étonner

nature
ver
diction
[etone] · 3 syllabes
usage
16 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 2

  1. Ébranler à la manière du tonnerre.
    • En attendant, il ne pouvait se tenir debout. C’était un homme étonné. Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 204
  2. Surprendre par quelque chose d’extraordinaire, d’inattendu ; frapper de stupeur.
    • Il traita d’abord Joséphine de putain, chose affirma-t-il qui ne l’étonnait guère attendu qu’elle était la fille de sa mère. Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. j'étonne
  2. tu étonnes
  3. il étonne
  4. nous étonnons
  5. vous étonnez
  6. ils étonnent

Imparfait

  1. j'étonnais
  2. tu étonnais
  3. il étonnait
  4. nous étonnions
  5. vous étonniez
  6. ils étonnaient

Passé simple

  1. j'étonnai
  2. tu étonnas
  3. il étonna
  4. nous étonnâmes
  5. vous étonnâtes
  6. ils étonnèrent

Futur simple

  1. j'étonnerai
  2. tu étonneras
  3. il étonnera
  4. nous étonnerons
  5. vous étonnerez
  6. ils étonneront

Passé composé

  1. j'ai étonné
  2. tu as étonné
  3. il a étonné
  4. nous avons étonné
  5. vous avez étonné
  6. ils ont étonné

Plus-que-parfait

  1. j'avais étonné
  2. tu avais étonné
  3. il avait étonné
  4. nous avions étonné
  5. vous aviez étonné
  6. ils avaient étonné

Passé antérieur

  1. j'eus étonné
  2. tu eus étonné
  3. il eut étonné
  4. nous eûmes étonné
  5. vous eûtes étonné
  6. ils eurent étonné

Futur antérieur

  1. j'aurai étonné
  2. tu auras étonné
  3. il aura étonné
  4. nous aurons étonné
  5. vous aurez étonné
  6. ils auront étonné

Subjonctif

Présent

  1. j'étonne
  2. tu étonnes
  3. il étonne
  4. nous étonnions
  5. vous étonniez
  6. ils étonnent

Imparfait

  1. j'étonnasse
  2. tu étonnasses
  3. il étonnât
  4. nous étonnassions
  5. vous étonnassiez
  6. ils étonnassent

Passé

  1. j'aie étonné
  2. tu aies étonné
  3. il ait étonné
  4. nous ayons étonné
  5. vous ayez étonné
  6. ils aient étonné

Plus-que-parfait

  1. j'eusse étonné
  2. tu eusses étonné
  3. il eût étonné
  4. nous eussions étonné
  5. vous eussiez étonné
  6. ils eussent étonné

Conditionnel

Présent

  1. j'étonnerais
  2. tu étonnerais
  3. il étonnerait
  4. nous étonnerions
  5. vous étonneriez
  6. ils étonneraient

Passé

  1. j'aurais étonné
  2. tu aurais étonné
  3. il aurait étonné
  4. nous aurions étonné
  5. vous auriez étonné
  6. ils auraient étonné

Impératif

Présent

  1. étonne
  2. étonnons
  3. étonnez

Passé

  1. aie étonné
  2. ayons étonné
  3. ayez étonné

Formes impersonnelles

Infinitif présent
étonner
Participe présent
étonnant
Participe passé
étonné

Citation

Va la voir de ma part, et tâche à l'étonner ; Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner
Pierre Corneille, Théod. II, 7

Origine du mot

Faisait estoner en ancien français, du latin populaire *extonare, avec changement de préfixe, du latin adtonare (« frapper de la foudre, frapper de stupeur »→ voir é- et tonner).

Dans le dictionnaire latin : extonare

1873 — le Littré

ÉTONNER v. a. (é-to-né)

1 Causer un ébranlement. Le coup lui a étonné la tête. encore relevé aujourd’hui

Terme de vétérinaire. Se dit du sabot d'un cheval qui se heurte violemment à quelque obstacle. Ce cheval s'est étonné le pied.

Terme de mineur. Étonner la roche, allumer un bûcher auprès, afin d'en rendre l'abattage plus facile.

Terme de métier. Faire fendiller, en le chauffant, le sable destiné à la fabrication du cristal.

Étonner un diamant, y faire une fêlure.

Il se dit aussi du drap qu'on tire trop.

  • Si on étonne la pièce entière à force de la tirer, et si on en dissout tout l'assemblage en la contraignant par une extension violente à donner 24 aunes au lieu de 18 ou 20 — Dict. des arts et m. Drapier

2Fig. Causer un ébranlement moral. encore relevé aujourd’hui

  • Va la voir de ma part, et tâche à l'étonner ; Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner — CORN., Théod. II, 7
  • Trop de vérité nous étonne — PASC., dans COUSIN
10 autres citations
  • Ma faiblesse n'a point étonné mon ambition — ID., ib.
  • On le vit étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups — BOSSUET, Louis de Bourbon
  • Au conseil comme au sceau, la multitude, la variété, la difficulté des affaires n'étonnaient jamais ce grand magistrat — ID., le Tellier
  • Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés ? — ID., 1er serm. pour le vendredi saint, III
  • Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne — BOILEAU, Sat. I
  • Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits ! — ID., Poésies div. 6
  • Observons Bajazet, étonnons Atalide — RAC., Bajaz. III, 8
  • Le sang d'Alcide est beau, mais n'a rien qui m'étonne — VOLT., Mér. I, 3
  • L'aspect du souverain n'étonna point ce traître — ID., Henr. V
  • La Grèce avait été bien étonnée par le premier Philippe, Alexandre et Antipater, mais non pas subjuguée — MONTESQ., Rom. v.

Absolument.

  • Les grandes choses étonnent et les petites rebutent — LA BRUY., XII

3 Causer, en qualité d'extraordinaire, de singulier, d'inattendu, une certaine sensation. Les exploits de ce héros étonnent l'univers. encore relevé aujourd’hui

  • Ils [les philosophes] étonnent le commun des hommes ; ils [les chrétiens] étonnent les philosophes — PASC., dans COUSIN
  • L'éternité des choses en elles-mêmes ou en Dieu doit encore étonner notre petite durée — ID., ib.
1 autre citation
  • .... La nouvelle en ce cas M'étonne bien un peu, mais ne me change pas — PIRON, Métrom. v, 11

Absolument.

  • Ces œuvres marquaient le pouvoir de bien faire plutôt que la volonté d'étonner ; c'étaient des vertus plus que des miracles — J. J. ROUSS., Lettres de la montagne, 3

4 S'étonner, v. réfl. Se dit d'une voûte, lorsque étant surchargée, elle paraît s'affaiblir par le poids.

5 Ressentir un ébranlement moral, hésiter, s'effrayer. encore relevé aujourd’hui

  • Encore voyons-nous des gens qui attendent pour s'étonner que la mauvaise fortune soit venue — BALZ., 5e disc. sur la cour.
  • Ne vous étonnez point de ce qui est arrivé ; mais au nom de Dieu, que cela vous serve pour prévoir et prévenir à l'avenir semblables inconvénients — RICHELIEU, Lett. à M. de Châtillon, 14 juin 1638
3 autres citations
  • Quoique le mien [courage] s'étonne à ces rudes alarmes — CORN., Hor. I, 1
  • Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne ! — RAC., Athal. I, 2
  • Le monstre [Jacques Clément] au même instant tire son coutelas, L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec furie ; Le sang coule, on s'étonne, on s'avance, on s'écrie — VOLT., Henr. v.

6 Trouver étrange, singulier. Je m'étonne de vos manières. encore relevé aujourd’hui

  • Je m'étonne comment je la puis souffrir [une maladie] — VOIT., Lett. 6
  • On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner — LAROCHEF., Max. 384
4 autres citations
  • Vous faut-il étonner de ce que je l'ignore ? — CORN., Hor. III, 2
  • C'est de quoi s'étonner — ID., Héracl. v, 7
  • J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste — RAC., Baj. III, 1
  • Je me suis étonné de son peu d'allégresse — ID., Phèd. IV, 1

Ne pas s'étonner si, ne pas s'étonner de ce que. Je ne m'étonne pas s'il n'a pu venir.

  • Faut-il s'étonner s'il n'a pu venir ? Je ne m'étonne pas si je romps tes attentes — MOL., l'Ét. III, 5
  • Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille, car j'y prends beaucoup d'intérêt — ID., le Fest. de P. IV, 3
2 autres citations
  • Ne vous étonnez pas si je m'adresse à vous — RAC., Athal. III, 4
  • Faut-il s'étonner s'ils ne sont point aimés, puisqu'ils n'aiment rien que leurs grandeurs et leurs plaisirs ? — FÉN., Tél. XII

S'étonner que, avec le verbe suivant au subjonctif. Faut-il s'étonner qu'il ne soit pas aimé ? Je m'étonne que vous n'ayez pas prévu cet accident.

  • Il fallait qu'elle [cette feinte] cessât bientôt sans doute, et je m'étonne seulement qu'elle ait pu durer la moitié d'un jour — MOL., Princ. d'Él. v, 2
  • Je ne m'étonne pas que des hommes qui s'appuient sur un atome chancellent dans les moindres efforts qu'ils font pour sonder la vérité — LA BRUY., XVI
2 autres citations
  • Mais je m'étonne enfin que pour reconnaissance, Pour prix de tant d'amour, de tant de confiance, Vous ayez si longtemps par des détours si bas.... — RAC., Baj. v, 4
  • Ne faut-il pas s'étonner au contraire Qu'il en en ait si longtemps différé le salaire ? — ID., Esth. III, 1

Il peut se dire aussi avec l'indicatif.

  • Il s'est étonné que je n'ai rien vu de tout cela — BALZ., Lett. à Chapelain, 8 janv. 1640

S'étonner de, avec le verbe à l'infinitif.

  • [Les gens] S'étonnaient de voir que Martin Chassât les lions au moulin — LA FONT., Fabl. v, 21
Historique

XIe s.

  • Granz fu li cops, li duz [le duc] en estonad [en fut étonné] — Ch. de Rol. CCL

XIIe s.

  • Par nous vous mande n'en soiez estoné — Ronc. p. 123
  • [Elle] Nel conut [son fils], ne s'estone mie Cum faitement il est en vie — Grégoire le Grand, p. 113

XIIIe s.

  • Dou fau [fou] moine qui de la noise Est abaubis et estonés.... — G. DE COINSI, Du cierge.
  • Tel cop lez l'oreille li done, Tote la teste li estone — Ren. 14902
3 autres citations
  • Le chief [la tête] ai vuit et estoné Du duel, et de l'ire, et del pens [pensée] Dont tot est desvoiez mon sens — ib. 15898
  • Sire Renart tel li redone, Que toute la fosse en estone [retentit] — Ren. 612
  • Nepurquant li reis sus se leve, Pur la grant este d'icel jur Se feint e cuvre sa dolur ; Mais la feblesce tut l'estune — Édouard le conf. v. 3640

XIVe s.

  • Nous avons de bon vin le cervel estonné, Si en seront plus fort dedens l'estour morté [mortel] — Guesclin. 22159

XVe s.

  • Si en doibs parcourir la terre, faire retentir les cieulx, estonner bois, roches et montaignes par force de cris — G. CHASTEL., Chr. du duc Philippe, Introduct.
  • Si prirent à lancer si grosses pierres d'engins et de canons contre les murs que tous les estonnerent, et si druement que l'un coup n'attendoit pas l'autre — ID., Boucic. I, 28
1 autre citation
  • Plus estonné que le premier coup de matines — Perceforest, t. III, f° 117

XVIe s.

  • Ô bien heureux qui de rien ne s'estonne, Et ne pallist, quand le ciel iré tonne — DU BELLAY, II, 71, recto.
  • L'yvrongnerie renverse l'entendement, et estonne le corps — MONT., II, 12
2 autres citations
  • Toutesfois il fut plus surpris qu'estonné : car ayant retranché et rempli les passages.... — D'AUB., Hist. I, 190
  • Ledit navire toucha en terre, et de ce heurt la quille et gaborts s'estonnerent, de sorte que les joints des planches s'ouvrirent tant que.... — M. DU BELLAY, 597
Étymologie

Wallon, estener, estoner, du lat. ex-tonare, ébranler comme par un coup de tonnerre, d'après Diez ; étymologie qui est confirmée par l'historique où l'on trouve estoner au sens de retentir, et qui rejette la dérivation germanique : angl. to stun, étourdir ; anglo-sax. stunian. Extonare est une forme romane au lieu de la forme latine attonare, frapper de la foudre, étonner. Diez y voit encore ex-tonare, à cause qu'en italien tonare et tronare (in-tronare, étourdir) sont identiques ; mais il est probable que dans estorner nous avons le représentant de l'ancien haut allemand stornên, étonner.

  • Il y a une autre forme, estorner : Estornez fu [du coup] Nemes li combatant — Ronc. p. 139
Supplément au dictionnaire

ÉTONNER. Ajoutez : - REM. Étonner a été employé impersonnellement. Il vous étonne, c'est-à-dire vous vous étonnez. Cet emploi est peu usité ; mais il n'a rien d'incorrect ; il est même élégant ; comparez : il vous ennuie que....

  • Ah ! voilà.... il vous étonne que j'aie pu découvrir cela ? c'est toute une histoire... — Revue des Deux-Mondes, 1er avril 1872, p. 679

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

stupéfier surprendre trouer le cul

Dérivés

étonnant étonnement réétonner tu m’étonnes tu m’étonnes, John

Associés

baba bouche bée jouer les étonnés les bras m’en tombent sur le cul tomber en bas de sa chaise

Famille morphologique

étonnement

Prononciation

Homophones

étonné

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « étonner » du Wiktionnaire.

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