rets
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʁɛ] · 1 syllabe
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
piège, traquenard.
- Je suis un homme pris Dans les rets étoilés Jules Supervielle, Gravitations, page 153, © 1925, Gallimard, 1988
1 emploi spécialisé
-
Chasse
Filet, ouvrage de corde, de fil, etc., noué par mailles et à jour, pour prendre du poisson, des oiseaux.
- Poser ses rets au bon moment, pour piéger le lièvre enivré, ça ne s’apprend pas à l’ENA. Anne-Sophie Mercier, « Patriote-toi d’là ! », Le Canard Enchaîné, 27 septembre 2017, page 7
Citation
Pendant qu'à la plumer l'autour est occupé, Lui même sous les rets demeure enveloppé
Origine du mot
Prov. ret, reth ; cat. ret ; espagn. red ; port. rede ; ital. rete ; du lat. rete, qui, d'après Curtius, est pour srete, se rattachant à serere, supin sertum, tisser (voy. SÉRIE). Dans l'ancien français rois, féminin et avec une s, indique non rete, mais le pluriel retia ; on sait que les pluriels neutres du latin deviennent souvent en français des singuliers féminins. — Littré, 1873
1873 — le Littré
RETS s. m. (rê)
1 Filet pour prendre du poisson, du gibier.
- Il s'élevait bien quelquefois une petite vapeur de la rivière voisine, qui l'enveloppait comme dans un rets — BALZ., le Prince, Av.-prop.
- Ceux qui viendront après nous liront en notre histoire que le cardinal de Richelieu a démoli la Rochelle et abattu l'hérésie, et que par un seul traité, comme par un coup de rets, il a pris trente ou quarante de ses villes pour une fois — VOIT., Lett. 74
3 autres citations
- Pendant qu'à la plumer l'autour est occupé, Lui même sous les rets demeure enveloppé — LA FONT., Fabl. VI, 15
- Un rets d'acier par ses mains [de Vulcain] est forgé ; Ce fut Momus, qui, je pense, en fut cause — ID., Fragm. du songe de Vaux.
- Comme des oiseaux privés chantent pour attirer dans les rets de l'oiseleur les oiseaux sauvages — CHATEAUBR., Génie, IV, IV, 4
Pans de rets, filets avec lesquels on prend ordinairement les grosses bêtes.
Rets saillant, sorte de filet composé de mailles à losanges, et qui sert à prendre des pluviers, des canards et de plus petits oiseaux.
2Fig. Tout ce qui sert à saisir, à prendre l'esprit, le cœur, comme fait un rets.
- Que Zéphire en ses rets surprend Flore la belle — RÉGNIER, Sat. X
- Ils [les philosophes] quitteront les rets de leurs vaines et dangereuses subtilités, où ils tâchaient de prendre les âmes ignorantes et curieuses — BOSSUET, Panég. St André, 1
3 autres citations
- Il [Jésus] tend ses rets sur cette mer du siècle, mer immense, mer profonde, mer orageuse et éternellement agitée — ID., ib.
- La parole est le rets qui prend les âmes — ID., ib.
- Tandis que mon cœur ouvert et confiant s'épanchait avec des amis et des frères, les traîtres m'enlaçaient en silence des rets forgés au fond des enfers — J. J. ROUSS., 3e promen.
Fig. Prendre quelqu'un dans ses rets, le faire tomber dans un piége.
3Terme d'anatomie. Rets admirable, voy. RÉSEAU. non relevé aujourd’hui
- Ces petites branches d'artères qu'on a nommées le rets admirable — DESC., Fœtus, 4
4 Rets marin. Nom vulgaire des masses de coques d'œufs de mollusques, que l'on trouve dans la mer. non relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- Les rois dont [ils] soelent les pors [sangliers] prandre, Environ le bois [ils] ont fait tendre — Lai de Melion
- Et i puet l'en sa nef ariver et ses cordes lier as arbres qui sont nés, et sechier sa raiz, et destroser sa nef, et metre à terre seche — Liv. de jost. 64
1 autre citation
- Avant que le flum entre en Egypte, les gens qui ont accoustumé à ce faire, getent leur roys desliées parmi le flum au soir — JOINV., 220
XVe s.
- Les deux seigneurs.... escheirent dedans les mains de leurs ennemis, et furent mieux pris qu'à la roix — FROISS., I, I, 108
- Le pescheur prist en sa rez une table d'or — CHRIST. DE PISAN, Charles V, III, 14
XVIe s.
- L'Evangile est une rets pour attirer toute sorte de poissons — CALV., Inst. 1089
- Ainsi qu'on peut voir au rets admirable — PARÉ, I, 29
Étymologie
Prov. ret, reth ; cat. ret ; espagn. red ; port. rede ; ital. rete ; du lat. rete, qui, d'après Curtius, est pour srete, se rattachant à serere, supin sertum, tisser (voy. SÉRIE). Dans l'ancien français rois, féminin et avec une s, indique non rete, mais le pluriel retia ; on sait que les pluriels neutres du latin deviennent souvent en français des singuliers féminins.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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