coursier
- nature
- nom masculin
- diction
- [kuʁsje] · 2 syllabes
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
littéraire Cheval grand et beau.
- Puis, s’approchant du coursier, il se mit en selle sans l’aide de l’étrier, […]. Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
4 emplois spécialisés
- Marine Canon de chasse des chaloupes canonnières, etc., lequel est placé à l’avant.
- Hydraulique Passage qu’on donne à l’eau, entre deux rangs de pieux, pour la conduire à la roue d’un moulin.
- Commerce Personne qui fait les courses pour un commerce ou une administration. Personne qui livre de petits colis et des enveloppes.
- Radiodiffusion Personne chargée dans les bureaux ou les studios de faire les courses pour le personnel.
Adjectif 1
-
Qui concerne les courses, les achats dans les magasins.
- Vous n’avez que pitié pour l’amazone domestique qui vous dépasse. Frénétique elle remplit sa mission coursière avec une frénésie qui semble un reproche – pas un regard inutile, pas une hésitation, une abeille dans sa ruche. Philippe Delerm, L’extase du selfie – Conduire un caddie, Seuil, 2019, page 60
Citation
Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint, Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint
Origine du mot
Provenç. corsier ; espagn. corcel ; ital. corsiere ; bas-lat. corserius ; du latin cursus (voy. COURSE). — Littré, 1873
1873 — le Littré
COURSIER s. m. (kour-sié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des kour-sié-z ardents)
1 Grand et fort cheval de tournoi ou de bataille. encore relevé aujourd’hui
Poétiquement, un noble et beau cheval.
- Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint, Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint — BOILEAU, Épît. IV
- On vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage, Rendre docile au frein un coursier indompté — RAC., Phèd. I, 1
3 autres citations
- Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix — ID., ib. II, 2
- Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix — ID., ib. V, 6
- Et fier de porter l'homme et sensible à sa gloire, Le coursier partagea l'orgueil de la victoire — DELILLE, Homme des champs, IV
Fig.
- Le sang remonte à son front qui grisonne, Le vieux coursier a senti l'aiguillon — BÉRANG., V, sergent
Par plaisanterie.
- Un ânier, son sceptre à la main, Menait en empereur romain Deux coursiers à longues oreilles — LA FONT., Fabl. II, 10
2 Dans la marine ancienne, passage de la proue à la poupe, dans une galère, entre les bancs des forçats.
Le canon qui, placé sous le coursier, faisait feu par la proue.
Dans la marine actuelle, canon de chasse placé à l'avant.
3 Conduit qui, amenant l'eau d'un biez de moulin, la fait passer au-dessous de la roue. encore relevé aujourd’hui
Synonyme
COURSIER, CHEVAL. Cheval est le nom simple de l'espèce sans aucune idée accessoire. Coursier renferme l'idée d'un cheval courageux et brillant. Coursier est tellement propre à la poésie ou à la haute éloquence, que l'emploi de ce mot dans le style ordinaire suffit à rendre ridicule celui qui s'en sert, à moins qu'il ne le fasse par moquerie.
Historique
XIIe s.
- Quant il se voit sor son cheval corsier — Ronc. p. 40
- Et maint cheval corsier, sor et bai et bauçant — Sax, t. I, p. 88
XIIIe s.
- Et les chevaliers que le roy avoit mis en ses courciers [sorte de navire] pour nos malades deffendre, s'enfouirent — JOINV., 239
XVe s.
- Si monta au plus tost qu'il put sur fleur de coursier et prit les champs — FROISS., I, I, 103
- Elle remonta sur son coursier, ainsi armée comme elle estoit [la comtesse de Montfort] — ID., I, I, 174
4 autres citations
- Et estoit appelé ce brigand Bacon : et estoit toujours bien monté de bons coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois — ID., I, I, 324
- Le quel coursier qui estoit grand et fort s'escueillit à courir, et emporta le chevalier malgré lui — ID., I, I, 298
- Et avoyent nefs coursieres qui couroient sur les bandes de Normandie pour avoir des nouvelles — ID., liv. II, p. 281, dans LACURNE
- Trois manieres sont de chevaux qui sont Pour la jouste, les uns nommez destriers, Haulz et puissans et qui tres grant force ont ; Et les moyens sont appellez coursiers, Ceulx vont plus tost pour guerre et sont legiers ; Et les derrains sont roncins, et plus bas Chevaulx communs qui trop font de debas, Au labour vont, c'est du gendre villain — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 234, dans LACURNE
XVIe s.
- Douze chevaux coursiers d'Hespaigne — CARL., IV, 12
- Comme ung brave seigneur, monté sur ung furieux coursier — ID., VI, 11
2 autres citations
- Si se heurterent les deux coursiers de front — AMYOT, Eum. 13
- Au baron appartient l'espace du faucon et du destrier ; et est entendu destrier un grand cheval de guerre, coursier ou cheval de lance — Coust. génér. t. II, p. 65
Étymologie
Provenç. corsier ; espagn. corcel ; ital. corsiere ; bas-lat. corserius ; du latin cursus (voy. COURSE).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « coursier » du Wiktionnaire.