veiller
- nature
- ver
- diction
- [veje] · 2 syllabes
- usage
- 23 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 8
-
S’abstenir de dormir pendant le temps destiné au sommeil.
- Mal éclairée d’un quinquet nu, la famille veillait autour du poêle triangulaire. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
-
Ne pas dormir.
- Or le bar était vide. Léon, à son comptoir dormassait, en chandail, tandis que sa chienne, près de lui, sur une chaise, veillait. Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927
-
Être de garde la nuit.
- Pourtant cette nuit-là, on avait mal dormi : la génisse aux Mortiers vêlait et le Camille y avait veillé jusqu’au petit jour. Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 19
-
figuré Prendre garde ; appliquer ses soins, son attention à quelque chose.
- Il portait pour tout vêtement une ceinture aux pans flottants, qu'il veillait à ne pas accrocher aux ronces. Anne-Marie Panheleux, L'Île rouge, Toulouse : Éditions du Clocher & Imprimerie du Sud, 1949, p. 30
-
Sortir ; faire la fête.
- On n’hésite pas à faire des kilomètres pour aller veiller chez un voisin. Gabriel Dussault, 1983
-
Garder pendant la nuit.
- Veiller un malade. — Il est plus mal, il faut que quelqu’un le veille.
2 emplois spécialisés
-
Religion
Passer la nuit auprès d’un mort et, particulièrement, passer la nuit en prières auprès d’un mort.
- Des prêtres, des religieux veillent le mort.
- Fauconnerie vieilli Empêcher de dormir, en parlant d’un oiseau, afin de le dresser ensuite plus aisément.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je veille
- tu veilles
- il veille
- nous veillons
- vous veillez
- ils veillent
Imparfait
- je veillais
- tu veillais
- il veillait
- nous veillions
- vous veilliez
- ils veillaient
Passé simple
- je veillai
- tu veillas
- il veilla
- nous veillâmes
- vous veillâtes
- ils veillèrent
Futur simple
- je veillerai
- tu veilleras
- il veillera
- nous veillerons
- vous veillerez
- ils veilleront
Passé composé
- j'ai veillé
- tu as veillé
- il a veillé
- nous avons veillé
- vous avez veillé
- ils ont veillé
Plus-que-parfait
- j'avais veillé
- tu avais veillé
- il avait veillé
- nous avions veillé
- vous aviez veillé
- ils avaient veillé
Passé antérieur
- j'eus veillé
- tu eus veillé
- il eut veillé
- nous eûmes veillé
- vous eûtes veillé
- ils eurent veillé
Futur antérieur
- j'aurai veillé
- tu auras veillé
- il aura veillé
- nous aurons veillé
- vous aurez veillé
- ils auront veillé
Subjonctif
Présent
- je veille
- tu veilles
- il veille
- nous veillions
- vous veilliez
- ils veillent
Imparfait
- je veillasse
- tu veillasses
- il veillât
- nous veillassions
- vous veillassiez
- ils veillassent
Passé
- j'aie veillé
- tu aies veillé
- il ait veillé
- nous ayons veillé
- vous ayez veillé
- ils aient veillé
Plus-que-parfait
- j'eusse veillé
- tu eusses veillé
- il eût veillé
- nous eussions veillé
- vous eussiez veillé
- ils eussent veillé
Conditionnel
Présent
- je veillerais
- tu veillerais
- il veillerait
- nous veillerions
- vous veilleriez
- ils veilleraient
Passé
- j'aurais veillé
- tu aurais veillé
- il aurait veillé
- nous aurions veillé
- vous auriez veillé
- ils auraient veillé
Impératif
Présent
- veille
- veillons
- veillez
Passé
- aie veillé
- ayons veillé
- ayez veillé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- veiller
- Participe présent
- veillant
- Participe passé
- veillé
Citation
Mme du Deffant, après avoir veillé toute la nuit chez elle-même ou chez Mme de Luxembourg, qui veillait comme elle, donnait tout le jour au sommeil
Origine du mot
Du latin vigilare. - lui-même dérivé du latin classique vigil (« éveillé »).
1873 — le Littré
VEILLER v. n. (vè-llé, ll mouillées, et non vè-yé)
1 S'abstenir de dormir pendant le temps destiné au sommeil. Veiller très tard. repris par le Wiktionnaire
- Toute la nature sommeille ; Mais non, j'ai tort, je m'aperçoi Que, dans ce beau lit où je veille, Mes puces veillent avec moi — SARRASIN, dans RICHELET
- Je ne saurais veiller sans en être fort incommodée — MAINTENON, Lett. à d'Aubigné, 5 août 1685
3 autres citations
- Mme du Deffant, après avoir veillé toute la nuit chez elle-même ou chez Mme de Luxembourg, qui veillait comme elle, donnait tout le jour au sommeil — MARMONTEL, Mém. VIII
- Il faut que les hommes veillent sans relâche pour saisir les circonstances de ces mouvements inaltérables [des corps célestes], et pour connaître la nature, qui ne se repose jamais — BAILLY, Hist. astr. Disc. prél. p. 2
- Et ne veillez-vous qu'au bal ? - Un peu aussi pour le pharaon, un peu dans les petits soupers donnés à Mme la vicomtesse — GENLIS, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 3
Fig.
- Veille, ma lampe, veille encore ; Je lis les vers de Dufresnoi — BÉRANG., Ma lampe.
Substantivement.
- En vain par le veiller on acquiert du savoir — RÉGNIER, Sat. IV
2 Ne point dormir, être dans l'état de veille. encore relevé aujourd’hui
- Ne sens-je pas bien que je veille ? Ne suis-je pas dans mon bon sens ? — MOL., Amph. I, 2
- Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? — BOILEAU, Sat. VI
1 autre citation
- Lorsque l'âme a la perception ou le sentiment réfléchi de la suite de ses modifications, elle veille — BONNET, Causes prem. VI, 24
Veillé-je ? sorte d'interrogation qu'on se fait à soi-même pour s'assurer que l'on veille en effet, et que ce qu'on voit, ce qu'on entend est réel.
- Elle me fuit ! veillé-je ? ou n'est-ce point un songe ? — RAC., Iphig. II, 7
3 Être de garde. encore relevé aujourd’hui
- Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre, Est sujet à ses lois [de la mort] ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre, N'en défend pas nos rois — MALH., VI, 18
- Une chose qui caractérise encore le despote, c'est la faiblesse ; plus il veut qu'on dépende, plus il dépend lui-même ; sa garde, qui veille pour lui, veille aussi contre lui — CONDIL., Hist. anc. Lois, ch. 4
4Fig. Prendre garde, appliquer son attention à quelque chose. encore relevé aujourd’hui
- La reine d'Angleterre veillait sans relâche sur sa conscience — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encore tous nos soldats ; il veille, et c'est assez — ID., Louis de Bourbon.
6 autres citations
- Ces pieux fainéants.... Veillaient à bien dîner — BOILEAU, Lutr. I
- Depuis six mois entiers j'ai cru que, nuit et jour, Ardente, elle veillait au soin de mon amour — RAC., Bajaz. IV, 4
- Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours — ID., Esth. III, 4
- Les lois veillent sur les crimes connus ; et la religion, sur les crimes secrets — VOLT., Pol. et lég. S'il est utile d'entret. le peuple dans la superst.
- Ces deux partis [whig et tory] veillent l'un sur l'autre, ils s'empêchent mutuellement de violer le dépôt sacré des lois — ID., Princ. de Babylone, 8
- Dans tous les États du monde la police veille avec le plus grand soin sur ceux qui instruisent, qui enseignent, qui dogmatisent ; elle ne permet ces sortes de fonctions qu'à gens autorisés — J. J. ROUSS., Lett. de la Mont. 5
5Terme de marine. Se dit de l'état d'un rocher dont la partie supérieure se découvre à mer basse,
Veille au grain ! voy. GRAIN, n° 23.
6 V. a. Passer la nuit auprès de quelqu'un pour le soigner. encore relevé aujourd’hui
- Elle le veilla tout le temps de sa maladie, elle reçut son dernier soupir — GENLIS, Mme de Maintenon, t. II, p. 177, dans POUGENS
Veiller un mort, passer la nuit auprès d'un mort.
Terme de fauconnerie. Veiller un oiseau, empêcher un oiseau de dormir, afin de le dresser ensuite plus aisément.
Fig. Veiller quelqu'un, surveiller sa conduite.
- Je ne pouvais douter que je ne fusse veillé à l'œil — MIRABEAU, Lett. orig. t. I, p. 380
- Ils le veillèrent si bien qu'ils surprirent des lettres écrites à des partisans du roi — ANQUET., Ligue, III, p. 273
Historique
XIIe s.
- ...On songe bien en villant ; Aussi de voir [vrai] com de mencoigne Sont li penser comme li songe — CRESTIENS DE TROIES, dans HOLLAND, p. 266
- Mil eschargaite [sentinelles] les gaitent en voillant — Ronc. p. 111
3 autres citations
- Et souspirer et veiller sans dormir — Couci, x
- En salmes e oreisuns tute la nuit veilla — Th. le mart. 162
- Tuit cil ki desirent faire ce ke al munde atient, font alsi com voilier ; et tuit cil ki quierent lo deventrier [intérieur] repaus et par pense fuient la noise del munde, font alsi com dormir — Job, p. 479
XIIIe s.
- Sainte Eglise se plaint ; ce n'est mie mervelle ; Cascuns de guerroier contre li s'aparelle ; Si fil sont endormi ; n'est nul qui por li velle ; Elle est en grant peril — RUTEB., 233
- Quant Flores dort et ses cuers [son cœur] velle — Fl. et Bl. 1485
XIVe s.
- Les gardes des cités doivent celui [Dieu] doubter, sans la garde duquel l'en veille pour noient — J. DE VIGNAY, Eschès, f° 74
XVIe s.
- ...le triste veiller m'est pire que la mort, Et le songe m'est vie heureuse et favorable — DESPORTES, Imitation de l'Arioste.
- Il n'y en a point qui me veillent [surveillent] de si prez — MONT., I, 108
1 autre citation
- Assez veille qui bien fait — COTGRAVE
Étymologie
Wallon, veuy ; bourguig. vaillé ; provenç. velhar ; espagn. velar ; ital. vigliar ; du latin, vigilare, qui vient de vigil, éveillé ; comparez le goth. vakan, allem. wachen, veiller.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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