entêtement
- nature
- nom masculin
- diction
- [ɑ̃tɛtəmɑ̃] · 4 syllabes
- usage
- 7 par million de mots
- parenté
- entête
Sens et définitions
Nom 2
-
Attachement opiniâtre d’une personne à ses opinions, à ses goûts, à ses vues, à ses projets, etc.
- Il était d’un entêtement de brute ; devant une volonté étrangère, nettement formulée, il se serait emporté grossièrement jusqu’à battre les gens. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
-
vieilli Engouement pour une personne.
- Rien ne la lasse, elle tient bon ! Je le lui dis, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’entêtement. Honoré de Balzac, Un prince de la Bohème, 1840
Citation
Une fausse gloire, un faux esprit de réforme, une fausse religion, un entêtement de parti, et les aveugles passions qui l'accompagnent
Origine du mot
Entêter. — Littré, 1873
1873 — le Littré
ENTÊTEMENT s. m. (an-tê-te-man)
1 Action de se porter à la tête, d'affecter la tête. L'entêtement par des parfums.
2Fig. État d'un esprit, d'un cœur, d'une âme entêtée.
- J'aime la poésie avec entêtement — MOL., Fem. sav. III, 2
- Une fausse gloire, un faux esprit de réforme, une fausse religion, un entêtement de parti, et les aveugles passions qui l'accompagnent — BOSSUET, Var. Avert. V, § 35
10 autres citations
- Ç'a été autrefois mon entêtement comme il est le vôtre ; mais il y a trois choses à considérer... — LA BRUY., V
- De là les entêtements en faveur des uns, de là les déchaînements bizarres contre les autres — BOURDALOUE, Homél. sur l'aveugle-né, Domin. t. IV, p. 478
- Un temps a été que les Latins étaient modernes, et alors ils se plaignaient de l'entêtement que l'on avait pour les Grecs qui étaient les anciens — FONTEN., Digr. anc. mod. Œuvr. t. IV, p. 196, dans POUGENS
- Connaissant l'entêtement qu'il avait pour le nom d'érudition — HAMILT., Gramm. 4
- Les deux entêtements de cette dernière [dame] étaient la danse et la parure — ID., ib. 7
- Elle commençait à revenir de l'entêtement qui l'avait séduite en sa faveur — ID., ib. 11
- Tel est aujourd'hui l'entêtement du siècle, de s'y faire des plans de religion — MASS., Myst. Visit.
- On ne revient guère de l'entêtement de la naissance — ID., Av. Dispos.
- La folle opiniâtreté que produit l'entêtement — BAYLE, Lett. à Constant, 4 juill. 1697
- Je n'ai pas l'entêtement des grandes alliances — MARIVAUX, l'Épreuve, sc. 1
Il se dit de celui qui est un objet d'entêtement.
- Si, à votre âge, vous êtes si vif et si impétueux, quel nom, Théobald, fallait-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous étiez la coqueluche et l'entêtement de certaines femmes ? — LA BRUY., V
3 Attachement excessif d'une personne à ses opinions. Rien n'égale l'entêtement de cette femme. encore relevé aujourd’hui
- Outre que l'entêtement est partout vicieux, il ne laisse jamais le cœur dans une disposition paisible, parce qu'il est toujours impatient et violent — BOURD., Pensées, t. I, p. 380
- Rien ne ressemble plus à la vive persuasion que le mauvais entêtement — LA BRUY., XII
1 autre citation
- La faiblesse a mille fois plus d'inconvénients que l'entêtement — Mme DE GENLIS, Ad. et Théod. t. I, lett. 26, p. 116, dans POUGENS
Étymologie
Entêter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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