truand

nature
nom masculin
diction
[tʁyɑ̃] · 2 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. vieilli Vagabond, mendiant, fainéant.
    • Les truands se dissimulaient dans toutes les encoignures des maisons, et gare au bon bourgeois cousu d'or, qui rentrait trop tard chez lui. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 43
  2. Malfaiteur, criminel.
    • Des truands d’autant plus imprévisibles qu’ils n'obéissent plus maintenant à aucune règle, d’autant plus dangereux qu’ils ont la gâchette facile, de plus en plus facile. Jean Rolland, Les mousquetaires du Prado, Éditions Pierre Téqui, 2003

Adjectif 1

  1. Relatif aux truands, aux gueux.
    • Je ne sais quelle pouillasserie de ville du moyen âge, initiée aux bienfaits du suffrage universel, mais qui ne peut se défaire de son vieux fond truand. Romain Rolland, J.-Chr., Foire, 1908

Citation

Ah ! truande, as-tu bien le courage De m'avoir fait cocu dans la fleur de mon âge ?
Molière, Sganar. IX

Origine du mot

Du gaulois *trugo → voir trucher (« mendier »), l’occitan truan (« truand, traitre »), le gallois tru, truan (« miséreux »), l’écossais truaghan (« id. »), le breton truc (« mendiant »), l’irlandais trogha, le latin trux (« farouche, sauvage »). Du sens de « vagabond », le néerlandais a dérivé celui de « satellite » avec trawant.

Les mots français venus du gaulois

1873 — le Littré

TRUAND, ANDE s. m. et f. (tru-an, an-d')

1 Vaurien, vagabond qui mendie par fainéantise. encore relevé aujourd’hui

  • Tais-toi, truand, pied plat, cagou, bigot ! — SCARR., D. Japh. d'Arménie, III, 21
  • Ah ! truande, as-tu bien le courage De m'avoir fait cocu dans la fleur de mon âge ? — MOL., Sganar. IX

2 S. m. Marchepied du métier de tisserand.

Historique

XIIe s.

  • Toute France [il] a cerchie [parcourue] come tapins truanz — Sax. v
  • Tro bien sembles truans et pautonnier — Raoul de C. 280

XIIIe s.

  • Quant ge voi tous nus ces truans Trembler, sor ces femiers puans, De froit, de fain crier et braire — la Rose, 11437
  • El [la fortune] les veskiès [évêchés] done as truans, Et les boins clers fait pain querans — Fl. et bl. 2515

XVe s.

  • Je ne fusse pas bons truans ; Je ne sçai deux fois demander — E. DESCH., Poésies mss. f° 182
  • Les truandes font les maqueleries En truandant, en portant leur cofin ; Et pour rober sont maintes fois espies — ID., ib. f° 353
1 autre citation
  • Lequel Hardelet dit au suppliant qu'il avoit menti comme mauvais trutain, fils de putain, navarrois — DU CANGE, trutanus.

XVIe s.

  • Qui fit normand, il fit truand — COTGRAVE
  • Nos anciens appellerent un homme truant qui alloit mendiant sa vie, et truander pour caimander — PASQUIER, VIII, p. 717, dans LACURNE
Étymologie

Wallon, trouwan ; poitevin, trudant ; provenç. truan ; catal. truá, truhá ; espagn. truhan ; portug. truão ; bas-lat. trutanus, trudanus. Ce mot paraît venir du celtique : gaél. truaghan, pauvre, misérable ; kimry, tryan ; gaél. trudanach, un vagabond. Du Cange, après Pasquier, tire truant de l'ancien treü, tribut : Mais, malgré cela, jamais treü équivalant au latin tributum, n'aurait pu donner truand dans l'ancienne langue.

  • il paraît bien qu'on a dit truanderie pour impôt : Nouveaux imposts, nouvelles daces, truanderies et maletotes — PASQUIER, Lett. t. III, p. 44

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « truand » du Wiktionnaire.

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