4 Jeu d'enfant, petit bâton plat, à crans, au bout d'une ficelle, que l'on agite circulairement assez vite pour qu'il produise le son hou, hou prolongé. non relevé aujourd’hui

Au plur. Des loups-garous.

Historique

XIIIe s.

  • Bisclaveret ad nun en bretan, Garwall l'apelent li Norman, Jadis le poeit hum oïr, E souvent suleit avenir ; Humes plusurs garwall devindrent, E es boscages meisuns tindrent ; Garwall si est beste salvage, Tant cum il est en bele rage, Humes devure [dévore], grant mal fait, Es granz forests converse e vait — MARIE, Bisclaveret.
  • Onques lions ne leus warous Ne fist si grant essil de proie — Robert le diable
2 autres citations
  • Ores à leu garoul peuture [pâture] Est li miens enfes.... — Guill. de Palerme
  • [Amadas devenu furieux] Comme garous jete la main, Si l'aert [la saisit] à la cote au sein, Encontre val tout la descire — Amadas et Ydoine

XVIe s.

  • Loup-garou, maladie ainsi appellée, pour ce que les malades vont de nuit, et hurlent comme chiens et loups — PARÉ, Introd. 21
  • Timon, celuy qui fut surnommé misantrope, comme qui diroit loup-garou ou haïssant les hommes — AMYOT, Alc. 29
Étymologie

Wallon, leu-warou, lèwarou ; Hainaut, leu warou ; Berry, loup berou, loup brou ; picard, leuwarou ; norm. varou, loup garou, varouage, course pendant la nuit (garouage se dit avec le même sens parmi les paysans des environs de Paris) ; bourguig. leu-voirou ; bas-lat. gerulphus, loup-garou. Gerulphus a donné garwall, garou ; c'est donc gerulphus qu'il faut étudier ; il représente l'anglo-saxon vere wolf ; danois, var-ulv ; suédois, var-ulf, qui, étant composé de ver, vair, homme, et de wolf, ulf, loup, signifie homme-loup. La locution loup-garou est donc un pléonasme où loup se trouve deux fois, l'un sous la forme française, l'autre sous la forme germanique. Verewolf est, on le voit, un composé semblable à λυϰάνθρωπος. Au germanique ver, comparez vir, ἥρως, en sanscrit vīra, homme fort, et, en celtique ver, homme.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « loup-garou » du Wiktionnaire.

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