dissipation

nature
nom féminin
diction
[disipasjɔ̃] · 4 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots
parenté
dissiper

Sens et définitions

Nom 4

  1. Action par laquelle une chose est dissipée ou se dissipe.
    • Un monde est une enveloppe du ciel, qui enveloppe astres, terre et tout ce qui apparaît, qui s’est scindée de l’illimité, et qui se termine par une limite ou rare ou dense, dont la dissipation bouleversera tout ce qu’elle contient ; […]. Épicure, Lettre à Pythoclès, traduction anonyme.
  2. Action de consumer un bien par de grandes dépenses ; ces dépenses elles-mêmes.
    • Les dissipations du règne de Louis XV, les orgies de ce temps égoïste et funeste ont produit la génération étiolée chez laquelle les manières seules survivent aux grandes qualités évanouies. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  3. État d’une personne dissipée, d’une personne qui vit au milieu des plaisirs, qui se laisse distraire de son travail, de ses occupations.
    • La pauvre Marie abomina la dissipation de cette vie qui ne lui permettait plus d’être seule avec son Dieu. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
1 emploi spécialisé
  1. Météorologie Dégradation de l'énergie cinétique de l'atmosphère par passage à des mouvements à plus petite échelle, et finalement à des mouvements moléculaires.

Citation

Tous les combats s'y passent [sur mer] en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés et qui se retrouvent au bout d'un mois
Madame de Sévigné, 577

Origine du mot

Du latin dissipatio.

Dans le dictionnaire latin : dissipatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

DISSIPATION s. f. (di-si-pa-sion ; en vers, de cinq syllabes)

1 Action de dissiper, de disperser, de faire disparaître. encore relevé aujourd’hui

  • Tous les combats s'y passent [sur mer] en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés et qui se retrouvent au bout d'un mois — SÉV., 577
  • Je ne trouve que des occasions de le [trouble] faire naître et de l'augmenter dans ceux dont j'en avais attendu la dissipation — PASC., dans COUSIN
1 autre citation
  • Je lus l'endroit où vous me marquiez votre peine sur la dissipation des biens de Port-Royal par une garnison — MAINTENON, Lett. Card. de Noailles, 17 nov. 1707

2 Action d'évaporer, déperdition. La dissipation de l'humidité de la terre. La dissipation des esprits animaux. encore relevé aujourd’hui

  • Cela adoucissait le sang, réparait les dissipations — SÉV., 391

Fig.

  • Vous représentez l'esprit de la république après la dissipation de son corps — BALZ., liv. V, lett. 2

3 Emploi prodigue et mal entendu. La dissipation des finances.

  • Ils bâtissent leur maison du débris et de la dissipation de tout un royaume — BALZ., 7e discours sur la cour.
  • Les dissipations du patrimoine de Jésus-Christ en meubles, en trains, en équipages — BOURD., Sévérité évang. 2e avent, p. 436

Fig.

  • La dissipation que vous avez faite de ses grâces [de Dieu] — MASS., Avent, Délai.

Au plur. Dépenses folles et ruineuses. Il s'est ruiné par ses dissipations.

4 Relâchement d'application, liberté qu'on s'accorde de se réjouir, pour soulager l'esprit et le corps. Il vous faut un peu de dissipation.

  • Je me persuade tous les jours de plus en plus que la solitude est nécessaire pour servir Dieu, et que la dissipation est très dangereuse — MAINTENON, Lett. abbé Gobelin, 20 mai 1675

État d'un esprit qui ne s'applique pas. La dissipation de son esprit est cause qu'il ne fait rien.

  • Que si le commerce des hommes et la dissipation de l'esprit, inévitable dans les grands emplois, ont laissé quelque impureté dans une vie aussi sage et aussi chrétienne.... — FLÉCH., le Tellier.

Vie où l'on se livre à tous les amusements. Vivre dans la dissipation.

  • La dissipation, l'ivresse de son âge, Une ville où tout plaît, un monde où tout engage — GRESSET, Méch. I, 6
Historique

XVIe s.

  • S'esjouissant [la divinité] de la ruyne et dissipation des choses par elle creées et conservées — MONT., II, 256
Étymologie

Provenç. dissipasion ; espagn. dissipacion ; ital. dissipazione ; du latin dissipationem, de dissipare, dissiper.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dissipation » du Wiktionnaire.

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