rusé

nature
adj masculin
diction
[ʁyze] · 2 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 3

  1. Qui a de la ruse, qui est plein de ruses.
    • C’est un homme très rusé. — Son esprit est rusé.
  2. familier Qualifie un personnage adroit, subtil et artificieux.
    • C’est un rusé compère. — Une rusée commère.
  3. Qui annonce de la finesse, de la ruse.
    • Je me défie de son air rusé.

Nom 1

  1. Personne rusée.
    • Un rusé ou un menteur, c’est donc un homme qui, sachant ce qu’il faudrait dire ou faire, préfète à tel moment ne pas le dire ou ne pas le faire. Léon Robin, La Pensée grecque et les origines de l’esprit scientifique, 1923

Formes fléchies 1

  1. Participe passé masculin singulier de ruser.

Citation

Du palais d'un jeune lapin Dame belette un beau matin S'empara ; c'est une rusée
Jean de La Fontaine, Fabl. VII, 16

Origine du mot

Ruse ; bourguig. érusé. Les sens historiques sont reculé, repoussé, habile, rusé (voy. RUSER). — Littré, 1873

1873 — le Littré

RUSÉ, ÉE adj. (ru-zé, zée)

1 Qui a de la ruse. encore relevé aujourd’hui

  • Attendez, leur dit-il, couple lâche et rusé — BOILEAU, Lutr. V
  • Auguste, rusé tyran, les conduit doucement à la servitude — MONTESQ., Rom. 13
1 autre citation
  • Il faut avouer que ce berger est un rusé coquin — BRUEYS, Avoc. Pat. III, 6

Familièrement. C'est un rusé compère, c'est un homme adroit et artificieux.

On dit de même : c'est une rusée commère.

Substantivement. Un rusé. Une rusée.

  • Du palais d'un jeune lapin Dame belette un beau matin S'empara ; c'est une rusée — LA FONT., Fabl. VII, 16
  • Voyez-vous la petite rusée ? oh ! çà, çà, je vous pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me disiez tout — MOL., Mal. imag. II, 11

2 Qui annonce de la ruse. Avoir l'air rusé. encore relevé aujourd’hui

3 Ancien terme de marine. Se disait d'une ancre dont les pattes n'enfoncent pas bien dans le fond.

Historique

XIIe s.

  • Mout fut dolanz quand voit Franzois rusez [reculés], Les rens peciez, en trois lius estroez — Ronc. p. 143

XIIIe s.

  • Li amant en sunt excusé, Et li deduit d'amors rusé [reculé] — la Rose, 7540

XIVe s.

  • Aucunes vieilles qui sont rusées et font les sages — Ménagier, I, 7

XVe s.

  • La greigneur partie [des routiers] et les plus rusés [les plus habiles] de pillerie, et les plus renommés estoient de Bearn — FROISS., II, III, 90
  • Je croy que homme n'est si rusé, Qui n'y laissast linge et drapelle — VILLON, Grand test. Double ballade.

XVIe s.

  • [Le duc de Guise] Sur les bornes de Gaule affrontant sa jeunesse Aux desseins plus ruzés de la grise vieillesse D'un si caut empereur [Charles-Quint] — RONS., Poëmes, liv. I
  • L'homme rusé par long usage N'est folement avantureux — DU BELLAY, III, 90, verso.
4 autres citations
  • ....Et, peu ruzé au mestier de la chasse, Ores ceux-cy, et ores ceux-là passe — ID., IV, 10, verso.
  • Il est rusé en cela [il y est habile] — H. EST., Précellence, p. 79
  • Homme rusé tard abusé — COTGRAVE
  • Les plus rusez sont les premiers prins — COTGRAVE
Étymologie

Ruse ; bourguig. érusé. Les sens historiques sont reculé, repoussé, habile, rusé (voy. RUSER).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rusé » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire