rabat-joie
- nature
- adj
- diction
- [ʁabaʒwa] · 3 syllabes
- attesté
- 1301
- usage
- 1 par million de mots
- parenté
- rabat
Sens et définitions
Nom 2
-
Personne triste ou ennemie de la joie des autres.
- Alice, dis-moi que tu ne vas pas épouser ce rabat-joie. Tu ne t’amuseras jamais avec un homme comme lui. Il ne te fera jamais rire. Amanda Bayle, Tout ce qui brille, éd. CyPLoG, 2017, chap. 19
-
Chose triste.
- Mais hélas ! ma très aimable bonne, vous dites bien vrai : pouvons-nous craindre un plus grand et un plus cruel rabat-joie que la douleur sensible de songer à se séparer presque aussitôt qu’on a commencé à sentir la joie de se revoir ? Madame de Sévigné, Lettre à Madame de Grignan, Aux Rochers, dimanche 12ème août 1685.
Adjectif 2
-
familier Qui étouffe la joie des autres.
- Ce message rabat-joie fut hué par une partie de la foule mais tempéra quelque peu l'enthousiasme général. Bertrand M. Roehner, Cohésion sociale: une approche observationnelle, éd. Odile Jacob, 2004, page 150
1 emploi spécialisé
- Comportement humain Personne qui vient troubler la joie, le plaisir des autres Ce qui vient troubler la joie.
Citation
Pouvons-nous craindre un plus grand et un plus cruel rabat-joie, que la douleur sensible de songer à se séparer ?
Origine du mot
Rabattre, et joie. — Littré, 1873
1873 — le Littré
RABAT-JOIE s. m. (ra-ba-joî)
Ce qui vient troubler la joie, la satisfaction où l'on était. encore relevé aujourd’hui
- Les loyolites, voyant que ce miracle [opéré à Port-Royal] leur faisait ombre, ont écrit pour s'y opposer un Rabat-joie du miracle nouveau de Port-Royal — GUI PATIN, Lett. t. II, p. 260
- Rabat-joie ou Observations sur ce qu'on dit être arrivé au Port-Royal au sujet de la sainte épine (par le P. Annat) ; ce seul mot de rabat-joie, dans un sujet si sérieux et si saint, a fait juger quel est l'esprit qui anime cet auteur — PASC., Réponse à un écrit, etc.
3 autres citations
- Qu'est-ce donc ? voici bien, monsieur, du rabat-joie — LA FONT., Je vous prends sans vert, sc. 14
- Pouvons-nous craindre un plus grand et un plus cruel rabat-joie, que la douleur sensible de songer à se séparer ? — SÉV., 15 août 1685
- Ç'a été [rougir facilement] le vrai rabat-joie de votre beauté et celui de ma jeunesse — ID., 4 janv. 1690
Familièrement. C'est un rabat-joie, se dit d'une personne triste ou ennemie de la joie des autres.
Au fém. C'est une rabat-joie.
Historique
XVe s.
- Où est vieillesse rabat joye — CH. D'ORL., Répart. d'amour, Ball.
- [La femme] Une heure brait, une autre crie ; En ce monde n'a tel tourment ; Pour ce l'appell'on rabat joye — E. DESCH, Poés. mss. f° 452
XVIe s.
- Nous n'avons que faire d'exaggerer leur inanité [des voluptés naturelles] ; elle se fait assez sentir et se produict assez, mercy à nostre esprit maladif, rabat joye, qui nous desgouste d'elles, comme de soy mesme — MONT., IV, 293
- L'esprit humain n'est pas seulement rabbatjoye, trouble-feste, ennemy de ses appetits, naturels et justes plaisirs — CHARRON, Sagesse, I, 41
Étymologie
Rabattre, et joie.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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