pélican

nature
nom masculin
diction
[pelikɑ̃] · 3 syllabes
attesté
Au plus tard au XIIIᵉ siècle
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Oiseau palmipède aquatique, à bec long, large et plat, et dont la mandibule inférieure présente une sorte de poche extensible dans laquelle il met en réserve des aliments pour lui et pour ses petits.
    • Les cathares, eux, avaient recours à une très belle image mythologique : la parabole du pélican. Anne Brenon, Les Cathares, 2013
  2. Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté sur son aire se déchirant la poitrine avec son bec pour nourrir de son sang trois oisillons, ses ailes sont éployées. Le sang est représenté par des gouttes. On peut rencontrer deux interprétations. Selon la première, les gouttes sont appelées piété. Selon la seconde, la couleur des gouttes est donnée par la qualification d’ensanglanté ou dégoutant. Voir piété.
    • De gueules au pélican avec sa piété d’argent sur son aire d’or, soutenu d’une croisette ancrée du même, au chef d’azur chargé de trois coquilles aussi d’or, qui est de Tautavel → voir illustration « armoiries avec un pélican »
3 emplois spécialisés
  1. Chimie vieilli Cornue à col recourbé.
    • D'après les documents que nous possédons, nous le voyons faire construire le fourneau des alchimistes, l'athanor, acheter des pélicans, des creusets et des cornues Joris-Karl Huysmans, Là-Bas, 1891
  2. Dentisterie vieilli Instrument de chirurgie qui sert à arracher les dents.
    • Un charlatan, revêtu d’un costume en serge rouge, se démenait, un pélican à la main, sur une estrade enjolivée par des guirlandes de dents canines, incisives ou molaires, enfilées dans des fils de laiton. Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse, 1863, page 296
  3. Oiseaux Oiseau de la famille des Pélécanidés, représentée en Europe orientale par deux espèces méditerranéennes:-le pélican blanc, Pelecanus onocrotalus,-le pélican frisé, Pelecanus crispus.

Origine du mot

Du bas latin pelicanus.

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PÉLICAN s. m. (pé-li-kan)

1 Oiseau aquatique (famille des palmipèdes), muni d'une poche qui a son ouverture entre les deux branches osseuses dont est formée sa mandibule inférieure ; cette poche est composée de deux feuillets dont l'interne est contigu à la paroi de l'oesophage, tandis que l'externe est la peau du cou, pelicanus onocrotalus, L. encore relevé aujourd’hui

Le pélican a été pris pour le symbole de l'amour paternel, parce que des auteurs ont écrit faussement qu'il nourrissait ses petits de son propre sang.

  • Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage.... Pour toute nourriture il apporte son cœur — A. DE MUSSET, Nuit de mai.

2Terme de chimie. Alambic avec un chapiteau, d'où sortent deux becs.

3 Instrument dont les dentistes se servent quelquefois pour l'extraction des dents molaires. encore relevé aujourd’hui

4 Crochet de fer dont le menuisier se sert pour assujettir sur l'établi les morceaux de bois qu'il travaille.

5 Ancienne pièce d'artillerie de 6, pesant 2400 livres. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • Tout ensi com li pelicans, Qui resuscite ses phaons De sa char et de ses braons Et du sanc qui del cuer lui court — BAUDOUIN DE CONDÉ, t. I, p. 40

XIVe s.

  • Par alambics et descensoires, Cucurbites, distillatoires, Par pelicans et matheras — Nat. à l'alch. 4

XVe s.

  • Querez nous ce popelican S'il voloit comme un pelican, S'y heurtera il à nos talons — Martyre de St-Denis

XVIe s.

  • Daviers, policans à tirer et rompre les dents — PARÉ, III, p. 639
Étymologie

Prov. pellica, pelican ; esp. pelicano ; ital. pellicano ; du lat pelicanus ; grec, πελεϰάνος ou πελεϰὰν, proprement le pic, de οελεϰᾷν, percer, couper, πέλεϰυς, hache, dénomination transportée ensuite au pélican pour on ne sait quelle ressemblance. Comme on a dit polican (voy. l'historique), on a prétendu que le nom de l'instrument de chimie ou de chirurgie dérivait de polycampus, mais rien ne justifie cette dérivation ; et il faut voir dans pelican une comparaison avec le bec d'un oiseau, comparaisons qui ne sont aucunement rares.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pélican » du Wiktionnaire.

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