refus
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʁəfy] · 2 syllabes
- usage
- 36 par million de mots
Sens et définitions
Nom 8
-
Action de ne pas accorder ce qui est demandé.
- Depuis une dizaine d'années, à mesure que je les reçois par la poste, j'ai pour habitude de compiler les lettres de refus des maisons d'édition dans un élégant classeur couleur banane. Fabrice Lehman, La pétulante ascension de Benjamin Fabre, éd. J.-C. Lattès, 2014
-
Action de rejeter, de ne pas accepter ce qui est offert.
- Il lui aurait bien fait cette offre, mais il n’a pas voulu s’exposer à un refus.
- Ensemble des éléments qui sont retenus par le tamisage.
5 emplois spécialisés
- Généralités Situation dans laquelle l'étudiant se voit refuser un Certificat d'admissibilité et tout versement autorisé qui reste à faire à l'égard des certificats qui lui ont déjà été délivrés. L'étudiant perd soit son admissibilité à un nouveau PEC (prêt d'études canadien) ou à de nouveaux versements, soit son droit à une confirmation d'inscription pour une période dépassant la période évaluée sur le Certificat d'admissibilité qui lui a été délivré.
- Culture des plantes fourragères Dans une pâture, plantes qui ne sont pas consommées par le bétail.
- Construction Impossibilité pour une peinture, un enduit ou un vernis de donner un feuil continu sur un subjectile déterminé.
- Fondations profondes Arrêt de l'enfoncement d'un pieu par résistance du sol.
- Minoterie et céréales Matières qui se déversent à l'extrémité d'un tamis.
Formes fléchies 2
- Première personne du singulier du passé simple de r’être.
- Deuxième personne du singulier du passé simple de r’être.
Citation
Le refus bizarre qu'on fait de les montrer [les propositions de Jansénius]
Le mot raconté
Le refus ne s’est pas limité à l’acte de dire non. Dès le XIIe siècle, sa forme ancienne apparaît dans un contexte d’obéissance et d’appel ; au fil des siècles, le mot désigne le rejet d’une demande, mais aussi ce qu’un autre a laissé de côté. Cette seconde voie en fait un nom de reste, de rebut ou de sélection autant qu’un geste de volonté.
Ses emplois techniques le déplacent encore. En chasse, un cerf de refus est un cerf de trois ans. Dans le travail des pieux, aller jusqu’au refus du mouton signifie atteindre le point où l’impact n’agit plus ; le pressoir peut lui aussi être poussé jusqu’à refus, quand il ne donne plus de liquide. Le droit de refus, enfin, fut le privilège par lequel chacun des trois ordres pouvait ne pas approuver une décision des états généraux.
1873 — le Littré
REFUS s. m. (re-fû)
1 Action de refuser. encore relevé aujourd’hui
- Mais s'il faisait refus d'abandonner la tente ? — MAIRET, Soliman, II, 18
- S'exposer au refus, c'est hasarder sa gloire — CORN., Pulchér. I, 5
8 autres citations
- Le refus bizarre qu'on fait de les montrer [les propositions de Jansénius] — PASC., Prov. I
- Industrieux à se cacher dans les actions d'éclat, il en renvoyait la gloire au ministre [Mazarin], sans craindre, dans le même temps, de se charger des refus que l'intérêt de l'État rendait nécessaires — BOSSUET, le Tellier.
- La chose la plus prompte et qui se présente d'abord, c'est le refus, et l'on n'accorde que par réflexion — LA BRUY., XI
- Il [M. du Fay] savait se conduire avec les ministres, préparer de loin ses demandes, ne les faire qu'à propos, et, lorsqu'elles étaient presque déjà faites, essuyer de bonne grâce les premiers refus, toujours à peu près infaillibles, ne revenir à la charge que dans des moments bien sereins — FONTEN., du Fay.
- Catherine [la czarine] s'immortalise par sa lettre [appelant d'Alembert auprès d'elle] ; et frère d'Alembert, par ses refus — VOLT., Lett. Damilaville, 1er févr. 1763
- Le privilége d'un ancien ami n'est guère que d'être refusé de préférence, et obligé d'approuver le refus, trop heureux si, par un excès de confiance, on lui fait part des motifs — DUCLOS, Consid. mœurs, 7
- C'étaient les refus sérieux d'une volonté décidée, qui s'indigne qu'on puisse douter d'elle — J. J. ROUSS., Ém. v.
- Je n'ai pas le cour rage de décider de ta destinée ; voici le premier refus que tu reçus jamais de ton amie, et je sens bien par ce qu'il me coûte que ce sera le dernier — ID., Hél. II, 5
Au refus de telle personne, telle personne refusant, quand telle personne refuse.
- Mais je ne réponds pas que ce cœur inhumain [Cléopatre] Ne veuille, à leur refus [de ses fils], s'armer d'une autre main — CORN., Rodog. III, 1
- Et le courroux du ciel, pour en purger la terre, Nous doit un parricide au refus du tonnerre — ID., Héracl. II, 3
Avoir une chose au refus d'un autre, ne l'avoir qu'après qu'un autre l'a refusée.
Faire une chose au refus de quelqu'un, la faire après qu'un autre a refusé de s'en charger.
Familièrement. Cela n'est pas à votre refus, ce n'est pas une chose qu'on vous offre, et qu'il dépende de vous d'accepter ou de refuser.
Cela n'est pas de refus, cela n'est pas à refuser.
- Cela n'est pas de refus — MOL., Préc. 10
2 Ce qu'un autre a refusé.
- Elle a trop d'un amant, et, si sa flamme heureuse Me renvoyait celui dont elle ne veut plus, Je ne suis point d'humeur fâcheuse, Et m'accommoderais bientôt de ses refus — CORN., Agés. IV, 3
- Est-ce vous offenser que m'offrir vos refus, Et vous doit-il un cœur dont vous ne voulez plus ? — ID., Tite et Bérén. III, 2
3 Refus de lait, se dit d'une mère, d'une nourrice dont le sein ne donne pas de lait.
- Ces refus de lait sont assez communs, mais ils ne sont pas tous sur le compte de la nature : les mères pour l'ordinaire y ont bonne part — J. J. ROUSS., Corresp. t. VI, p. 124, dans POUGENS
4 Droit de refus, privilége qu'avait chacun des trois ordres, dans l'organisation des états généraux, de refuser son adhésion aux résolutions prises.
5Terme de chasse. Un cerf de refus, un cerf de trois ans.
6Terme de métier. Jusqu'à refus de mouton, jusqu'au moment où le mouton n'exerce plus d'action sur les pieux qu'il frappe. On a enfoncé ces pieux jusqu'à refus de mouton.
- Savoir si les pieux ont été chassés au refus du mouton, — Lett. etc. de Colbert, V, 25
On dit de même : Le pieu est au refus.
Historique
XIIe s.
- Obedience offristes ainz e subjectiun ; En refui de ço faites puis appellatiun — Th. le mart. 85
XIVe s.
- Enquerir se il fesoient cest refus de certaine science — BERCHEURE, f. 63, verso.
XVe s.
- Le duc de Bourgogne venu en Piquardie, lui ouvrirent ceux du païs cités et villes sans nul reffus, Geste des nobles — VIRIVILLE, p. 123
XVIe s.
- En un mesme jour il souffrit deux refus, ce que jamais homme n'avoit fait au paravant — AMYOT, Marius, 5
Étymologie
Voy. REFUSER ; provenç. refut, refui ; catal. refus ; ital. rifiuto.
Supplément au dictionnaire
REFUS.
6 Ajoutez :
Pressé jusqu'à refus, se dit des substances qui, soumises au pressoir, ne donnent plus de liquide.
- On admettait alors que les amurcas pressés jusqu'à refus retenaient encore 6 pour 100 d'huile — TEISSERENC DE BORT, Rapport n° 3203 à l'Assemblée nationale
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Terme spécifique
anarchisme boycott contumace insoumission libertinage révolte tournedos
Dérivés
au refus de cerf de refus jusqu’à refus de mouton refus d'obstacle refus d’obtempérer refus de soin
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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