occupation

nature
nom féminin
diction
[okypasjɔ̃] · 4 syllabes
usage
28 par million de mots
parenté
occuper

Sens et définitions

Nom 7

  1. Action d’occuper militairement un pays, une région.
    • Je me demandai soudain si avec la défaite et l’occupation l’insuline n’allait pas manquer en France. Romain Gary, La promesse de l'aube, Folio
  2. Action de s’établir, de se saisir de.
    • Des centres urbains jusqu’aux confins des périphéries, nous appelons à des reprises de terres, par l’installation paysanne, le rachat en commun ou l’occupation. Nous nous retrouverons dès ce printemps pour des actions d’occupations de terres contre l’artificialisation. Reporterre, tribune Contre l’apocalypse climatique, les soulèvements de la Terre, 10 mars 2021
  3. Ce à quoi on est occupé, soit momentanément, soit d’une manière fixe.
    • Ce rappel à la réalité quotidienne et aux occupations usuelles change momentanément le cours de mes pensées. Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908
  4. Travail ; profession.
    • Sir Walter-Scott avait honte de son métier. Il a passé une partie de son existence à donner le change sur la nature de ses occupations. Charles-Edmond Chojecki, Voyage dans les Mers du Nord à bord de la corvette La Reine Hortense, livre 1 (L’Écosse), chap. 21, Paris : chez Michel Lévy frères, 1857
3 emplois spécialisés
  1. Droit Le fait d’habiter.
    • Il a été forcé de payer les loyers des lieux, à proportion du temps et de l’occupation qu’il a faite.
  2. Éducation Activité ne mettant pas en œuvre des capacités d’acquisition ou d’apprentissage de l’élève.
    • Ils ont vu la formation comme une activité d’occupation ou de passe-temps Matt Hurst, sur Statistique Canada, 2008
  3. Relations internationales Mode d'acquisition d'un territoire sans maître par l'action d'un état qui établit son autorité sur ce territoire et acquiert ainsi la souveraineté sur celui-ci.

Citation

Ils [les hommes] ne cherchent en cela [la chasse] qu'une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi
Blaise Pascal, Pens. IV, 1, édit. HAVET.

Origine du mot

Du latin occupatio.

Dans le dictionnaire latin : occupatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

OCCUPATION s. f. (o-ku-pa-sion ; en vers, de cinq syllabes)

1 Action d'occuper, de s'emparer d'un lieu, d'un bien. L'occupation a précédé la propriété. encore relevé aujourd’hui

2Terme de guerre. Action de se rendre maître d'un pays, d'une place. encore relevé aujourd’hui

Armée d'occupation, armée destinée à contenir un pays vaincu.

On nomme aussi armée d'occupation, celle qui, agissant dans l'intérêt d'une puissance amie ou alliée, occupe militairement ses provinces pour les garantir d'une surprise, d'une invasion, d'une insurrection. On dit aussi, corps, brigade d'occupation.

3Terme de droit. Possession en fait d'une chose immobilière, avec ou sans droit. L'occupation ne constitue pas le droit de propriété.

4Terme de rhétorique. Figure par laquelle on prévient et réfute d'avance les objections de l'adversaire. On dit plus souvent prolepse.

5 Affaire, pratique, emploi qui prend, occupe le temps. encore relevé aujourd’hui

  • Je sortis ainsi avec mon rochet et mon camail en donnant des bénédictions à droite et à gauche, et vous croyez bien que cette occupation ne m'empêchait pas de faire toutes les réflexions convenables à l'embarras dans lequel je me trouvais — RETZ, Mémoires, II, les Barricades
  • Ils [les hommes] ne cherchent en cela [la chasse] qu'une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi — PASC., Pens. IV, 1, édit. HAVET.
11 autres citations
  • Toutes les occupations des hommes sont à avoir du bien — ID., ib. III, 12
  • L'ennui qu'on a de quitter les occupations où l'on s'est attaché — ID., ib. XXV, 79
  • On va loin sans mourir d'ennui, pourvu qu'on se donne des occupations et qu'on ne perde point courage — SÉV., 62
  • Je regarde, j'admire cette belle vue [des bords de la Loire] qui fait l'occupation des peintres — ID., 9 mai 1680
  • J'essayerais mille petits remèdes inutiles pour en trouver un bon ; et mon impatience et mon peu de vertu me feraient une occupation continuelle de l'espérance d'une guérison — ID., 21 août 1680
  • Les lettres et les réponses font de l'occupation — ID., 30 sept. 1671
  • Ils mangeaient, ils buvaient, ils se mariaient ; c'était des occupations innocentes — BOSSUET, Mar.-Thér.
  • Aussitôt qu'il fut permis à M. le Tellier de se reposer des occupations de sa charge sur un fils qu'il n'eût jamais donné au roi, s'il ne l'eût senti capable de le bien servir.... — ID., le Tellier
  • Pendant qu'il [Condé] passait sa vie dans ces occupations [les pratiques de la vie chrétienne], et qu'il portait au-dessus de ses actions les plus renommées la gloire d'une si belle et si pieuse retraite — ID., Louis de Bourbon
  • Les premières occupations de Marie-Thérèse [arrivée à Paris] furent d'aller d'église en église reconnaître Dieu partout où il veut être adoré — FLÉCH., Mar.-Thér.
  • Déjà l'activité de son génie, accoutumé aux soins de l'Europe entière, n'a plus pour aliment que l'administration de cent mille hommes ; encore l'organisation de son armée est-elle si parfaite qu'à peine est-ce une occupation — SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 9

Fig.

  • Votre souvenir fait toute mon occupation — SÉV., 257
  • Adieu, ma chère enfant.. .. vous êtes la chère occupation de mon cœur — ID., 13 nov. 1675

Absolument. L'occupation, l'habitude de se livrer au travail.

  • L'occupation fait paraître tous les jours courts et les années longues ; les jours courts, parce que nous ne faisons pas attention au temps dont les révolutions solaires font la mesure ; les années longues, parce que nous nous les rappelons par une suite de choses qui supposent une durée considérable — CONDIL., Traité sens, III, 7

Donner de l'occupation à quelqu'un, l'employer à quelque travail.

Fig. Donner de l'occupation à quelqu'un, lui susciter des affaires, de l'embarras.

6Fig. Le soin, le souci que l'on prend de quelque chose.

  • Ces mines, cette occupation continuelle de sa parure — GENLIS, Théât. d'éduc. les Faux amis, I, 5
  • L'occupation où l'on est de son ressentiment — STAËL, Influence des passions, I, 6
Historique

XVe s.

  • Ils avoient donné à Philippe comte de Charrolois son fils une moult precieuse espée, aornée de riches pierres et autres joyaux, laquelle estoyt au roy d'Angleterre ; et avoit esté trouvée et prinse avec ses autres bagues par iceux, affin que, s'ils avoient aucune occupation [affaire criminelle] pour le cas dessus dit, iceluy comte les eust pour recommandez — MONSTRELET, ch. 147, p. 29, dans LACURNE
  • Aussi ne veult plus exercer l'office pour occupation d'aage et de fragileté — MENARD, Hist. de du Guesclin, p. 401 dans LACURNE

XVIe s.

  • Ilz ne cherchoient autre chose qu'à l'entretenir toujours en quelques amourettes et autres vaines occupations — AMYOT, Dion, 10
  • S'amuser à des occupations sedentaires — MONT., I, 153
Étymologie

Provenç. occupacio ; espagn. ocupacion ; ital. occupazione : du lat. occupationem, de occupare, occuper.

Supplément au dictionnaire

OCCUPATION. - HIST. Ajoutez : XIVe s.

  • [Marie] Vierge vesqui sanz occupacion D'aucun pechié comme beneürée — Miracles de Nostre Dame par personnages, 6 avril 1876, t. I, p. 245

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « occupation » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire