accoutrer
- nature
- verbe
- diction
- [akutʁe]
Sens et définitions
verbe 4
- (Vieilli sauf au canada) Habiller, parer, vêtir
- Vêtir d’une façon ridicule
- (Figuré) Maltraiter en paroles ou en actes
- Mettre du linge au sale
Origine du mot
Berry, accoustrer (l's se prononce) ; bourguig. écoutrai ; provenç. acotrar. Mot d'origine obscure. Sylvius le tire de adconsternere ; Caseneuve, de cultellatus qui, dans le moyen âge, a signifié plissé, vestis cultellata, habillement plissé, et, de là, habillement en général ; mais rien n'indique que ce mot ait passé dans la langue vulgaire. D'autres le tirent de cotte, jupe, ancien allemand chozza. Génin le tire de coustre, cuistre, custos : Accoutrer, dit-il, c'est arranger, mettre en ordre, comme faisoit le coustre des ornements de l'église. On peut penser, à cause du sens et de l'orthographe, à coudre, cousu, cousture ; et Diez a donné cette étymologie. Il y a pourtant une objection : c'est le provençal acotrar, qui, dans cette hypothèse, devrait être acostrar. Il faut remarquer que les exemples cités par Raynouard appartiennent seulement à la Chronique des Albigeois, écrit qui est du XIIIe siècle ; on pourrait supposer qu'il est venu du français dans le provençal : mais cela n'est qu'une conjecture, et l'étymologie de accoutrer reste incertaine. — Littré, 1873
1873 — le Littré
ACCOUTRER v. a. (a-kou-tré)
1 Mettre des habits sur le corps de quelqu'un. On l'a plaisamment accoutré.
2Fig. Maltraiter en paroles ou en actes. Pendant son absence, on a parlé de lui, et on l'a accoutré de toutes pièces. repris par le Wiktionnaire
- Le pèlerin.... de horions laidement l'accoutra — LA FONT., Contes, coc.
3 S'accoutrer, v. réfl. Cette femme n'a pas de goût, elle s'accoutre ridiculement.
Historique
XIIIe s.
- Luxure confond tout là où ele s'acoutre — J. DE MEUNG, Test. 1809
XVe s.
- Et ses divers tours m'a monstrez, Biens et maulx ensemble accoustrez, Non pas petis, mais tous oultrez — AL. CHARTIER, Livre des quatre Dames.
- Car d'eulx vous prenez la matiere, Et des cieulx la forme premiere Pour quanque soit que labeuriez, Ou à vos labeurs accoustriez — l'Alch. à Nat. 42
3 autres citations
- Quelque deux mille lances.... qui n'estoient point si bien acoustrez que ceulx de dedans Paris pour la longue paix qu'ils avoient eue — COMM., I, 8
- Les mieulx parés et acoustrez qui pourroient estre — ID., II, 4
- Luy fist faire quatre grosses nefz qu'il luy fist acoustrer au port de la Vere [Hollande] — ID., III, 6
XVIe s.
- Ils leur permettoient d'accoustrer leurs cheveux et embellir leurs armes et leurs habillemens — AMYOT, Lyc. 46
- Pisistratus donna à entendre que ce avoient esté ses ennemis, qui l'avoient ainsi mal accoustré [blessé] — ID., Sol. 63
3 autres citations
- Il fit aussi accoustrer et fortifier le fort de Piraee — ID., Thém. 38
- Toutes sortes de viandes exquisement accoustrées — ID., Lucull. 80
- Ses gens lui avoient fait accoustrer à disner — CARL., III, 12
Étymologie
Berry, accoustrer (l's se prononce) ; bourguig. écoutrai ; provenç. acotrar. Mot d'origine obscure. Sylvius le tire de adconsternere ; Caseneuve, de cultellatus qui, dans le moyen âge, a signifié plissé, vestis cultellata, habillement plissé, et, de là, habillement en général ; mais rien n'indique que ce mot ait passé dans la langue vulgaire. D'autres le tirent de cotte, jupe, ancien allemand chozza. Génin le tire de coustre, cuistre, custos : Accoutrer, dit-il, c'est arranger, mettre en ordre, comme faisoit le coustre des ornements de l'église. On peut penser, à cause du sens et de l'orthographe, à coudre, cousu, cousture ; et Diez a donné cette étymologie. Il y a pourtant une objection : c'est le provençal acotrar, qui, dans cette hypothèse, devrait être acostrar. Il faut remarquer que les exemples cités par Raynouard appartiennent seulement à la Chronique des Albigeois, écrit qui est du XIIIe siècle ; on pourrait supposer qu'il est venu du français dans le provençal : mais cela n'est qu'une conjecture, et l'étymologie de accoutrer reste incertaine.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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