maintien
- nature
- nom masculin
- diction
- [mɛ̃tjɛ̃] · 2 syllabes
- usage
- 12 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Action de maintenir.
- […] ils n'ignorent rien de tout cela et savent notamment fort bien que c'est en l’affirmant qu'ils créeront cette éternité de barbarie nécessaire au maintien des institutions qui leur sont chères. Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, p.194
-
Contenance ; manière de se tenir.
- Peut-être attendait-il que les événements se précisassent avant de sortir de son maintien. Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932
-
Boisson également mélangée de cidre et d’eau.
absent du Littré
- […]; en gén. on appelle Maintien (mitoyen) le cidre également mélangé de cidre et d'eau. Édouard Le Héricher, Normandie scandinave: ou, Glossaire des éléments scandinaves du patois normand, Avranches : Imprimerie Henri Tribouillard, 1861, page 82
Citation
Certain fat qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ai reconnu poëte
Origine du mot
De maintenir, du latin populaire manutenere (« tenir avec la main »).
Dans le dictionnaire latin : manutenere
1873 — le Littré
MAINTIEN s. m. (min-tiin)
1 Action de maintenir. Le maintien de l'ordre, de la discipline, de l'autorité. repris par le Wiktionnaire
2 Manière de tenir le corps et le visage. encore relevé aujourd’hui
- Ce geste encor, seigneur, ce maintien interdit — ROTR., Vencesl. IV, 6
- La dame était de gracieux maintien — LA FONT., Coc.
6 autres citations
- Certain fat qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ai reconnu poëte — BOILEAU, Sat. III
- J'ai longtemps, immobile, observé leur maintien — RAC., Bajaz. III, 2
- Ah ! le voici ; grands dieux ! à ce noble maintien Quel œil ne serait pas trompé comme le mien ? — ID., Phèdre, IV, 2
- Le saint abbé conservant un maintien tranquille et calme — MASS., Panég. St Bern.
- Audacieux, fier, intrépide, je portais partout une assurance d'autant plus ferme qu'elle était simple et résidait dans mon âme plus que dans mon maintien — J. J. ROUSS., Confess. IX
- On se souvient encore que Thémistocle, Aristide et Périclès, presque immobiles sur la tribune et les mains dans leurs manteaux, imposaient autant par la gravité de leur maintien que par la force de leur éloquence — BARTHÉL., Anach. ch. 141
N'avoir pas de maintien, avoir l'air gauche et embarrassé.
Perdre son maintien, ne savoir quelle figure faire, être déconcerté.
- Il se trouve là comme dans un pays lointain dont il ne connaît ni la langue ni les mœurs ; il y perd son maintien, ne trouve pas où placer un seul mot, et n'a pas même de quoi écouter — LA BRUY., VII
Avoir un maintien, se donner un air, des manières qui fassent qu'on n'est pas déplacé là où l'on se trouve.
- On se promenait à Paris ; mais, aux Tuileries, au Palais-Royal, aux Champs-Élysées, il fallait avoir un maintien — GENLIS, Veillées du château t. II, p. 258, dans POUGENS
Synonyme
MAINTIEN, CONTENANCE. Le premier se rapporte à maintenir, et le second à contenir ; c'est de là que dérive la nuance que ces deux mots comportent. Le maintien est l'état habituel ; la contenance est toujours un peu pour la représentation, pour produire quelque effet. On a un maintien noble, réservé, modeste ; on a une contenance fière, haute, intrépide ; le maintien fait qu'on impose, et la contenance montre qu'on ne s'en laisse pas imposer, LAFAYE.
Historique
XVe s.
- Fut ordonné que on mettroit en escrit tous les faits et les œuvres que le roi, qui en prison estoit, avoit faits par mauvais conseil, et tous ses usages et mauvais maintiens et comment il avait gouverné son pays — FROISS., I, I, 26
- La grand noblesse de la dame, avec la grand beauté et le gracieux maintien qu'elle avoit — ID., I, I, 165
3 autres citations
- Le gentil port de luy, son seigneurial maintien, l'alleure, le regard et la sage parole... — Bouciq. I, 2
- Moy qui suis et ay esté toujours rude et de gros engin en maintien, en faits et en dicts — J. de Saintré, p. 686, dans LACURNE
- Il fut si outrageusement courroucé qu'il ne sçavoit nullement tenir maintien — Perceforest, t. I, f° 136
XVIe s.
- Tousjours, en quelque part que j'aille, En l'esprit me revient la taille, Le maintien et le poil poly De cet animal tant joly — Sat. Mén. l'âne ligueur
Étymologie
Voy. MAINTENIR ; provenç. mantenn, manteing.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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