railler
- nature
- ver
- diction
- [ʁaje] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 3
-
Plaisanter quelqu’un ou quelque chose, lui parler ou en parler avec moquerie.
- Chaque époque vit de sa foi ; et son organisation repose sur sa foi. Mais chaque époque a la formidable puissance de railler ce qu’elle croit, ce qu’elle est, et par là de se désorganiser elle-même. Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19
-
Badiner, ne pas parler sérieusement.
- On ne sait s’il raille ou s’il parle sérieusement. - Je ne raille point. - Tout en raillant, cela pourrait bien être.
-
Se moquer.
- Il se raille de tout ce qu’on peut lui dire. - Qu’est-ce que vous me proposez là? Vous vous raillez de moi.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je raille
- tu railles
- il raille
- nous raillons
- vous raillez
- ils raillent
Imparfait
- je raillais
- tu raillais
- il raillait
- nous raillions
- vous railliez
- ils raillaient
Passé simple
- je raillai
- tu raillas
- il railla
- nous raillâmes
- vous raillâtes
- ils raillèrent
Futur simple
- je raillerai
- tu railleras
- il raillera
- nous raillerons
- vous raillerez
- ils railleront
Passé composé
- j'ai raillé
- tu as raillé
- il a raillé
- nous avons raillé
- vous avez raillé
- ils ont raillé
Plus-que-parfait
- j'avais raillé
- tu avais raillé
- il avait raillé
- nous avions raillé
- vous aviez raillé
- ils avaient raillé
Passé antérieur
- j'eus raillé
- tu eus raillé
- il eut raillé
- nous eûmes raillé
- vous eûtes raillé
- ils eurent raillé
Futur antérieur
- j'aurai raillé
- tu auras raillé
- il aura raillé
- nous aurons raillé
- vous aurez raillé
- ils auront raillé
Subjonctif
Présent
- je raille
- tu railles
- il raille
- nous raillions
- vous railliez
- ils raillent
Imparfait
- je raillasse
- tu raillasses
- il raillât
- nous raillassions
- vous raillassiez
- ils raillassent
Passé
- j'aie raillé
- tu aies raillé
- il ait raillé
- nous ayons raillé
- vous ayez raillé
- ils aient raillé
Plus-que-parfait
- j'eusse raillé
- tu eusses raillé
- il eût raillé
- nous eussions raillé
- vous eussiez raillé
- ils eussent raillé
Conditionnel
Présent
- je raillerais
- tu raillerais
- il raillerait
- nous raillerions
- vous railleriez
- ils railleraient
Passé
- j'aurais raillé
- tu aurais raillé
- il aurait raillé
- nous aurions raillé
- vous auriez raillé
- ils auraient raillé
Impératif
Présent
- raille
- raillons
- raillez
Passé
- aie raillé
- ayons raillé
- ayez raillé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- railler
- Participe présent
- raillant
- Participe passé
- raillé
Citation
Il y a de petits défauts qu'on abandonne volontiers à la censure, et dont nous ne haïssons pas à être raillés : ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres
Origine du mot
Diez en rapproche l'espagnol rallar, racler ; du lat. rallum, racloir ; de sorte que railler serait proprement racler, frotter. Cela est confirmé par la forme rasgler. Il y avait un substantif raille, signifiant moquerie : — Littré, 1873
1873 — le Littré
RAILLER v. a. (râ-llé, ll mouillées, et non râ-yé)
1 Tourner en ridicule avec quelque acerbité. encore relevé aujourd’hui
- Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue — BOILEAU, Art p. I
- Il y a de petits défauts qu'on abandonne volontiers à la censure, et dont nous ne haïssons pas à être raillés : ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres — LA BRUY., v.
3 autres citations
- Quand on est sage, on ne raille ni les grands, ni ceux qu'il y a danger de railler, ni ses amis, ni un ordre, ni une nation — THIERS, Des jeux, ch. 4
- Vous avez si souvent loué le célibat, Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d'esprit qui pour jamais se lie — DESTOUCH., Phil. marié, III, 2
- Je sais bien que je suis pauvre ; mais il n'est pas nécessaire de m'en railler, non plus que des secours qu'on a bien voulu me donner — MARIV., Marianne, 2e part.
Absolument.
- Il y a une manière de railler délicate et flatteuse qui touche seulement les défauts que les personnes dont on parle veulent bien avouer, qui sait déguiser les louanges qu'on leur donne sous des apparences de blâme, et qui découvre ce qu'elles ont d'aimable, en feignant de le vouloir cacher — LA ROCHEFOUC., Réfl. div. p. 118, dans POUGENS
- Votre petit esprit se mêle de railler — MOL., F. sav. I, 2
3 autres citations
- Pour badiner avec grâce et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets, il faut trop de manières, trop de politesse, et même trop de fécondité : c'est créer que de railler ainsi, et faire quelque chose de rien — LA BRUY., V
- Et railla bien qui railla le dernier — LAMOTTE, Fabl. IV, 6
- Tous ceux que j'ai raillés vont railler à leur tour — DESTOUCH., Phil. marié, IV, 4
2 V. n. Il se dit des personnes qu'on raille.
- Vous savez que, dans les triomphes, les soldats ont accoutumé de railler avec leurs empereurs — VOIT., Lett. 66
- De choquer un auteur qui choque le bon sens, De railler d'un plaisant qui ne sait pas vous plaire, C'est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire — BOILEAU, Sat. IX
1 autre citation
- Ne raillons point ici de la magistrature — RAC., Plaid. II, 13
Il se dit aussi des choses.
- Pourquoi railler de la conversion de cet homme ? ce qu'il fait, c'est ce qu'il faudra que vous fassiez vous-même un jour — BOURDAL., Pensées, t. I, p. 385
3 Ne pas parler sérieusement, badiner. Ne raillez point. encore relevé aujourd’hui
- Je vous parle sans feindre, et ne sais point railler, Lorsqu'au salut commun il nous faut travailler — CORN., Pulch. IV, 4
4 Se railler, v. réfl. Se moquer. encore relevé aujourd’hui
- C'est une méchante raillerie que de se railler du ciel — MOL., D. Juan, I, 2
- Il n'y a maintenant qu'à nier d'un certain air le péché originel, l'immortalité de l'âme, ou se railler de quelque sentiment reçu dans l'Église, pour acquérir la rare qualité d'esprit fort parmi le commun des hommes — MALEBR., Rech. vér. II, III, 2
1 autre citation
- De là vient qu'on s'est raillé de Gorgias pour avoir appelé Xercès le Jupiter des Perses, et les vautours des sépulcres animés — BOILEAU, Longin, Subl. ch. 2
Se moquer l'un de l'autre.
- Vous aviez épuisé tout votre voisinage [pour s'en moquer], Et la disette enfin allait nous obliger à nous railler l'un l'autre — COLLIN D'HARLEVILLE, Malice pour malice, I, 2
5 Badiner, ne pas parler sérieusement. repris par le Wiktionnaire
- Cet homme se raillait assez hors de saison — LA FONT., Fabl. III, 16
Historique
XVe s.
- Lequel d'estre plaisant raillart Eut le bruyt lorsque jeune estoit ; On tiendroit à fol et paillart Vieil, si à railler se mettoit — VILLON, Ball. en vieux langage.
- Le suppliant et icelui Breton en rasglant et devisant comme ilz avoient accoustumé de faire — DU CANGE, raffarde.
Étymologie
Diez en rapproche l'espagnol rallar, racler ; du lat. rallum, racloir ; de sorte que railler serait proprement racler, frotter. Cela est confirmé par la forme rasgler. Il y avait un substantif raille, signifiant moquerie :
- Se truiffler en raille, en moquerie — DU CANGE, trufare.
Supplément au dictionnaire
RAILLER. - ÉTYM. Ajoutez : Railler est le même mot que érailler ; et, comme il est probable que érailler a pour origine eradiculare, il est probable aussi que radiculare est l'origine de railler (voy. ÉRAILLER au Supplément).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « railler » du Wiktionnaire.