carcan

nature
nom masculin
diction
[kaʁkɑ̃] · 2 syllabes
attesté
1401
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Chaine de fer, collier, souvent fixé à un poteau ou au sol, que l'on mettait aux galériens pour qu'ils ne s'échappent pas.
  2. vieilli Collier de bois que l’on mettait aux animaux pour les empêcher de traverser les haies.
  3. figuré Joug, ce qui emprisonne.
  4. vieilli Chaine ou collier d’or, de perles ou de pierreries.
    • Ces riches carcans, ces colliers Et cette pompe enchanteresse Ne valent pas un des baisers Que tu donnais dans ta jeunesse. Voltaire
  5. figuré Contrainte.
    • De rappeler qu’un jour, la vie reviendra. Que nous pourrons cesser d’être pris dans ce carcan et serrer de nouveau nos proches dans nos bras. Karine Gagnon, Au bout du tunnel, Le Journal de Québec, 22 novembre 2020
  6. Vieux cheval.
    • — Mais ne bouge pas de là, sans quoi je te démolis toi et ton carcan. Léon Bloy, Le Ramasseur de crottin, dans Sueur de sang, 1893
1 emploi spécialisé
  1. Histoire Cercle de fer ou plaque en bois avec des trous pour le cou et les poignets avec lequel on attachait par le cou à un poteau certains criminels condamnés au pilori.
    • La rigidité du corps auquel il appartenait, se mariant avec une sévérité innée, l'emprisonnait dans un carcan de dogmatisme. Joseph Caillaux, Mes Mémoires: (I) Ma jeunesse orgueilleuse., 1942

Citation

Une femme cria fort haut ; les archers la saisirent et la mirent indiscrètement à un carcan voisin
Saint-Simon, 244, 2

Origine du mot

Au XIIᵉ siècle charcanz, cherchant. Littré explique : « le mot fait carcan en provençal, en italien carcame (« carcasse »). Ménage le rattache au mot grec qui a la signification de tenailles ; mais on ne voit pas comment il serait venu dans les langues romanes. Raynouard le rattache au latin carcer (« prison »), ainsi que le provençal carcol (« collier ») ; mais comment carcer donnerait-il carcan ou carcol ? La vraie étymologie est celle que donne Diez : l’ancien haut allemand querca, le norrois qverk (« cou, gosier »), l’anglais querk (« étrangler »). M. Bugge — (Romania, nᵒ 10, p. 146), complète l'étymologie donnée par Diez, en expliquant la finale -an, -ant : qverk, « cou, gosier », et band, « lien » ; kverkband, « jugulaire, mentonnière », se trouve en islandais ; carquebant ou carcbant est passé à carcant. » Cette étymologie fait difficulté des points de vue phonétique et chronologique. L’ancien français a aussi carcaille (« carcan ») qui ne peut être expliqué par carcbant. Il est peut-être à rapprocher de cerce (« cercle »), cerchier (« chercher », étymologiquement « cercler, encercler ») devenu dialectalement charcher → voir charquemeneur et cerquemaneur. L’occitan carcan a aussi le sens de « noix » qui est dans cerneau.

Dans le dictionnaire latin : carcer

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CARCAN s. m. (kar-kan)

1 Collier de fer fixé à un poteau pour y attacher un condamné. La peine du carcan a été supprimée en 1832.

  • Une femme cria fort haut ; les archers la saisirent et la mirent indiscrètement à un carcan voisin — SAINT-SIMON, 244, 2
  • La mauvaise famille est du Maine et de Caen ; Oui, tous ces forçats-là méritent le carcan — REGNARD, Légat. III, 8

2 Sorte de collier de bois qu'on met aux cochons pour les empêcher de se frayer passage à travers les haies. encore relevé aujourd’hui

3 Sorte de collier de pierreries.

  • Ces riches carcans, ces colliers Et cette pompe enchanteresse Ne valent pas un des baisers Que tu donnais dans ta jeunesse — VOLT., Épître 28
  • Les méchants portent l'orgueil à leur cou comme un carcan d'or — CHATEAUBR., Mart. 92
Historique

XIIe s.

  • Celui qui tient carcan — Th. le mart. 73
  • Un grant cherchant li ont au col lanciet ; Li enfes pleure, ne se set consellier — Raoul de C. 307

XIIIe s.

  • Un grant charchant [il] li fait el col lacier — Aubery, dans DU CANGE, carcannum
  • En buies et en grans carcans — Ren. t. II, p. 192, V. 1739

XVe s.

  • Et durant la vie du dit duc de Brabant, y eut un nommé Jean Chevalier qui voulut mettre à icelui duc un carquant au cou — MONSTRELET, II, 41

XVIe s.

  • Les capporaulx sont tenus de l'attacher eux-mesmes au carquan ou collier — CARLOIX, IV, 13
  • Un carcan, esmeraudé de perles et de rubis — DE LABORDE, Émaux, p. 195
Étymologie

Provenç. carcan ; bas-lat. carcannum ; ital. carcame. Ménage le rattache au grec ϰαρϰίνος qui a la signification de tenailles ; mais on ne voit pas comment il serait venu dans les langues romanes. Raynouard le rattache à carcer, prison, ainsi que le provençal carcol, collier ; mais comment carcer donnerait-il carcan ou carcol ? La vraie étymologie est celle que donne Diez : anc. Haut allem. querca ; anc. scandin. qverk, cou, gosier.

Supplément au dictionnaire

CARCAN. - ÉTYM. Ajoutez : M. Bugge, Romania, n° 10, p. 146, complète l'étymologie donnée par Diez, en expliquant la finale an, ant : qverk, cou, gosier, et band, lien ; kverkband, jugulaire, mentonnière, se trouve dans la littérature ancienne de l'Islande ; carquebant ou carcbant a passé à carcant.

CARCAN2 s. m. (kar-kan)

Terme d'écurie. Mauvais cheval.

  • Cette rosse-là a été, comme une demi-douzaine d'autres carcans de son espèce, envoyée au roi l'an passé par je ne sais pas quel mamamouchi d'un pays du côté des Turcs — E. SUE, Godolphin-Arabian, ch. 2e.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « carcan » du Wiktionnaire.

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