emprise

nature
nom féminin
diction
[ɑ̃pʁiz] · 2 syllabes
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. Occupation d’une région, d’un territoire.
    • Les rochers dans l’étage nival ne comportent en général pas de Phanérogames, […]. La roche est attaquée par les Lichens qui portent aux hautes altitudes l’emprise du règne végétal. Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 172
  2. Projection d'une construction sur une surface.
    • L’emprise au sol est la surface que le bâtiment occupe au sol, annexes comprises, s'il y a en a.
  3. Terrain utilisé par un moyen de transport, comme une route, une voie ferrée, une piste cyclable, et l’ensemble des espaces nécessaires à son entretien ou à son exploitation.
    • Aussi les paysagistes sont-ils présents pour apporter la touche finale à la route par la végétalisation des talus et des belvédères, assurant ainsi la cicatrisation des emprises routières. Topo-guide de Grande Randonnée : L'Île de la Réunion, Fédération française de la randonnée pédestre, 2011
  4. figuré Envahissement ; mainmise.
    • C’est ainsi qu’à la relation d’emprise sur les corps féminisés que formule le patriarcat, l’anorexique répond par un corps dur, froid, sans courbes — et sans prise. Andréane Frenette-Vallières, Tu choisiras les montagnes, « L’Ermite imaginaire », Éditions du Noroît, Montréal, 2022, page 82
4 emplois spécialisés
  1. Administration Action de prendre des terrains par expropriation.
    • Le classement, l'ouverture, la modification de tracé et d’emprise des voies communales effectués dans le cadre des dispositions du présent article sont prononcés sans enquête. article L121-17 du Code rural français
  2. Psychologie figuré Influence ou domination exercée sur une ou plusieurs personnes et qui a pour résultat qu’elle s’empare de son esprit ou de sa volonté.
    • C’est sous l’emprise de cette introspection que je me suis abîmé dans la contemplation, habité par l’esprit des temps qui courent […]. Cornéliu Tocan, Aux confins de l’invisible. Haïkus d’intérieur illustrés, Créatique, Québec, 2020, page 8
  3. Psychologie Rapport de domination dans une relation amoureuse.
    • La jeune femme, originaire de Saint-Même-les-Carrières se retrouve sous l’emprise. journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 16 juillet 2022, page 20d
  4. Aménagement du territoire Partie de terrain nécessaire pour réaliser une construction, un ouvrage d'art, une voie de circulation ou de communication y compris les abords.

Formes fléchies 1

  1. Participe passé féminin singulier de emprendre.

Origine du mot

Du moyen français emprise (« entreprise »), dérivé du verbe emprendre (ancien français), variante de entreprendre, lui-même issu du latin imprehendere (« saisir, prendre, mettre la main sur »), composé de in- (« dans, sur ») et prehendere (« prendre »). À l’origine, emprise désigne l’action d’entreprendre ou de se charger d’une action déterminée. Dans le vocabulaire chevaleresque, l’emprise est l’engagement solennel que prend un chevalier : règle de conduite, défi ou mission qu’il assume publiquement. Le mot évolue ensuite vers le sens plus général d’action exercée sur quelque chose ou sur quelqu’un, en conservant l’idée fondamentale de prise — matérielle ou symbolique.

Dans le dictionnaire latin : imprehendere

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

EMPRISE1 s. f. (an-pri-z')

Ancien terme militaire. Entreprise chevaleresque.

L'emprise à l'écu pendant, exercice de l'ancienne chevalerie, qui gardait des pas ou passages sur les ponts et grands chemins, là où les chevaliers pendaient leurs écus et se tenaient prêts à jouter contre tous ceux de pareille qualité qui viendraient toucher ces écus du bout de leur lance.

On nommait aussi emprises d'armes les jeux militaires des chevaliers.

Historique

XIIIe s.

  • Ceste emprise fu atirée [arrangée] à passer le jour de quaresme prenant — JOINV., 224

XVe s.

  • Afin que honorables emprises et nobles aventures soient notablement registrées — FROISS., Prol.

XVIe s.

  • Hardis feront des emprises si belles, Que le vieil temps n'en sera le vainqueur — RONS., 684
Étymologie

Empris, participe d'emprendre, usité au lieu d'entreprendre ; de en 1, et prendre ; provenç. empreza ; espagn. empresa ; ital. impresa. Emprise avait le même sens qu'aujourd'hui entreprise.

EMPRISE2 s. f. (an-pri-z')

Terme de construction. Action de prendre une portion de terrain pour l'approprier à un objet quelconque. encore relevé aujourd’hui

  • Aucun projet de vue nécessitant une emprise quelconque sur l'hôtel de l'ambassade russe n'a jamais été adopté par l'administration municipale de Paris — Monit. univ. 6 juin 1868, p. 782, 2e col.
  • Largeur d'emprise ou partie de terrain enlevée par le projet [du percement de l'avenue de l'Opéra, à Paris] — Revue géographique, 30 oct. 1876, p. 218
1 autre citation
  • Lorsque l'exproprié requiert l'expropriation totale d'un bâtiment atteint en partie par l'expropriation, il y a nécessité d'offrir une indemnité afférente à l'emprise de tout le bâtiment, et faute de cette offre la décision est nulle — Gaz. des Trib. 27 août 1873, p. 821, 1re col.
Étymologie

En 1, et prise.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « emprise » du Wiktionnaire.

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