sève
- nature
- nom féminin
- diction
- [sɛv] · 1 syllabe
- usage
- 10 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Certaine force qui est dans le vin et qui le rend plus agréable.
- Ce vin est trop vieux, il n’a plus de sève.
-
figuré Force vitale.
- La sève de la jeunesse.
3 emplois spécialisés
-
Botanique
Liquide nutritif formé des sucs que les racines puisent dans le sol et répandent dans toutes les parties d’un végétal.
- La lune était toute nouvelle, et, du Nord, le vent apportait l'odeur des précoces jonchées de feuilles à bout de sève, de souches cariées. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
- Service des vins Parfum aromatique joint à la force d'un vin, dont l'impression persiste après l'absorption de ce vin.
- Biologie végétale Liquide qui circule dans les diverses parties des végétaux et qui tient en solution les matières utiles à la végétation.
Origine du mot
Du latin sapa (« vin cuit ») qui devait signifier proprement « suc, sève ».
Dans le dictionnaire latin : sapa
1873 — le Littré
SÉVE s. f. (sè-v')
1Terme de botanique. Liquide que les racines puisent et absorbent dans le sein de la terre, pour le faire servir à la nutrition du végétal. La séve ascendante. La séve descendante.
- De quelque façon qu'on intercepte la séve, on est sûr de hâter les productions des arbres, surtout l'épanouissement des fleurs et la production des fruits — BUFF., Hist. nat. Intr. Œuv. t. VIII, p. 283
- M. Hales, dans son admirable statique des végétaux, a très bien prouvé que les feuilles sont les principaux organes de la transpiration ; il les a regardées comme les puissances qui élèvent la séve — BONNET, Consid. corps org. Œuv. t. V, p. 296, dans POUGENS.
1 autre citation
- J'ai pu juger, à l'œil, de la rapidité de la séve dans les plantes que j'ai abreuvées de liqueurs colorées — ID., ib. t. V, p. 295
En séve, en pleine séve, durant le temps où la séve est en mouvement dans les végétaux. Arbre en séve.
- On n'a point observé que ce bois, quoique coupé en pleine séve, ait été piqué des vers — BUFF., Expér. sur les végét. 2e mém.
2Par extension, certaine force qui rend le vin agréable. Ce vin est trop vieux, il n'a plus de séve.
- De vous parler.... d'un vin à séve veloutée — MOL., Bourg. gent. IV, 1
- Oui, je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa séve et sa verdeur [d'un vin] — BOILEAU, Sat. III
3Fig. Il se dit des choses intellectuelles ou morales qui ont quelque chose comparé à la séve du vin. Il y a de la séve dans cet ouvrage.
- Ce qui jette l'âme dans un labyrinthe et un entortillement qui ôte toute la droiture de nos actions et toute la bonne séve de la piété — BOSSUET, États d'orais. V, 9
- À quatre-vingt-six ans, M. de Mirabaud avait encore le feu de la jeunesse et la séve de l'âge mûr — BUFF., Rép. à Watelet, Œuv. t. X, p. 32
2 autres citations
- La première séve de l'enthousiasme créateur — D'ALEMB., Œuv. t. VII, p. 259
- Sa séve, nuit et jour, s'épuisait aux orgies — V. HUGO, Crépuscule, 13
En mauvaise part.
- Ici se cache une séve maligne et corrompue sous l'écorce de la politesse — LA BRUY., IX.
Remarque
L'Académie écrit fève avec un è, et trêve avec un ê. Pourquoi figurer de trois manières différentes une prononciation qui est la même ? L'accent grave seul devrait être employé, PAUTEX.
Historique
XIIIe s.
- Tu trovas ou gastel la feve, Et meis en buche seiche seve — J. DE MEUNG, Test. 234
- Pri à ton fil qu'il nous en terde Et nous enleve De l'ordure qu'aporta Eve, Quant de la pome osta la seve — RUTEB., II, 4
XVe s.
- Au dessoubz de ses ans perfaiz, après les jours d'enfence que la ceve monte contre-mont la jueune plante — CHRIST. DE PISAN, Charles V, I, 9
XVIe s.
- Les petits buissonnets n'ont seve ny puissance ; Je voudrois estre grand comme ces grands forests — RONS., 747
Étymologie
Berry, sèpe, sive ; dans l'Angoumois, saber, donner de la séve ; prov. et esp. saba ; du lat. sapa, suc, jus ; comparez l'allem. Saft, suc ; dan. sæbe ; angl. sap ; le grec ὀπὸς, suc (voy. SAPIN).
Supplément au dictionnaire
SÉVE.
2 Ajoutez :
Séve se dit aussi en parlant de l'eau-de-vie.
- Le commerce reproche généralement à cette eau-de-vie de présenter une séve moins agréable à la dégustation — Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. VI, p. 114
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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