aride

nature
adj
diction
[aʁid] · 2 syllabes
attesté
Au plus tard au XIIIᵉ siècle
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 4

  1. figuré Très sec, qui est dépourvu d’intérêt, qui manque de sensibilité.
    • Il n'y a rien de plus aride que ses bonnes grâces. Molière, L’Avare, II, 5.
3 emplois spécialisés
  1. Climatologie Qualifie un milieu ou un climat très sec, caractérisé par une absence ou une très faible quantité d’humidité limitant fortement la végétation.
    • La vérité est que je n’ai jamais vu de terrains si dénudés, si arides, à tel point réfractaires à la végétation, […]. Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre VI, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1892
  2. Histoire naturelle vieilli Se dit d’une surface qui présente une certaine sécheresse et âpreté au doigt.
  3. Géologie (En parlant d'un sol, d'un terrain) dépourvu d'humidité, sec.

Citation

Ordonnez encore une fois à ces ossements arides de se ranimer
Jean-Baptiste Massillon, Car. Lazare.

Origine du mot

Du moyen français aride, de l’ancien français aride – refait d’après l’étymon latin en remplacement d’une forme populaire are (XIIIᵉ siècle) – du latin āridus (« aride, sec »), dérivé de āreo (« être sec »).

Dans le dictionnaire latin : āridus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ARIDE adj. (a-ri-d')

1 Dépourvu d'humidité, stérile. Terre aride. encore relevé aujourd’hui

  • D'un aride rocher fit sortir des ruisseaux — RAC., Athal. I, 4
  • Pour languir aux déserts de l'aride Arabie — VOLT., Zaïre, III, 1
2 autres citations
  • Ordonnez encore une fois à ces ossements arides de se ranimer — MASS., Car. Lazare.
  • Son corps aride [de saint Benoît] et exténué de mortifications et de souffrances, ne paraît plus se soutenir que par la grandeur de sa foi — ID., St Benoît.

Fig. Esprit aride. Sujet aride. âme aride. Style aride.

  • Mais quoi ! toute beauté Se flétrit sous les doigts de l'aride vieillesse — A. CHÉN., Élég. 33
  • Il n'y a rien de plus aride que ses bonnes grâces — MOL., Avare, II, 5
1 autre citation
  • Il vient des temps de sécheresse et de langueur, où l'on fait d'arides réflexions — ST-ÉVREMONT, in-4°, p. 533

2Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une surface qui présente une certaine sécheresse et âpreté au doigt. repris par le Wiktionnaire

Historique

XIIIe s.

  • Ce est ou desert qui est ares et ses [sec] — Psautier, f° 94

XVe s.

  • À boire, à boire vistement ! Je vueil tenir ma gorge humide, De paour de mourir pauvrement, Comme nos choux, sec et aride — BASSELIN, XVII

XVIe s.

  • Le pays de Champaigne est si ayre et infertile qu'à peine les trois parts des terres peuvent porter de l'herbe — Anc. proc. verb. des coutumes de Troyes, dans Nouv. Cout. gén. t. III, p. 293
  • Leurs viandes sont ares et aigres, et de peu de substance — DU FOUILLOUX, Vén. f° 18, verso.
2 autres citations
  • Le vent de galerne est arre, froid, dessechant grandement — ID., ib. f° 44, verso.
  • La langue sera aride et seche — PARÉ, XVIII, 65
Étymologie

Aridus, de areo, être sec. L'ancien français disait are, qui est la forme véritable de áridus, qui a l'accent sur a. Aride a été refait sur le latin au XVe et au XVIe siècle.

Supplément au dictionnaire

ARIDE. Ajoutez :

3Fig. Aride de, privé de.

  • Quoiqu'elle [la duchesse du Maine] eût soutenu sa captivité avec courage, et que, pour en supporter l'ennui, elle se fût prêtée à tous les amusements que pouvaient fournir des lieux si arides de plaisirs — STAAL, Mém. t. II, p. 265

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « aride » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire · Signaler une erreur sur cette fiche