dénier
- nature
- ver
- diction
- [denje] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 2
-
Ne pas vouloir reconnaître un fait comme vrai. Il est principalement usité en termes de jurisprudence.
- Au premier interrogatoire, il avait fait plusieurs aveux, plus tard il a tout dénié.
-
Ne pas vouloir accorder quelque chose que la bienséance, l’honnêteté, l’équité, la justice exige qu’on accorde.
- L’islam radical,[…], peut conduire à une cruelle répression. Des hommes qui refusent de brider leur raison seront taxés de Satans et se verront dénier leurs droits et leur qualité d’hommes. Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 112
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je dénie
- tu dénies
- il dénie
- nous dénions
- vous déniez
- ils dénient
Imparfait
- je déniais
- tu déniais
- il déniait
- nous déniions
- vous déniiez
- ils déniaient
Passé simple
- je déniai
- tu dénias
- il dénia
- nous déniâmes
- vous déniâtes
- ils dénièrent
Futur simple
- je dénierai
- tu dénieras
- il déniera
- nous dénierons
- vous dénierez
- ils dénieront
Passé composé
- j'ai dénié
- tu as dénié
- il a dénié
- nous avons dénié
- vous avez dénié
- ils ont dénié
Plus-que-parfait
- j'avais dénié
- tu avais dénié
- il avait dénié
- nous avions dénié
- vous aviez dénié
- ils avaient dénié
Passé antérieur
- j'eus dénié
- tu eus dénié
- il eut dénié
- nous eûmes dénié
- vous eûtes dénié
- ils eurent dénié
Futur antérieur
- j'aurai dénié
- tu auras dénié
- il aura dénié
- nous aurons dénié
- vous aurez dénié
- ils auront dénié
Subjonctif
Présent
- je dénie
- tu dénies
- il dénie
- nous déniions
- vous déniiez
- ils dénient
Imparfait
- je déniasse
- tu déniasses
- il déniât
- nous déniassions
- vous déniassiez
- ils déniassent
Passé
- j'aie dénié
- tu aies dénié
- il ait dénié
- nous ayons dénié
- vous ayez dénié
- ils aient dénié
Plus-que-parfait
- j'eusse dénié
- tu eusses dénié
- il eût dénié
- nous eussions dénié
- vous eussiez dénié
- ils eussent dénié
Conditionnel
Présent
- je dénierais
- tu dénierais
- il dénierait
- nous dénierions
- vous dénieriez
- ils dénieraient
Passé
- j'aurais dénié
- tu aurais dénié
- il aurait dénié
- nous aurions dénié
- vous auriez dénié
- ils auraient dénié
Impératif
Présent
- dénie
- dénions
- déniez
Passé
- aie dénié
- ayons dénié
- ayez dénié
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- dénier
- Participe présent
- déniant
- Participe passé
- dénié
Citation
Son plus grand regret, C'est de voir que César sait tout votre secret : En vain il le dénie et le veut méconnaître
Origine du mot
Provenç. denegar, deneyar, desnegar, desnedar ; espagn. denegar ; ital. dinegare ; du latin denegare, de la préposition de, et negare (voy. NIER). La forme dengner, par suppression de l'i bref, est correcte et fort ancienne. Denoier était une forme usitée dans certains dialectes, comme loier et lier, proier et prier, et, dans la langue actuelle, ployer et plier. — Littré, 1873
1873 — le Littré
DÉNIER v. a. (dé-ni-é)
, je déniais, nous déniions, vous déniiez ; que je dénie, que nous déniions, que vous déniiez
1 Nier. non relevé aujourd’hui
- Philotas dénia le crime — VAUGEL., Q. C. liv. VI, dans RICHELET
- Les templiers dénièrent, à la mort, les crimes qu'ils avaient confessés dans les tourments — MÉZERAI, dans RICHELET
6 autres citations
- Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie — CORN., Cinna, II, 1
- Son plus grand regret, C'est de voir que César sait tout votre secret : En vain il le dénie et le veut méconnaître — ID., ib. IV, 6
- Je ne dénierai point, puisque vous les savez, De justes sentiments dans mon âme élevés — ID., Rodog. V, 4
- Les Grecs, les Jacobites et les Nestoriens, à qui il [un ministre protestant] ne dénie pas qu'il n'ait accordé le salut — BOSSUET, Var. 3e avertiss. § 15
- Comment ! chétif mortel, vous déniez vos dettes — REGNARD, le Bal, sc. 13
- Jugeant l'un très capable de dénier ce qu'il devait, et l'autre incapable de demander ce qu'on ne lui devait pas — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. XI, 2e partie, p. 641, dans POUGENS.
2 Refuser. Dénier des aliments. On lui a dénié toute justice. encore relevé aujourd’hui
- Je n'ai pu dénier cet office à leurs larmes — ROTR., St Gen. V, 6
- Je me dénie L'honneur qui ne m'est dû que dans mon Arménie — CORN., Nic. III, 1
6 autres citations
- Le ciel m'a dénié cette philosophie — MOL., Femmes sav. IV, 2
- On ne me peut dénier un rang parmi les auteurs de notre langue — D'ABLANCOURT, Arrien, liv. I, dans RICHELET
- Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie, Sacrifiez Iphigénie — RAC., Iphig. I, 1
- Le ciel vous ravira ce sang qu'on lui dénie — ID., ib.
- La Basse-Bretagne, à laquelle Dieu a dénié la vigne — VOLT., l'Ingénu, 4
- Les soldats d'un régiment, appelés sous serment secret à cette œuvre [décapitation de Charles 1er], dénièrent leurs bras — CHATEAUB., Stuarts, 231
3 Se dénier, v. réfl. Être dénié.
- Ce que veut tout l'État se peut-il dénier ? — ROTR., Vencesl. III, 6
Historique
XIIIe s.
- U il volsist, u il dengnast, Au leu [loup] covint qu'il l'emportast — MARIE, Fable 62
- Dahez [mal à] qui char me denea, Quant ore mangier n'en oson — Ren. 23191
1 autre citation
- S'aucuns heritages est vendus à commune, li sires pot denier le [la] sesine à fere — BEAUMANOIR, L, 16
XIVe s.
- Il denoient ou refusent l'un à l'autre aide et subside — ORESME, Eth. 258
XVe s.
- Il cuidoit que ceux de Valenciennes dussent vuider et là venir combattre ; aussi l'eussent-ils très volontiers fait ; mais messire Henry d'Antoiny, qui la ville avoit à garder, leur deneoit et defendoit — FROISS., I, I, 111
- Le jeune duc n'osa denyer de le lui bailler — COMM., IV, 1
XVIe s.
- Qui fief denie, ou qui à escient fait faux aveu, ou commet felonie, fief perd — LOYSEL, 648
- L'aide de ma bourse ne vous sera desniée, pour.... — LANOUE, 481
2 autres citations
- Il n'y eut pas un de tous ceulx que Ciceron feit executer par justice, à qui on deniast sepulture — AMYOT, Ant. 1
- Aprez avoir attendu quelque temps qu'il [La Boëtie mourant] ne parloit plus et qu'il tiroit des soupirs trenchants pour s'en efforcer, car des lors la langue commenceoit fort à luy denier son office.... — MONT., Lett. V
Étymologie
Provenç. denegar, deneyar, desnegar, desnedar ; espagn. denegar ; ital. dinegare ; du latin denegare, de la préposition de, et negare (voy. NIER). La forme dengner, par suppression de l'i bref, est correcte et fort ancienne. Denoier était une forme usitée dans certains dialectes, comme loier et lier, proier et prier, et, dans la langue actuelle, ployer et plier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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