rudement

nature
adv
diction
[ʁydəmɑ̃] · 3 syllabes
usage
12 par million de mots

Sens et définitions

Adverbe 2

  1. D’une manière rude.
    • Vous allez bien rudement.
  2. familier Beaucoup.
    • — Il fait rudement chaud, ici. Si on ouvrait un peu ? Colette, La Retraite sentimentale, 1907

Citation

Certainement, rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine [le péché originel], et cependant, sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes
Blaise Pascal, Pens. VIII, éd. HAVET.

Origine du mot

Rude, et le suffixe ment ; prov. rudament. — Littré, 1873

1873 — le Littré

RUDEMENT adj. (ru-de-man)

1 D'une manière rude, violente. encore relevé aujourd’hui

  • Certainement, rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine [le péché originel], et cependant, sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes — PASC., Pens. VIII, éd. HAVET.
  • Elle [la cavalerie des Thébains] chargea rudement les Athéniens — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 442, dans POUGENS
1 autre citation
  • Hier matin, comme j'étais au lit, j'entendis frapper rudement à ma porte — MONTESQ., Lett. pers. 45

Fig. Aller rudement en besogne, travailler vigoureusement.

Familièrement. Il y va rudement, se dit d'un homme qui fait quelque chose avec un excès d'ardeur, avec violence.

2 Avec dureté, sans ménagement. encore relevé aujourd’hui

  • Je lui demandai s'ils ne décideraient pas formellement que la grâce est donnée à tous ; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point — PASC., Prov. I
  • Je parlai bien rudement à Mme d'Aubigné sur ses mauvaises habitudes — MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, t. I, p. 163, dans POUGENS
2 autres citations
  • Leclerc ayant soutenu l'opinion de Huet et n'étant point évêque, [l'abbé] Boileau tomba plus rudement encore sur Leclerc, qui lui répondit de même — VOLT., Pol. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, 23
  • Je m'exposais à me faire demander rudement, mais sans injustice, de quoi je me mêlais — J. J. ROUSS., Confess. IX

3 Sans ménagement. encore relevé aujourd’hui

  • Il [le chevalier de Grignan] a été rudement saigné ; il résista à la dernière fois, qui fut la onzième, mais les médecins l'emportèrent — SÉV., 10 févr. 1672

4Populairement. Il mange, il boit rudement, beaucoup. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • Se Rustebues rudement rime Et se rudece en sa rime a, Prenez garde qui la rima — RUTEB., II, 225

XIVe s.

  • Et ne scet l'en ceste chose geter si rudement ne si souef, qu'elle ne chiece [tombe] tousjours en une meisme maniere — ORESME, Eth. 24

XVe s.

  • Les Allemands.... sont rudes et vivent rudement — COMM., VI, 3

XVIe s.

  • Ilz le chargerent si rudement, qu'ilz le tournerent en fuitte — AMYOT, Philop. 31
  • Moyse donc parlant rudement comme le simple populaire — CALV., Instit. 103
1 autre citation
  • Ainsi comme un vieux chesne agité rudement Par deux vents ennemis — DESPORTES, Angélique, I
Étymologie

Rude, et le suffixe ment ; prov. rudament.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rudement » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire