monseigneur
- nature
- nom masculin
- diction
- [mɔ̃sɛɲœʁ] · 3 syllabes
- usage
- 32 par million de mots
Sens et définitions
Nom 1
-
Titre d’honneur que l’on donne en parlant ou en écrivant à certaines personnes distinguées par leur naissance ou par leur dignité, notamment les évêques.
- Cette délicatesse du fils aimant de l'Église causerait, sans aucun doute, un vif plaisir à Monseigneur. Rodolphe Girard, Marie Calumet, Montréal, 1904, ch. IX
Citation
Je dînai il y a quelques jours chez M. Ponchartrain : il fit beaucoup de railleries assez aigres sur le monseigneur que les évêques se donnent
Origine du mot
Mon, et seigneur ; provenç. monsegnor ; espagn. monseñor ; ital. monsignore. Dans l'ancienne langue, messire était le nominatif, et monseigneur, le régime. — Littré, 1873
1873 — le Littré
MONSEIGNEUR s. m. (mon-sè-gneur ; au XVIe siècle, Palsgrave dit, p. 56, qu'on prononçait monseinieur)
1 Titre d'honneur qu'on donne aux personnes d'une dignité éminente, et qui signifie mon seigneur, mon maître. encore relevé aujourd’hui
- Le monseigneur de France n'est pas la même chose que le monsignor d'Italie ; en ce pays-là il ne présuppose pas nécessairement infériorité en celui qui le donne ; .... le mot de monseigneur n'est pas si vulgaire en ce royaume [France], où l'on ne s'en servait point de vive voix sous le règne des rois derniers morts, et avant que le cardinal de Richelieu fût venu changer les choses du monde ; dans les lettres nous ne le devons pas seulement aux princes, aux ducs et pairs et aux officiers de la couronne, mais aussi, à mon avis, aux gouverneurs des provinces où nous faisons notre résidence ; ....M. de Racan fut le premier qui me mit du scrupule dans l'esprit et qui me remontra que la dignité d'évêque ne devait pas être moins respectée par un vrai chrétien que celle de duc et pair par un naturel français ; sa remontrance me sembla fondée en raison, et nous résolûmes lui et moi de donner, à l'avenir, du monseigneur à tous les évêques, sans excepter l'évêque de Bethléem, quoiqu'il logeât dans un trou d'un collége de Paris, quoiqu'il allât à pieds par les rues, quoiqu'il fût lui-même son aumônier — BALZ., Dissert. critiques, VII
- Monseigneur, je prends avantage de ma témérité — CORN., Clitandre, Épître au duc de Longueville
1 autre citation
- Monseigneur, nous vous sommes bien obligés. - Monseigneur ! oh ! monseigneur ! attendez, mon ami, monseigneur mérite quelque chose ; et ce n'est pas une petite parole que monseigneur ; tenez, voilà ce que monseigneur vous donne — MOL., Bourg. gent. II, 9
Le monseigneur, le titre de monseigneur.
- [Il y eut une dispute à la cour de Louis XIV en 1675, pour savoir si on devait aux maréchaux de France le monseigneur en écrivant ; la question fut tranchée en faveur des maréchaux] Après cela j'ai parlé du monseigneur : Ah ! mon Dieu, madame, m'a dit M. de Pompone, au nom de Dieu ! que M. de Grignan se garde bien du monsieur ; il ferait mal sa cour ; le roi s'en est expliqué sur le sujet du marquis d'Ambres ; il sera tondu ; le maréchal de Grammont conte en son langage que le comte de Guiche n'était pas un misérable sans naissance, sans dignité, et que jamais il n'a marchandé le monseigneur à aucun maréchal de France — SÉV., 10 août 1675
Monseigneur se dit en parlant d'un homme qui a droit à ce titre. Monseigneur est absent. Aujourd'hui on dit monseigneur en parlant à un évêque, ou d'un évêque.
- Souvent, à pleines mains, d'Orval sème l'argent ; Parfois, faute de fonds, monseigneur est marchand — GILB., 18e siècle.
- Les évêques aujourd'hui se traitent réciproquement de monseigneur — DE CAILLIÈRES, 1690
1 autre citation
- Je dînai il y a quelques jours chez M. Ponchartrain : il fit beaucoup de railleries assez aigres sur le monseigneur que les évêques se donnent — MAINTENON, Lett. au cardin. de Noailles, 12 oct. 1695
Monseigneur de Paris, l'archevêque de Paris, Monseigneur de Châlons, etc. Autrefois on disait monsieur de Paris ; monsieur de Blois, l'évêque de Blois, etc.
2 Messeigneurs, pluriel de monseigneur, titre dont on se sert en parlant ou en écrivant à plusieurs personnes qui ont droit au titre de monseigneur. encore relevé aujourd’hui
3 Nosseigneurs, autre pluriel de monseigneur, dont on se servait principalement dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement, et autres cours souveraines. Au roi et à nosseigneurs de son conseil.
- Nosseigneurs du parlement l'ont mieux traité [l'auteur de la Philosophie de la nature], parce qu'ils ont eu peur du cri public — D'ALEMB., Lett. au roi de Prusse, 28 juill. 1777
On dit aussi aujourd'hui nosseigneurs les évêques.
4 On dit monseigneurs au pluriel quand on n'adresse pas la parole aux grands personnages et qu'on veut seulement marquer leur dignité.
- ....Les simples monseigneurs N'étaient d'un rang digne de ses faveurs — LA FONT., Courtis. amour.
5 Monseigneur, le Dauphin, fils de Louis XIV (on met une majuscule). non relevé aujourd’hui
- Le seul enfant de ce mariage de Louis XIV qui vécut, fut Louis Dauphin, nommé Monseigneur, né le premier novembre 1661, mort le 14 avril 1711 — VOLT., Louis XIV, Enfants.
6Terme d'argot. Espèce de levier pour forcer les serrures.
Remarque
1. On dit : Monseigneur, Votre Altesse.... et non : Votre Altesse, Monseigneur....
2. On écrit souvent par abréviation Mgr.
3. La qualification de monseigneur n'a pas de limite bien tracée, ou du moins elle en change suivant les temps. Aujourd'hui on la donne aux princes de la famille impériale, aux évêques, aux maréchaux.
Historique
XIIIe s.
- Quant aucuns cas avient de monsegneur le conte contre ses homes — BEAUMANOIR, LXVII, 18
XVIe s.
- Tous ceulx qui liront cette histoire entendent que celuy que je nomme monseigneur, c'est monseigneur d'Orleans ; car en ce temps là lui appartenoit-il d'estre ainsi appellé — JEAN DE ST-GELAIS, Hist. de Louis XII, p. 52, dans LACURNE
Étymologie
Mon, et seigneur ; provenç. monsegnor ; espagn. monseñor ; ital. monsignore. Dans l'ancienne langue, messire était le nominatif, et monseigneur, le régime.
Supplément au dictionnaire
MONSEIGNEUR. - REM. Ajoutez :
4. Aujourd'hui, on ne donne pas à un maréchal la qualification de Monseigneur ; sa qualification officielle est Monsieur le Maréchal.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « monseigneur » du Wiktionnaire.