prononciation

nature
nom féminin
diction
[pʁonɔ̃sjasjɔ̃] · 4 syllabes
usage
2 par million de mots
parenté
prononcer

Sens et définitions

Nom 4

  1. Articulation, action de proférer, d’exprimer des lettres, des syllabes, des mots.
    • Richelieu dit tout ceci avec le même son de voix et une prononciation uniforme, altérée seulement par l’affaiblissement de sa poitrine et la perte de plusieurs dents. Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XXIV, 1826
  2. Manière de prononcer, par rapport à l’orthographe, à l’accentuation.
    • Une mauvaise prononciation fait changer quelquefois l’i en u; p. ex. en rouchi: tulupe, tulipe; en lorrain: desurè, désirer, […]. J.F Schnakenburg, Tableau synoptique et comparatif des idiomes populaires ou patois de la France, Bruxelles, C. Muquardt, 1840, page 51
  3. Manière de réciter, de débiter.
    • Il a une belle prononciation. — La prononciation est une des principales parties de l’art oratoire.
1 emploi spécialisé
  1. Droit Action de prononcer un jugement.
    • Après la prononciation de la sentence, du jugement, etc.

Citation

Ils [mes ennemis] partirent pour la cour le lendemain de la prononciation de ma harangue
Jean de La Bruyère, Disc. à l'Acad. franç. Préface

Origine du mot

Du latin pronuntiatio, dérivé du verbe pronuntiare (« proclamer »), formé à partir du suffixe pro- (« pour ») et nuntiare (« annoncer »).

Dans le dictionnaire latin : pronuntiatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PRONONCIATION s. f. (pro-non-si-a-sion ; en vers, de six syllabes)

1 Action de prononcer un jugement, un discours. La prononciation du jugement. repris par le Wiktionnaire

  • Ils [mes ennemis] partirent pour la cour le lendemain de la prononciation de ma harangue — LA BRUY., Disc. à l'Acad. franç. Préface
  • Ceux qui, avant de m'entendre, avaient rendu périlleuse la prononciation même de mon discours.... — MIRABEAU, Collection, t. III, p. 351

2 Manière de prononcer, de faire entendre les lettres, les syllabes, les mots. encore relevé aujourd’hui

  • L'écriture ne représente pas toujours parfaitement la prononciation ; car, comme la peinture, qui représente les corps, ne peut pas peindre les mouvements des corps, de même l'écriture, qui peint à sa manière le corps de la parole, ne saurait peindre entièrement la prononciation, qui est le mouvement de la parole — Dict. de l'Acad. Préface, 1re édit. 1696
  • La déclamation demande dans la prose presque les mêmes prononciations que dans les vers — Opusc. lang. franç. p. 262, dans POUGENS
5 autres citations
  • Plus la prononciation est lente, plus la prosodie devient sensible — D'OLIVET, Prosod. franç. art. v.
  • J'écris en français ; ne dois-je pas me conformer [dans la transcription des noms russes] à la douceur de la prononciation française ? — VOLT., Lett. Schouvalof, 11 juin 1761
  • Plus un mot est manié, plus la prononciation en devient faible — DUCLOS, Œuv. t. IX, p. 9
  • On prononce assez généralement bien au théâtre ; mais il ne laisse pas de s'y trouver quelques prononciations vicieuses que certains acteurs tiennent de leur province ou d'une mauvaise tradition — ID., ib. t. IX, p. 7
  • Un léger défaut de prononciation prêtait à ses paroles [d'Alcibiade] les grâces naïves de l'enfance ; et quoiqu'il hésitât quelquefois pour trouver le mot propre, il fut regardé comme un des plus grands orateurs d'Athènes — BARTHÉL., Anach. Introd. part. 2, sect. 3

3 La manière de prononcer, par rapport à l'accentuation, à la prosodie. La prononciation des Normands, des gens du Midi. Une prononciation vicieuse. La bonne prononciation.

  • Claude Boyer et Michel le Clerc [membres de l'Académie] sont deux Albigeois qui, étant venus ici apprendre la langue, dont ils ne savent pas encore la prononciation, veulent l'enseigner aux autres — FURETIÈRE, 2e factum, t. I, p. 171

4 Manière de dire, de débiter. encore relevé aujourd’hui

  • Si l'écriture est le corps visible du langage, la prononciation en est l'âme, — CH. NODIER

5 Dans la rhétorique ancienne, la cinquième et dernière partie de cette science qui comprenait l'invention, la disposition, l'élocution, la mémoire et la prononciation. Ces deux dernières parties ne regardaient que l'orateur parlant et pouvaient se réunir sous le nom d'action. non relevé aujourd’hui

Historique

XVIe s.

  • Et si y avoit oultre cela grand plaisir au son de sa voix seulement et à sa prononciation — AMYOT, Ant on. 32
  • Puisque les letres ne sont qu'images de voix, l'escriture devra estre d'autant de lettres que la prononciation requiert de voix ; si elle se trouve autre, elle est faulse, abusive et damnable — MEIGRET, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 52
1 autre citation
  • Je monstreray comme nostre langage, pour rendre sa prononciation plus douce, a trouvé moyen d'eviter la rencontre des voyelles en vocables contigus — H. EST., Précell. édit. FEUGÈRE, p. 71
Étymologie

Provenç. pronunciatio ; espagn. pronunciacion ; ital. pronunziazione : du lat. pronunciationem, de pronunciare, prononcer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « prononciation » du Wiktionnaire.

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