figuré Très sec, qui est dépourvu d’intérêt, qui manque de sensibilité.
Il n'y a rien de plus aride que ses bonnes grâces.Molière, L’Avare, II, 5.
3 emplois spécialisés
Climatologie
Qualifie un milieu ou un climat très sec, caractérisé par une absence ou une très faible quantité d’humidité limitant fortement la végétation.
La vérité est que je n’ai jamais vu de terrains si dénudés, si arides, à tel point réfractaires à la végétation, […].Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre VI, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1892
Histoire naturellevieilli Se dit d’une surface qui présente une certaine sécheresse et âpreté au doigt.
Géologie
(En parlant d'un sol, d'un terrain) dépourvu d'humidité, sec.
Citation
Ordonnez encore une fois à ces ossements arides de se ranimer
Jean-Baptiste Massillon, Car. Lazare.
Origine du mot
Du moyen français aride, de l’ancien français aride – refait d’après l’étymon latin en remplacement d’une forme populaire are (XIIIᵉ siècle) – du latin āridus (« aride, sec »), dérivé de āreo (« être sec »).
1 Dépourvu d'humidité, stérile. Terre aride. encore relevé aujourd’hui
D'un aride rocher fit sortir des ruisseaux — RAC., Athal. I, 4
Pour languir aux déserts de l'aride Arabie — VOLT., Zaïre, III, 1
2 autres citations
Ordonnez encore une fois à ces ossements arides de se ranimer — MASS., Car. Lazare.
Son corps aride [de saint Benoît] et exténué de mortifications et de souffrances, ne paraît plus se soutenir que par la grandeur de sa foi — ID., St Benoît.
Mais quoi ! toute beauté Se flétrit sous les doigts de l'aride vieillesse — A. CHÉN., Élég. 33
Il n'y a rien de plus aride que ses bonnes grâces — MOL., Avare, II, 5
1 autre citation
Il vient des temps de sécheresse et de langueur, où l'on fait d'arides réflexions — ST-ÉVREMONT, in-4°, p. 533
2Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une surface qui présente une certaine sécheresse et âpreté au doigt. repris par le Wiktionnaire
Historique
XIIIe s.
Ce est ou desert qui est ares et ses [sec] — Psautier, f° 94
XVe s.
À boire, à boire vistement ! Je vueil tenir ma gorge humide, De paour de mourir pauvrement, Comme nos choux, sec et aride — BASSELIN, XVII
XVIe s.
Le pays de Champaigne est si ayre et infertile qu'à peine les trois parts des terres peuvent porter de l'herbe — Anc. proc. verb. des coutumes de Troyes, dans Nouv. Cout. gén. t. III, p. 293
Leurs viandes sont ares et aigres, et de peu de substance — DU FOUILLOUX, Vén. f° 18, verso.
2 autres citations
Le vent de galerne est arre, froid, dessechant grandement — ID., ib. f° 44, verso.
La langue sera aride et seche — PARÉ, XVIII, 65
Étymologie
Aridus, de areo, être sec. L'ancien français disait are, qui est la forme véritable de áridus, qui a l'accent sur a. Aride a été refait sur le latin au XVe et au XVIe siècle.
Supplément au dictionnaire
ARIDE. Ajoutez :
3Fig. Aride de, privé de.
Quoiqu'elle [la duchesse du Maine] eût soutenu sa captivité avec courage, et que, pour en supporter l'ennui, elle se fût prêtée à tous les amusements que pouvaient fournir des lieux si arides de plaisirs — STAAL, Mém. t. II, p. 265
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0).Édition papier :
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