sibylle
- nature
- nom féminin
- diction
- [sibil] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
figuré Femme qui prétend connaître et dévoiler l'avenir.
- Ramassée sur elle-même, la joue dans la main, devant le foyer éteint, comme une curieuse qui consulte une sibylle, tandis qu’elle repassait ces années de solitude, elle revit la figure du marquis de Ré. Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 28
-
familier Femme vieille et laide, connue pour la méchanceté de ses propos.
- …et, quand on l’eut jetée dans sa cellule, elle se trouva en présence d’une vieille sibylle qui grommelait un chant saxon, comme pour battre la mesure de la danse tournoyante que traçait son fuseau. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
1 emploi spécialisé
-
Antiquité grecque
Femmes auxquelles on attribuait la connaissance de l’avenir et le don de prophétie.
- L’antre de la sibylle était beaucoup plus sombre que l’antichambre, on n’y distinguait pas la couleur du papier. Honoré de Balzac, Les Comédiens sans le savoir, 1846
Citation
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane
Origine du mot
Du latin Sibylla, emprunté au grec ancien Σίβυλλα, Síbulla désignant une pythie.
Dans le dictionnaire latin : Sibylla
1873 — le Littré
SIBYLLE s. f. (si-bi-l')
1 Chez les anciens, femmes auxquelles on attribuait la connaissance de l'avenir et le don de prédire. L'antre de la sibylle. encore relevé aujourd’hui
- Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte ; ainsi les livres des sibylles et de Trismégiste et tant d'autres qui ont eu crédit au monde, sont faux, et se trouvent faux à la suite des temps — PASC., Pens. XIV, 8, éd. HAVET.
- Ces livres des sibylles, qui n'étaient recommandables que par la crédulité des Romains, étaient gardés par quinze prêtres dans le temple qu'Auguste avait fait bâtir sur le mont Palatin en l'honneur d'Apollon — DUMARS., Œuvres, t. I, p. 45
1 autre citation
- Le plus grand embarras pour les anciens était d'expliquer par quel heureux privilége ces sibylles avaient le don de prédire l'avenir ; les platoniciens en trouvaient la cause dans l'union intime que la créature parvenue à un certain degré de perfection pouvait avoir avec la divinité ; d'autres rapportaient cette vertu divinatrice des sibylles aux vapeurs et aux exhalaisons des cavernes qu'elles habitaient ; d'autres enfin attribuaient l'esprit prophétique des sibylles à leur humeur sombre et mélancolique, ou à quelque maladie singulière — VOLT., Dict. phil. sibylle
Par extension.
- Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane — BOILEAU, Lutr. V
Fig.
- Quand on l'appelait [Christine de Suède] la dixième Muse et la sibylle du septentrion — GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 411
Varron en distingue dix : la Persique, appelée Sambèthe ; la Libyenne ; la Delphique ; la Cuméenne, qui résidait à Cumes en Italie ; l'Érythréenne ; la Samienne ; la Cumane, née à Cumes dans l'Éolie ; l'Hellespontine ; la Phrygienne, qui rendait ses oracles à Ancyre ; et la Tiburne, qui fut honorée comme une divinité à Tibur, sur le Téveron, LEGOARANT.
Les feuilles de la sibylle, feuilles de chêne sur lesquelles la sibylle écrivait ses oracles, que le vent dispersait, et qu'il fallait réunir pour en retrouver le sens (voy. FEUILLE, n° 1).
- On ne sait guère rien de l'ensemble en toutes choses qu'à l'aide des détails ; et la nature n'est pour l'homme que les feuilles éparses de la sibylle — STAËL, Allem. III, 10
2Fig. Femme qui affecte l'enthousiasme et l'air inspiré.
Fig. et familièrement. Une vieille sibylle, une femme âgée qui a quelque prétention à l'esprit, ou qui est méchante.
- Voyez cette vieille sibylle ! parce qu'elle a fait quelques études et tourmenté la jeunesse de madame, elle veut tout dominer au château — BEAUMARCH., Mar. de Figar. I, 6
Fille qui vieillit sans se marier.
- Les trois filles [de la Rochefoucauld] moururent sibylles dans un coin de l'hôtel de la Rochefoucauld — SAINT-SIMON, 337, 175
Historique
XVe s.
- Quelque grande vieille sebille, Caducque, menassant ruine, Qui glosera sur l'Evangille Et fera au cas bonne mine — COQUILLE, Droits nouveaux.
XVIe s.
- On m'a dict qu'à Panzoust.... est une sibylle très insigne, laquelle predit toutes choses futures — RAB., III, 16
Étymologie
Provenç. sibilla ; espagn. sibila ; ital. sibilla ; du lat. sibylla ; grec, σιϐύλλα, de Σιὸς, en dorien, pour Διὸς, Jupiter, et βόλλα, volonté, de βούλεσθαι, vouloir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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