effronté

nature
nom masculin
diction
[efʁɔ̃te] · 3 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Qui n’a honte de rien.
    • La plupart des Américains vivants aujourd’hui ont connu un membre de la famille ou un ami qui a au moins été impliqué dans un accrochage, une façon effrontée de dire une collision mineure.. Les accidents de voiture causent la mort, des blessures et des traumatismes. Pourquoi les ignorons-nous ?, Eric Sagen, ThePressFre, 24 octobre 2021
  2. Qui indique ce tempérament.
    • Le trumpisme, marqué par le chaos, le mensonge et un refus arrogant et effronté du réel donne une connotation nettement péjorative à l’exceptionnalisme américain. Normand Lester, Le trumpisme et l’«exceptionnalisme américain, Le journal de Montréal, 11 novembre 2020

Nom 1

  1. Personnage sans honte de rien.
    • Vous êtes un effronté, Monsieur, un effronté ! La Nouvelle Revue française, Volume 54, 1940

Citation

Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté
Nicolas Boileau, Art p. I

Origine du mot

De l’ancien français esfronté.

1873 — le Littré

EFFRONTÉ, ÉE, adj. (è-fron-té tée)

1 Qui a du front, de l'impudence, qui ne rougit de rien. Une femme effrontée. encore relevé aujourd’hui

  • J'approuve bien la modestie ; Je hais les amants effrontés — RÉGNIER, Contre un amoureux.
  • Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté — BOILEAU, Art p. I
2 autres citations
  • On n'est point effronté par choix, mais par complexion — LA BRUY., VIII
  • Un diable, cornard effronté, Vilains, ici guette vos belles — BÉRANG., Contrat.

Effronté comme un page de cour, ou, simplement, comme un page, très effronté.

On dit encore : effronté comme un moineau.

2 Il se dit aussi des choses.

  • Ce n'est pas que je croie en ces temps effrontés.... — RÉGNIER, Sat. II
  • Et d'un zèle effronté couvrant son attentat — CORN., Cinna, IV, 3
5 autres citations
  • Voyez quelle assurance en cet œil effronté ! — ROTROU, Antig. IV, 3
  • Ces douces Ménades.... Se font des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé — BOILEAU, Sat. X
  • J'abandonne ce traître à toute ta colère ; Étouffe dans son sang ses désirs effrontés — RAC., Phèd. IV, 2
  • Et mille autres encore, effrontés ornements, Serpentent sur son sein, pendent à ses oreilles ; Les arts pour l'embellir ont uni leurs merveilles — GILB., XVIIIe siècle.
  • Luxe effronté — M. J. CHÉNIER, Gracques, I, 2

3 Substantivement. Un effronté. Une effrontée. encore relevé aujourd’hui

  • Quoi Chrispe rira donc avec cette effrontée Du plaisir qu'elle a pris à m'avoir irritée ? — TRISTAN, M. de Chrispe, IV, 7
  • Qu'une jeune effrontée, une insolente esclave Vienne en ce lieu donner des frères à mes fils — ROTROU, Hercule mourant, II, 2
1 autre citation
  • Hé ! la bonne effrontée ! — MOL., Sgan. 6

Sectaire du XVIe siècle qui niait la personnalité du Saint-Esprit.

S. f. Effrontée, sorte d'ancienne coiffure de femme.

Historique

XIIIe s.

  • Qu'est-ce diable ? es-tu effrontés ! Quex gens nous as-tu ci contés ? — la Rose, 11125

XIVe s.

  • En courages acoustumez à guerre et esfrontez par chevalerie — BERCHEURE, f° 13

XVIe s.

  • Il disoit qu'il estoit bien effronté d'aller encore vestu de pourpre comme un roy — AMYOT, Pyrrhus, 59
Étymologie

Ef- pour es- préfixe, et front, c'est-à-dire sans front, impudent ; provenç. esfrontat ; ital. sfrontato. L'ancienne langue avait le verbe esfronter, qui signifiait casser le front, la tête, et fig. décontenancer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « effronté » du Wiktionnaire.

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