denrée
- nature
- nom féminin
- diction
- [dɑ̃ʁe] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Tout ce qui se vend pour la nourriture des hommes ou des animaux.
- — Après trois ans de crise, une des denrées qui avaient le plus baissé était la faculté d’enthousiasme du peuple américain. André Maurois, Chantiers américains, 1933
-
vieilli Produit ; marchandise.
- Malgré la popularité de la CAQ au sein de son électorat, il en va de la cohésion de son caucus – une denrée précieuse. Josée Legault, Sauver le soldat Caire, mais à quel prix?, Le Journal de Québec, 24 avril 2023
-
figuré Personne sans intérêt, vaurien.
- Voilà, ma vieille denrée. Bon voyage ! Louis de Funès, La Soupe aux choux (film), 1981
Citation
Si l'on emploie des soins dispendieux ou pénibles pour conserver une denrée plus longtemps, c'est seulement parce que l'augmentation du prix de la denrée doit récompenser de ces soins
Origine du mot
Berry, darrée ; provenç. denairada ; espagn. dinerada ; ital. derrata ; du bas-latin denariata, la valeur d'un denier, du latin denarius, denier (voy. DENIER). Denrée a signifié primitivement ce qui vaut un denier, ce qui s'acquiert par denier, parargent. — Littré, 1873
1873 — le Littré
DENRÉE s. f. (dan-rée)
1 Toute espèce de marchandise. Denrées alimentaires. Les denrées qui sont dans les magasins. encore relevé aujourd’hui
- Si l'on emploie des soins dispendieux ou pénibles pour conserver une denrée plus longtemps, c'est seulement parce que l'augmentation du prix de la denrée doit récompenser de ces soins — CONDORCET, Duhamel.
- Les essences et autres menues denrées d'amour — HAMILT., Gramm. 6
Denrées coloniales, productions des colonies.
- Elles seraient mieux nommées marchandises ou denrées équinoxiales, parce qu'elles croissent dans la zone torride et dans le voisinage des tropiques — J. B. SAY, Traité, 1841, p. 231
C'est une chère denrée, c'est-à-dire cela est mis à très haut prix ou à trop haut prix.
Il vend bien sa denrée, c'est-à-dire il sait se faire valoir.
2 Mauvaise marchandise. Il n'y a que de la denrée dans cette boutique.
Fig. et en parlant d'un vaurien : Voilà une belle denrée !
3 En un sens plus restreint, toute production de la terre destinée à la vente et employée pour la nourriture. Grosses, menues denrées. encore relevé aujourd’hui
- Tu ne vends pas Comme tu veux tes herbes, ta denrée, Tes choux, tes aulx, enfin tout ton tracas — LA FONT., Jum.
- Je ne croyais pas que les denrées fussent si chères — MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 23 fév. 1709
1 autre citation
- Du gland, un navet, ou quelque autre pareille denrée — J. J. ROUSS., Ém. II
4
- Marchandise mise en vente, non pour être revendue, mais pour être consommée, soit qu'elle soit destinée à la subsistance, soit qu'il s'agisse de tout autre genre de consommation ; tant qu'elle est achetée pour être revendue, elle conserve le nom de marchandise — J. B. SAY, Épitome, au mot Denrée
5 Nom, dans quelques provinces, d'un petit pain blanc.
Historique
XIIIe s.
- Et s'est trop viez li marchiés [c'est se prendre trop tard pour faire un marché], Quant on acate denrée K'uns autres a adesée — Bibl. des Chartes, 4e série, t. V, p. 337
- Onques de lui [sur elle] [ils] n'aprirent maillie ne denrée [la valeur d'une maille ou d'un denier] — Berte, CIV
7 autres citations
- Onques mais en ma vie n'oi [je n'eus] de joie denrée, Qui ore ne me soit à cent doubles doublée — ib. CXXVI
- Et li quens lor jura que jà, ne à mort ne à vie, n'averoit denrée de sa terre ; et d'iluec en avant ot il à non Jehan-sans-terre — Chron. de Rains, 84
- Et s'ai bien mengié deus denrées De novel miel en fresches rées — Ren. 10235
- Se li serjans a l'administration de vendre blés, aveines, ou autres denrées, il convient qu'il conte du pris — BEAUMANOIR, XXIX, 14
- Cil qui sunt tenu por vilain cas en prison, lor vie est establie à avoir cascun jor denrée de pain et de l'yaue — ID., LI, 7
- Je vous di bien veraiement, Il font maint mauvès serement, Et si jurent que lor denrées Sont et bones et esmerées Tels foiz que c'est mençonge pure — RUTEB., 223
- Les gens le roy leur loerent les estaus pour vendre leur danrées chier, si comme l'en disoit, comme il porent — JOINV., 217
XIVe s.
- Et telle chose avient aucune foiz en tempestes à ceux qui pour lour neif alegier jettent lour denrées en la mer — ORESME, Eth. 48
XVe s.
- Ne rencherirent les vivres qu'on n'eust la denrée pour un denier, aussi bien qu'on avoit par avant qu'ils vinssent — FROISS., I, I, 32
- Jusques au marché des denrées — ID., II, II, 54
XVIe s.
- S'il sanglouttoyt, c'estoyent denrées [botte valant un denier] de cresson — RAB., Pant. IV, 32
Étymologie
Berry, darrée ; provenç. denairada ; espagn. dinerada ; ital. derrata ; du bas-latin denariata, la valeur d'un denier, du latin denarius, denier (voy. DENIER). Denrée a signifié primitivement ce qui vaut un denier, ce qui s'acquiert par denier, parargent.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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