pédant

nature
adj masculin
diction
[pedɑ̃] · 2 syllabes
attesté
1501
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. vieilli Éducateur, maître d’école.
    • On ne s’imagine Platon et Aristote qu’avec de grandes robes de pédants ; c’étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis. Blaise Pascal, Pensées, 1670
  2. Celui qui fait étalage de son savoir et qui parle doctoralement.
    • Là-dessus arrivèrent les savants, les grammairiens, les pédants, et particulièrement Robert Estienne, avec son dictionnaire de 1540. Robert Estienne était féru de latinité et d’étymologie. Il voulut calquer la langue française sur la latine. Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905
  3. Celui qui affecte de faire la leçon à tout le monde.
    • C’est un pédant insupportable.

Adjectif 1

  1. Qui fait étalage de son savoir de manière prétentieuse.
    • C’est toujours le même peuple de pantins pédants, c’est toujours le même angle droit à chaque mouvement, et sur le visage la même suffisance glacée et stéréotypée. Heinrich Heine, Germania, 1844

Citation

Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant
Jean de La Fontaine, Fabl. IX, 5

Origine du mot

De l’italien pedante.

Les mots français venus de l’italien

1873 — le Littré

PÉDANT s. m. (pé-dan)

1Terme de mépris. Celui qui enseigne les enfants.

  • Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant — LA FONT., Fabl. IX, 5
  • Tout ce que je fais a l'air cavalier ; cela ne sent point le pédant — MOL., Préc. 10
2 autres citations
  • On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants ; c'étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis — PASC., Pens. VI, 52, éd. HAVET.
  • Denys, chassé de Syracuse, à Corinthe se fait pédant — BÉRANG., Denys.

2 Pédant, pédante, celui, celle qui, avec de médiocres lumières et peu de savoir-vivre, prend un air de suffisance, et fait un usage mal entendu de sa doctrine. encore relevé aujourd’hui

  • On peut aisément remarquer en ceux qu'on appelle pédants, qu'elle [la philosophie commune] les rend moins capables de raison qu'ils ne seraient s'ils ne l'avaient jamais apprise — DESCARTES, Principes, préface, 15
  • Si vous le voulez prendre aux usages du mot, L'alliance est plus forte entre pédant et sot — MOL., Fem. sav. IV, 3
4 autres citations
  • Ce terme pédant est fort équivoque ; mais l'usage, ce me semble, et même la raison veulent qu'on appelle pédants ceux qui, pour faire parade de leur fausse science, citent à tort et à travers toutes sortes d'auteurs, qui parlent simplement pour parler et pour se faire admirer des sots — MALEBR., Rech. vér. II, III, 3
  • La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse — BOILEAU, Sat. X
  • Penser peu naturellement et s'exprimer de même, s'appelait autrefois être pédant — VAUVENARGUES, Nouv. max. 61
  • Les gens de lettres ne sont plus pédants, mais il y a beaucoup de pédants chez les gens du monde — ST-LAMB., Sais. IV, note 4

3 Pédant, pédante, celui, celle qui est compassée, réservée, minutieuse dans des bagatelles. Faire le pédant. encore relevé aujourd’hui

  • Quelle pédante insupportable ! Charles Ier, moins pédant, mais aussi avide d'autorité que son père — RAYNAL, Hist. phil. XIV, 2

4 Adj. Pédant, pédante. Ton pédant. Manières pédantes.

  • Je vis dans le fatras des écrits qu'il nous donne Ce qu'étale en tous lieux sa pédante personne — MOL., Femm. sav. I, 3
  • Un jeune homme pédant est, à mes yeux, l'objet le plus complétement ridicule qu'on puisse rencontrer — GENLIS, Théât. d'éduc. le Voyageur, I, 3
Remarque

On disait anciennement pédante, depuis on a dit pédant ; puis enfin on a dit pedan, et c'est comme on parle présentement, MÉNAGE. Pédant a repris le dessus.

Historique

XVIe s.

  • ....Ceux qui ont Leur sçavoir renfermé dans leur pedante estude — DESPORTES, Tombeau de Desportes.
  • Tantost des tyrans de Sicile il s'en faict des pedantes à Corinthe — MONT., I, 65
1 autre citation
  • Quand on dit c'est un Johannes, cela vaut autant que ce que maintenant on appelle un pedant — H. EST., Apol. d'Hérod. p. 19, dans LACURNE
Étymologie

Ce mot, qui ne se trouve pas avant le XVIe siècle, vient de l'italien pedante, que Diez tire du grec παδεύειν, instruire, italianisé sous la forme pedare, d'où pedante.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pédant » du Wiktionnaire.

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