crûment
- nature
- adv
- diction
- [kʁymɑ̃] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Adverbe 1
-
D’une manière sèche et dure, sans aucun ménagement, sans prendre la peine d’adoucir ce qu’il y a de blessant dans ce qu’on a à dire.
- Hulot m’a donné le droit, comme je vous disais, de poser le marché, tout crûment, et il ne se fâchera pas. Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846
Citation
Mademoiselle, personne n'est encore mort de votre absence, hormis moi ; et je ne crains point de vous le dire aussi crûment, parce que je crois que vous ne vous en souciez guère
Origine du mot
Crû pour crue, et le suffixe ment. — Littré, 1873
1873 — le Littré
CRÛMENT adv. (kru-man)
D'une manière crue, sans ménagement ni correctif. encore relevé aujourd’hui
- Mademoiselle, personne n'est encore mort de votre absence, hormis moi ; et je ne crains point de vous le dire aussi crûment, parce que je crois que vous ne vous en souciez guère — VOIT., Lett. 110
- Ne lui laissez point penser tout crûment qu'on la sacrifie — SÉV., 441
5 autres citations
- Oui, pour vous, dit Cloris, qui passez cinquante ans... Car, pour vous découvrir le fond de ma pensée, Je me plais aux livres d'amour. Cloris eut quelque tort de parler si crûment — LA FONT., Ballade.
- Je sens qu'un prince très délicat sur la charité du prochain pourrait s'effaroucher aisément de ce qui est dit un peu crûment par rapport à sa délicatesse — SAINT-SIMON, 265, 66
- Non d'un vrai sec et crûment historique, Mais de ce vrai moral et théorique, Qui, nous montrant les hommes tels qu'ils sont, De notre cœur nous découvre le fond — J. B. ROUSS., Ép. II, 4
- Rendre crûment la vérité commune est le talent d'un ouvrier ; faire mieux que n'a fait la nature elle-même et l'embellir en l'imitant est l'art réservé au génie — MARMONT., Élém. litt. Œuvres, t. VII, p. 45, dans POUGENS
- Les femmes, à qui l'on reproche tout crûment dans les Harangueuses [d'Aristophane] de se soûler, de ferrer la mule et bien d'autres espiègleries — ID., ib. t. IX, p. 398
Historique
XVIe s.
- Ce propos, encore qu'il soit dit un peu trop cruement et temerairement, pourroit sembler veritable — AMYOT, Phoc. 1
Étymologie
Crû pour crue, et le suffixe ment.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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