ruse
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁyz] · 1 syllabe
- usage
- 21 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Procédé ingénieux utilisé pour avoir le dessus sur un ennemi, échapper à un prédateur ou abuser une victime.
- Toutes les ruses, il les imagine et les déploie avec un machiavélisme qui parfois lui pèse. Michel Droit, De Lattre, maréchal de France, Pierre Horay, éditions de Flore, 1952, p.81
-
Talent qu’a une personne à tromper autrui.
- Il est plein de ruse et de malice.
- Les détours dont le lièvre, le cerf, le renard, etc., se servent quand on les chasse.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de ruser.
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de ruser.
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de ruser.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de ruser.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de ruser.
Citation
La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur
Proverbes et citations
- La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! Charles Baudelaire
Origine du mot
De l’ancien français reuse, lui-même dérivé du latin recusare.
Dans le dictionnaire latin : recusare
1873 — le Littré
RUSE s. f. (ru-z')
1 Détours, expédients du lièvre, du cerf, du renard, quand on les chasse (ce qui est un des sens primitifs). encore relevé aujourd’hui
- Les ruses et les moyens que les animaux sauvages mettent en œuvre pour se dérober à la recherche, ou pour éviter la poursuite et les atteintes des chiens, sont peut-être plus merveilleux que les méthodes les plus fines de l'art de la chasse — BUFF., Quadrup. t. I, p. 359
2 Moyen qu'on emploie pour tromper.
- La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur — LA FONT., Fabl. IV, 11
- Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi ? j'ai cent ruses au sac — ID., ib. IX, 14
3 autres citations
- Ce n'est plus que la ruse aujourd'hui qui l'emporte — MOL., Mis. V, 1
- Osez - vous recourir à ces ruses grossières, Et croyez-vous les gens si privés de lumières ? — ID., ib. IV, 3
- La ruse est un talent naturel au sexe ; et, persuadé que tous les penchants naturels sont bons et droits par eux-mêmes, je suis d'avis qu'on cultive celui-là comme les autres ; il ne s'agit que d'en prévenir l'abus — J. J. ROUSS., Ém. V
De ruse, par la ruse.
- Ainsi du genre humain l'ennemi vous abuse : Ce qu'il ne peut de force, il l'entreprend de ruse — CORN., Poly. I, 1
Fig.
- À partir des choses les plus simples dans la vie, il serait aisé de prouver que nous ignorons tout, et nous voulons pénétrer dans les ruses de la sagesse ! — CHATEAUB., Génie, I, I, 3
Ruse de guerre, moyen qu'on emploie pour tromper les ennemis sur ses desseins, sur ses opérations, etc.
- Gélon était fort habile dans le métier de la guerre, surtout pour les ruses — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 252, dans POUGENS
- Une lettre de Berthier à Kutusof, datée du premier jour de cette marche de flanc, fut à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 1
Ruses innocentes, petites finesses dont on se sert à bon dessein.
Ruses de l'enfer, les suggestions insidieuses du démon.
- Après m'avoir montré cette soif du baptême, Pour opposer à Dieu l'intérêt de Dieu même, Vous vous joignez ensemble ! ah ! ruses de l'enfer ! — CORN., Poly. V, 3
Historique
XIVe s.
- Comment li chiens sont si sages, qu'ilz deffont toutes les ruses que les cerfs font — Modus, f° 24, verso
XVe s.
- Et quand ledit Jean estoit hors de la prison.... il rentroit en sa ruse comme devant — FROISS., II, II, 106
- Ruses de commeres, dist Passalion, trop ay entendu — Perceforest, t. IV, f° 109
1 autre citation
- Le suppliant, tout par ruse [jeu] et par esbat, comme dit est, recula un bien peu — DU CANGE, rusare.
Étymologie
Voy. RUSER ; Berry, ruse, reculement, pièce du harnais d'un cheval de trait (le sens de reculer est un des sens primitifs de ruser) ; picard, avoir des ruses, avoir beaucoup de mal à faire quelque chose.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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