meurtrier

nature
nom masculin
diction
[mœʁtʁije] · 3 syllabes
attesté
1165
usage
21 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Celui qui a commis un meurtre.
    • Un infâme meurtrier leur avait déjà assassiné le brave M. de Mouy, à ces pauvres gens. Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI
1 emploi spécialisé
  1. Droit pénal Personne qui a commis un meurtre.

Adjectif 2

  1. Qui tue, qui cause la mort de beaucoup de personnes.
    • Je faillis poser le pied sur un énorme centipède, à morsure meurtrière; ce n’était partout que mort et désolation. Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929
  2. figuré Qui blesse ou ravage moralement.
    • La complaisance collective dans le déni peut être appelée « consentement meurtrier passif ». Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), Violences sexuelles faites aux enfants : « On vous croit » - Rapport, Introduction générale, « La mission de la CIIVISE », 20 novembre 2023, page 17

Citation

Il leur était [aux dix mille Grecs de Xénophon] très indifférent pour qui ils combattissent, pourvu qu'on les payât ; ils n'étaient donc que des meurtriers à louer
Voltaire, Dict. phil. Xénophon.

Origine du mot

Meurtrir ; wallon, moudreûs ; Hainaut, mordreux, mourdreux. — Littré, 1873

1873 — le Littré

MEURTRIER, IÈRE s. m. et f. (meur-tri-é, tri-è-r')

1 Celui, celle qui a commis un meurtre. encore relevé aujourd’hui

  • Un fugitif, un traître, un meurtrier de rois — CORN., Médée, II, 6
  • Jérusalem, la meurtrière des prophètes — MASS., Carême, Temples.
2 autres citations
  • Adieu ; résous D'être mon meurtrier ou d'être mon époux — VOLT., Brutus, IV, 3
  • On peut observer dans ce tableau de l'Europe que Henri VIII, l'un des principaux personnages, était un des plus grands fléaux qu'ait éprouvés la terre ; despotique avec brutalité, furieux dans sa colère, barbare dans ses amours, meurtrier de ses femmes, tyran capricieux dans l'État et dans la religion — ID., Ann. emp. Charles Quint, 1520

Assuré comme un meurtrier, se dit d'un homme hardi qui ne s'émeut point de tout ce qu'on dit.

Celui qui projette un meurtre.

  • De tous ces meurtriers te dirai-je les noms ? — CORN., Cinna, V, 1

Fig. Soldat dont le métier est de tuer dans les combats.

  • Il leur était [aux dix mille Grecs de Xénophon] très indifférent pour qui ils combattissent, pourvu qu'on les payât ; ils n'étaient donc que des meurtriers à louer — VOLT., Dict. phil. Xénophon.
  • À l'égard de d'Étallonde Morival.... il n'en deviendra que meilleur meurtrier, meilleur canonnier, meilleur ingénieur — ID., Lett. roi de Pr. 15 févr. 1775
1 autre citation
  • Le merveilleux de cette entreprise infernale [une guerre], c'est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d'aller exterminer son prochain — ID., Dict. phil. Guerre.

2 Adj. Qui cause la mort à beaucoup de personnes. Armes meurtrières. Guerre meurtrière. Le choléra est une maladie très meurtrière. encore relevé aujourd’hui

  • Il est vrai qu'on travaillait à une batterie qui aurait été plus meurtrière selon les apparences — PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 122, dans POUGENS
  • S'il est ainsi, la journée du Pruth du 20 au 21 juillet fut une des plus meurtrières qu'on ait vues depuis plusieurs siècles — VOLT., Russie, II, 1

Cette place est meurtrière, on ne peut l'assiéger, la prendre, sans perdre beaucoup de monde.

Poétiquement. Le glaive meurtrier. La dent meurtrière du sanglier.

Ancien terme d'escrime. Garde meurtrière, position d'attaque où l'on essaie de frapper son adversaire.

  • Comment, diable ! d'abord qu'on les approche, ils [les yeux d'une dame] se mettent sur leur garde meurtrière — MOL., Préc. 10

3 Qui fait verser le sang. encore relevé aujourd’hui

  • Pour défendre vos jours de leurs lois meurtrières [des dieux], Mon amour n'avait pas attendu vos prières — RAC., Iph. IV, 4
  • Ô vous, arbitres des nations, qui avez donné la paix à l'Europe, décidez entre l'esprit pacifique et l'esprit meurtrier — VOLT., Polit. et législ. Tolérance, Post-scriptum.

4 Qui commet un meurtre ou des meurtres. encore relevé aujourd’hui

  • Bientôt de Jézabel la fille meurtrière, Instruite que Joas voit encor la lumière — RAC., Athal. IV, 3

Il se dit aussi des animaux qui en tuent beaucoup d'autres pour vivre.

  • Il ajoute qu'ils sont plus grands que ceux d'Europe, et qu'ils ont la peau plus épaisse et la dent plus meurtrière — BUFF., Quadrup. t. VIII, p. 177
  • Le faucon obéit à notre art meurtrier, Le chien devient chasseur, et l'éléphant guerrier — DELILLE, Trois règn. VIII

5Fig. Qui cause un mal comparé à un meurtre. encore relevé aujourd’hui

  • Il a pris à quelques docteurs [en religion] une malheureuse et inhumaine complaisance, une pitié meurtrière qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions.... — BOSSUET, Cornet.
  • Et périsse le jour et la main meurtrière Qui jadis sur mon front t'attacha [ô diadème] la première ! — RAC., Mithr. V, 1
Remarque

1. Corneille est le premier qui ait osé, dans le Cid, faire meurtrier de trois syllabes : Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ? Jamais un meurtrier s'offrit-il à son juge ? L'Académie, dans sa Sentence sur le Cid, lui en fit reproche. Rotrou suivait l'usage ancien (remarquez-en une infraction au XVIe siècle) dans ce vers : De quel œil puis-je voir le meurtrier de mon père ? Herc. mour. I, 4. Voy. la lettre R sur ces différences d'usage.

2. On mettait en liberté à Rouen un meurtrier le jour de l'Ascension en mémoire de ce que l'archevêque saint Romain avait délivré les habitants d'un dragon. Pour le vaincre, l'archevêque avait demandé deux prisonniers dignes de mort, l'un meurtrier, l'autre larron ; le larron eut si grande frayeur qu'il s'enfuit, et le meurtrier demeura avec le saint homme. Telle est l'explication qu'on rapporte de la locution : assuré comme un meurtrier.

Historique

XIIIe s.

  • Biau filz, Renart qui est meurtrier.... — Ren. 7003
  • Et si dist par droit au vidame, Que maintenant en une flamme Devoit estre arse [brûlée] la murtriere — GAUTIER DE COINCY, p. 244

XIVe s.

  • Se je me suis penè d'ocir cest murtrier — Guesclin. 2585
  • Cure n'ai de traïtre ne de nul murtrier — ib. 2594

XVIe s.

  • Certes plus tost un bon pere desire Son fils blessé que meurdrier ou jureur — MAROT, II, 266
  • Ces meschans Carthaginois qui sont les plus cruels meurtriers qui soient au monde — AMYOT, Timol. 29
6 autres citations
  • Ô mon pays doux, Je meurs loin de vous, Voire et volontiers, Puisqu'en vous, o France, Font leur demeurance Des saints les meurtriers — TH. DE BÈZE, cité par CHAUFFOUR, Réform. du XVIe siècle, I, 391
  • Une très meurtriere victoire [pour l'ennemi] et très entiere — MONT., III, 94
  • Vous serez meurtrier de ceux que vous n'empeschez point d'estre meurtris — D'AUB., Hist. I, 132
  • Les arbalestes à feu, les tonneaux meurtriers — PARÉ, IX, Préf.
  • La langue mesdisante, meurtriere de l'honneur d'autruy .... — CHARRON, Sagesse, I, 12
  • Escoute, buscheron, arreste un peu le bras.... Sacrilege meurdrier — RONS., Contre les bûcherons de la forêt de Gastine.
Étymologie

Meurtrir ; wallon, moudreûs ; Hainaut, mordreux, mourdreux.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « meurtrier » du Wiktionnaire.

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