prosateur
- nature
- nom masculin
- diction
- [pʁozatœʁ] · 3 syllabes
- attesté
- 1666
- usage
- moins de 1 par million de mots
- parenté
- prose
Sens et définitions
Nom 1
-
Auteur qui écrit en prose.
- Sans doute, en tant qu’écrivain, elle n’est pas inégalable et parfois la mendicité de son style secouru afflige, mais enfin, étant donné qu’elle vit au XVIIᵉ siècle, elle n’est pas au moins une bredouilleuse de pâles oraisons, ainsi que la plupart des prosateurs pieux de ce temps. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
Citation
J'établirai que le français de nos poëtes est bien différent de celui de nos orateurs, ou, pour parler Ménage, de celui de nos prosateurs
Origine du mot
Ménage explique : « J’ai fait prosateur, à l’imitation de l’italien prosatore, pour dire « un homme qui écrit en prose ». Le mot met du temps à s’imposer en français : les puristes lui refusent son sens moderne car, en latin, le sens de prosator est assez exactement celui de poète en grec ancien : « créateur ». Richelet, en 1680, proteste : on ne dit « pas Monsieur d’Ablancourt étoit un excélent prosateur », mais « étoit un homme qui écrivoit bien en prose ».
1873 — le Littré
PROSATEUR s. m. (pro-za-teur)
Celui qui écrit principalement en prose. encore relevé aujourd’hui
- J'ai fait prosateur, à l'imitation de l'italien prosatore, pour dire un homme qui écrit en prose — MÉNAGE, Dict.
- J'établirai que le français de nos poëtes est bien différent de celui de nos orateurs, ou, pour parler Ménage, de celui de nos prosateurs — VAUGEL., Rem. Obs. de M***, p. 390, dans POUGENS
5 autres citations
- Pauvre ignorant ! s'écria Fabrice, tu ne sais pas que tout prosateur qui aspire aujourd'hui à la réputation d'une plume délicate, affecte cette singularité de style, ces expressions détournées qui te choquent — LESAGE, Gil Blas, VII, 3
- Il est aisé d'être prosateur, très difficile et très rare d'être poëte — VOLT., Dict. phil. Vers.
- Les plus anciens prosateurs, Phérécyde de Scyros et Cadmus de Milet, sont postérieurs à Homère d'environ quatre cents ans — CONDIL., Hist. anc. III, 10
- Le plus célèbre écrivain de notre nation et de notre siècle [Voltaire] faisait des sermons de ce grand orateur une de ses lectures les plus assidues ; Massillon était pour lui le modèle des prosateurs, comme Racine est celui des poëtes — D'ALEMB., Éloges, Massillon.
- Il n'en est pas de même dans la littérature française, dit Corinne, en s'adressant au comte d'Erfeuil, vos prosateurs sont souvent plus éloquents et même plus poétiques que vos poëtes — STAËL, Corinne, VII, 1
Étymologie
Ce mot s'est établi malgré l'objection de Bouhours, qui le trouvait mal fait, parce que cela supposait un verbe proser : objection qui n'est pas bonne ; car proser était déjà dans Régnier. Quoi qu'il en soit, prosator se trouve dans de très anciens textes du moyen âge. Autrefois, au lieu de prosateur, qui n'existait pas, on disait orateur.
Supplément au dictionnaire
PROSATEUR. Ajoutez : - REM. Prosateur était assez peu usité du temps de Le Sage pour qu'il l'ait écrit en italique dans Gil Blas, VII, 13.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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