séculier

nature
adj masculin
diction
[sekylje] · 3 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 4

4 emplois spécialisés
  1. Religion Qui vit dans le siècle, en parlant des ecclésiastiques.
    • Il y répugne d’autant moins qu’élevé au séminaire, ayant failli entrer dans les ordres, il est imbibé de la haine du prêtre séculier contre les réguliers. Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942
  2. Religion Temporel, laïque.
    • Et si la volonté de Dieu était que le coupable soit livré à la justice séculière, le révérend Randall et ses fidèles s'inclinaient. Jean Ray, Harry Dickson, Les Yeux de la lune, 1934
  3. Religion vieilli Mondain.
    • Une vie séculière et nullement chrétienne.
  4. Histoire Qualifiait le notaire qui n’était établi que pour recevoir les actes en matière temporelle, et qui ne pouvait recevoir les actes concernant les bénéfices et autres matières ecclésiastiques.

Nom 1

1 emploi spécialisé
  1. Religion Prêtre qui vit et officie dans la société.
    • Pour le séculier qui commet ce sacrilège, l’excommunication… Société académique du Cotentin, Coutances, Mémoires: Volumes 12-15, 1896

Citation

Si, en Hollande et en Angleterre, le corps de l'État n'était formé que de barons séculiers et ecclésiastiques, ces peuples n'auraient pas, dans la guerre de 1701, tenu la balance de l'Europe
Voltaire, Mœurs, 83

Origine du mot

Du latin saecularis, de saeculum (« siècle ») dont est aussi issu séculaire.

Dans le dictionnaire latin : saecularis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SÉCULIER, IÈRE adj. (sé-ku-lié, liè-r' ; au XVIIe siècle, Chifflet, Gramm. p. 188, dit que séculier se prononce comme hiver)

1 Qui n'est pas engagé par des vœux dans une communauté religieuse, en parlant tant des ecclésiastiques que des laïques. Clergé séculier. Vie séculière.

  • Si, en Hollande et en Angleterre, le corps de l'État n'était formé que de barons séculiers et ecclésiastiques, ces peuples n'auraient pas, dans la guerre de 1701, tenu la balance de l'Europe — VOLT., Mœurs, 83

On dit de même : bénéfice séculier.

Juridiction séculière, la justice temporelle.

On dit de même : les tribunaux séculiers.

  • Quand ce sage magistrat renvoyait les affaires ecclésiastiques aux tribunaux séculiers, ses doctes arrêts leur marquaient la voie qu'ils devaient tenir — BOSSUET, le Tellier

Le bras séculier, la puissance de la justice temporelle.

  • La discipline de nos réformés permet le recours au bras séculier — BOSSUET, Var. 10
  • Louis de Bavière prononça la sentence par laquelle il privait le pape [Jean XXII] de tout bénéfice, et le livrait au bras séculier pour être brûlé comme hérétique — VOLT., Mœurs, 68

2 Mondain. Une vie séculière et nullement chrétienne.

  • Ces désirs séculiers auxquels nous sommes accoutumés, ces images du monde dont nous avons l'esprit rempli — FLÉCHIER, Sermons, Transfiguration
  • Le pape Martin [V] défendit qu'on dît la messe en habit séculier — VOLT., Mœurs, 72

3 Moine séculier s'est dit quelquefois pour chevalier de Malte.

  • De ses frères [de Talbot] l'un était aumônier de la reine et l'autre était ce qu'on appelle moine séculier, qui n'avait de son ordre que le libertinage et la réputation qu'on leur attribue — HAMILT., Gramm. IX

4 S. m. et f. Laïque. Les séculiers. Un séculier. encore relevé aujourd’hui

  • Il [Honoré III] permettait aux religieuses de Port-Royal de donner retraite à des séculières qui, étant dégoûtées du monde, et pouvant disposer de leurs personnes, voudraient se réfugier dans leur couvent pour y faire pénitence, sans néanmoins se lier par des vœux — RAC., Hist. Port-Royal.
Historique

XIIe s.

  • Jugié ne poez estre [vous, clercs] par prince seculer — Th. le mart. 73

XIIIe s.

  • Lors va tout pendre à ung crochet, Et vest sa robe seculiere Qui mains encombreuse li ere [était] — la Rose, 19615
  • Ge n'en met hors rois ne prelas, Ne juge de quelconque guise, Soit seculier ou soit d'eglise — ib. 5694
3 autres citations
  • Qui prode fame veut congnoistre, Soit seculiere, soit de cloistre, Se travail vuet metre en li querre, C'est oisel cler semé en terre — ib. 8742
  • À ses seculieres voisines, Par jeunes et par disciplines, Enseignoit à fuir le siecle, Qui ne va pas à droite regle — RUTEB., II, 177
  • Le duc Godefroi establi deus cours seculiers — Ass. de J. I, 23

XVIe s.

  • Privilege, usage et jouissance que les dits monasteres ont toujours eu de succeder aux biens à leur religieux advenant et qui leur adviendroient, si encores estoient seculiers, en la succession de leur pere et mere tant seulement — Coust. gén. t. I, p. 449
Étymologie

Provenç. et espagn. seglar, secular ; ital. secolare ; du lat. saecularis, dérivé de saeculum (voy. SIÈCLE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « séculier » du Wiktionnaire.

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