sujétion
- nature
- nom féminin
- diction
- [syʒesjɔ̃] · 3 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Dépendance, état de celui qui est soumis à un pouvoir, à une domination.
- […] le bien fut […] la réalisation de la volonté d’un être supérieur, une sorte de sujétion humiliante pour la dignité humaine […] Ernest Renan, L’Avenir de la science, pensées de 1848, Édition C. Lévy, 1890, page 9.
-
État de celui qui est astreint à quelque nécessité, obligé à quelque chose.
- Tous les besoins de la vie sont de grandes sujétions.
-
Nécessité où l’on est de ne pas s’éloigner d’un endroit, de ne pas quitter une personne.
- La surveillance de cet établissement m’a été confiée : c’est pour moi une grande sujétion.
-
Assiduité que demande une charge, un emploi.
- C’est un emploi qui comporte une grande sujétion.
1 emploi spécialisé
-
Droit
État de ce qui est sujet à servitude.
- La sujétion la plus importante est constituée par la ligne EDF Bezaumont Vogelgrun qui traverse la forêt sur 5,305 km pour une surface d’emprise de 19,66 ha. Office national des forêts, révision d’aménagement forestier 2008-2027 de la forêt domaniale du Val-de-Senones
Citation
Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence, et y bâtit Carthage la neuve, qui tenait l'Espagne en sujétion
Origine du mot
Du latin subjectio, avec une évolution parallèle de subjectus vers sujet. → voir assujettir
Dans le dictionnaire latin : subjectio
1873 — le Littré
SUJÉTION s. f. (su-jé-sion ; en vers, de quatre syllabes)
1 Domination qui subjugue.
- Il [un conquérant] mettra tout sous sa sujétion — PASC., Proph. 26, éd. FAUGÉRE.
- Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence, et y bâtit Carthage la neuve, qui tenait l'Espagne en sujétion — BOSSUET, Hist. I, 8
1 autre citation
- Rendre pour jamais l'Italie indépendante de l'Allemagne, après sept cents ans de sujétion, ou d'esclavage, ou de soumission — VOLT., Mél. hist. Mens. imprimés, test. Alberoni.
2 État de celui qui est sujet d'un prince, d'un chef. encore relevé aujourd’hui
- Le prince veut-il que je sois son sujet, quand je ne retire rien de la sujétion ? — MONTESQ., Lett. pers. 76
- Il [l'individu] devenait sujet, sans qu'on pût donner une époque de sa sujétion — ID., Rom. 6
3 État de celui qui est astreint, obligé. Il est dangereux de se faire des habitudes, elles deviennent des sujétions. Il s'est fait une sujétion de se lever tous les jours à la même heure. encore relevé aujourd’hui
- Sitôt que l'âge me permit de sortir de la sujétion de mes précepteurs — DESC., Méth. I, 14
- Je crois que le mois d'août sera encore plus long, puisque ce sera le temps des états ; n'en déplaise à la bonne compagnie, c'est toujours une sujétion pour moi d'aller les trouver à Vitré, ou de craindre qu'ils ne viennent ici — SÉV., 71
4 autres citations
- L'esprit d'orgueil qui le domine, n'a pu supporter la moindre sujétion, ni la moindre humiliation — BOURDAL., Instruct. Humilité de la foi, Exhort. t. II, p. 392
- Quelque désagrément qu'on ait à se trouver chargé d'un indigent, on goûte à peine les nouveaux avantages qui le tirent enfin de notre sujétion — LA BRUY., IV
- L'homme ne se propose le repos que pour s'affranchir de la sujétion et du travail — VAUVENARGUES, Max. CXCIX.
- Avec une valeur brillante.... il [le duc d'Orléans] eût été général, si le roi [Louis XIV] lui eût permis de l'être ; mais il fut toujours en sujétion à la cour et en tutelle à l'armée — DUCLOS, Œuvr. t. v, p. 196
4 L'assiduité qui est exigée ou nécessaire auprès d'une personne. C'est un homme auprès duquel il faut une grande sujétion. La sujétion d'un domestique auprès de son maître, d'une garde auprès d'un malade, d'une femme auprès de son mari. encore relevé aujourd’hui
5 Assiduité exigée par une charge, par un emploi. encore relevé aujourd’hui
- Et voilà, en l'état où je suis, toute la cour que je fais, et la seule sujétion que je m'oblige de rendre — BALZ., liv. III, lett. 7
- Les dames du palais sont dans une grande sujétion — SÉV., 5 janv. 1674
2 autres citations
- Les dames du palais sont réglées à servir par semaine.... si la maréchale d'Humières boude, elle fera mal sa cour ; car le roi veut de la sujétion — ID., 8 janv. 1674
- L'affaiblissement de ma santé, les visites à rendre ou à recevoir, la sujétion des académies auxquelles malheureusement ma subsistance est attachée, me rendent la vie de Paris insupportable — D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 21 déc. 1765
6 Incommodités, servitudes auxquelles une maison est sujette. C'est une maison où il y a de grandes sujétions. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIe s.
- Li evesques de Lundres une epistle enveia Saint Thomas ultre mer.... Amur, subjectiun e saluz li manda — Th. le mart. 81
XIIIe s.
- En subjection pardurable puissent il vivre ! — Psautier, f° 81
- Sers ne sours, ne mus, ne sous aagiés, ne hons qui soit en subjection d'autrui par religion, sans l'autorité de son par-dessus, ne poent recevoir arbitrage sor eus — BEAUMANOIR, XLI, 10
XIVe s.
- Bien [il] le deffenderoit encontre le glouton Qui nous cuide tenir en se [sa] subgession — Hugues Capet, v. 1787
- Pour ce est ce forte chose de tenir en subjection et de moderer telle passion laquelle nous avons dès le commencement — ORESME, Éth. 39
XVe s.
- Ces gens d'armes prirent plusieurs villes et petits forts, et mirent tout le pays de là environ en leur subjection et en l'obeissance du roi de France — FROISS., II, II, 10
XVIe s.
- Nous debvons la subjection et l'obeissance à touts roys — MONT., I, 13
- Accidents auxquels chacun de nous est en bute par une naturelle subjection — ID., I, 406
2 autres citations
- De cette colline il seroit à decouvert battu en flanc ; cette subjection estoit accompagnée de tant d'incommoditez.... — BEAUGUÉ, Guerre d'Escosse, II, 18
- La dite demoiselle a la moitié du droit de subjection et sommaige, qui est, toutes les fois et quantes fois qu'il lui plaira envoyer l'un de ses hommes et sujets faire message, porter lettres ou autrement, est tenu d'y aller chacun en son tour, pourveu qu'il puisse aller et venir entre deux soleils — DU CANGE, sommagium, au mot sagma.
Étymologie
Prov. subjection ; esp. sujecion ; ital. suggezione ; du lat. subjectionem (voy. SUJET 1).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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