péquin
- nature
- nom masculin
- diction
- [pekɛ̃] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
familier Individu, civil (par opposition au soldat).
- Le péquin ne se dérangea pas, tout en offrant des cigares à son oncle et à l’ami de son oncle. Honoré de Balzac, La Rabouilleuse, 1842
-
familier Personne anonyme.
- Ce sera un peu comme le centre de vaccination qui avait été mis en place en 2009 lors de la grippe H1N1 : il y avait eu quatre péquins ! Collectif, Journal de crise des blouses blanches : « Il faut désormais gérer les malades du confinement », Le Monde. Mis en ligne le 6 mai 2020
Citation
Si vous reculiez [étrangers envahissant la France], peu d'entre vous iraient conter à leurs enfants ce que c'est que la France en tirailleurs, n'ayant ni héros, ni péquins
Origine du mot
De l’argot militaire, sans doute issu de l’occitan pequin (« petit, menu ») équivalent de l'espagnol pequeño (« petit »), pequeno en portugais. Probable dérivé : péquenaud.
1873 — le Littré
PÉQUIN s. m. (pé-kin)
Terme d'argot militaire. Nom que les militaires sous Napoléon Ier donnaient par dérision aux bourgeois et qui s'est conservé depuis. On raconte que, le maréchal Augereau prononçant le mot de péquin devant M. de Talleyrand, celui-ci demanda ce que signifiait péquin, et le maréchal lui répondit : Nous autres militaires, nous appelons péquin tout ce qui n'est pas militaire. - Et nous, reprit M. de Talleyrand, nous appelons militaire tout ce qui n'est pas civil.
- Si vous reculiez [étrangers envahissant la France], peu d'entre vous iraient conter à leurs enfants ce que c'est que la France en tirailleurs, n'ayant ni héros, ni péquins — P. L. COUR., Lettre X
On écrit aussi pékin.
- Je ne peux pas m'habituer à voir un bourgeois, un pékin, disons le mot, affublé de moustaches comme un grognard de la vieille garde — CH. DE BERNARD, la Peau du lion, § III
Étymologie
On dit que ce mot datant de l'Empire vient de l'espagnol pequin, pequeño, petit ; mais n'est-il pas plus simple d'y voir le pékin, étoffe qui sous l'Empire, était beaucoup portée en pantalon ; on distinguait de la sorte, à première vue, le militaire de celui qui ne l'était pas.
Supplément au dictionnaire
PÉQUIN. - ÉTYM. Ajoutez : Le texte suivant porterait à croire que péquin n'est pas un terme de soldats : D'Hautel se trompe ; péquin était une qualification non que les soldats se donnaient entre eux, mais donnaient à ceux qui n'étaient pas militaires (voy. au Dictionnaire l'anecdote de Talleyrand et Augereau). Voici un renseignement traditionnel qui donnerait quelque chose de positif sur l'origine de ce mot. Péquin daterait de la fête de la Fédération, suivant le dire d'un général qui y assistait, dire transmis de bouche en bouche jusqu'à la personne qui m'en a fait part : à cette fête, il y avait des délégués militaires, et des délégués des cantons ; ces derniers, on les nomma par abréviation des cantons ; la plaisanterie vit dans cantons la ville de la Chine et y substitua le nom de la capitale, Pékin.
- Péquin : terme injurieux qui équivaut à ignorant, sot, imbécile ; homme intéressé, avare au dernier degré ; c'est aussi un sobriquet que les soldats se donnent entre eux — D'HAUTEL, Dict. du bas langage, 1808
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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