errant
- nature
- adj masculin
- diction
- [ɛʁɑ̃] · 2 syllabes
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 3
-
Qui ne cesse de voyager ; vagabond.
- Ils retraçaient la vie glorieuse des anciens chevaliers errants toujours au service du faible contre le fort . Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » nᵒ 31, 1907
-
figuré Qualifie une imagination vagabonde, sans frein, qui se porte rapidement sur un grand nombre d’objets.
- Combien de fois ai-je tenté vainement de rassembler tes pensées errantes, dispersées ! Sophie Swetchine, Choix de méditations et de pensées chrétiennes, Tours : Alfred Mame & fils, 1867, page 113
1 emploi spécialisé
- Infographie Qui se déplace de façon désordonnée.
Nom 2
-
Personnage qui erre, qui déambule.
- La rue promène un flot d’errants sur ses trottoirs, les éparpille, les laisse aller… Pourquoi sortir ? Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920
1 emploi spécialisé
-
Religion
Celui qui erre dans la foi.
- Redresser, ramener les errants.
Formes fléchies 1
- Participe présent de errer.
Citation
Voir, c'est avoir, allons courir, Vie errante Est chose enivrante
Origine du mot
Non pas le verbe actuel errer, qui vient du latin errare, mais l'ancien verbe errer, qui vient d'itinerare (voy. ERRE et aussi ERRER à l'étymologie). Voyager même au hasard n'est pas la même chose que errer ; et dans cet emploi d'errant l'idée de voyager existe. — Littré, 1873
1873 — le Littré
ERRANT, ANTE1 adj. (è-rran, rran-t')
1 Qui erre, qui n'est pas fixé. Peuples errants. Hordes errantes. encore relevé aujourd’hui
- La vie errante que je mène depuis quarante ans et plus, m'ayant donné occasion de voir et de visiter, plusieurs fois et de plusieurs façons, la plus grande partie des provinces de ce royaume.... — VAUBAN, Dîme, 3
- Dans maint auteur de science profonde, J'ai lu qu'on perd à trop courir le monde ; Très rarement en devient-on meilleur ; Un sort errant ne conduit qu'à l'erreur — GRESSET, Vert-vert, I
3 autres citations
- Ces traits de sang, ce spectre et ces errantes ombres — VOLT., Fanat. IV, 4
- Lorsqu'on voit les peuplades qui erraient commencer à se fixer, ce changement doit être moins regardé comme les premiers temps des sociétés civiles que comme les derniers de la vie errante — CONDILLAC, Hist. anc. I, ch. 14
- Voir, c'est avoir, allons courir, Vie errante Est chose enivrante — BÉRANG., Bohémiens
Fig. Mener une vie errante, vivre au hasard, sans but.
Étoiles errantes, les planètes, par opposition aux étoiles fixes.
2Poétiquement. Qui flotte. encore relevé aujourd’hui
- Et mon âme déjà sur mes lèvres errante — RAC., Phèd. III, 1
3Par extension, qui ne se fixe pas. Imagination errante. encore relevé aujourd’hui
- Et ainsi que mon corps, mon esprit est errant — RÉGNIER, Élég. II
- De nos désirs errants rien n'arrête le cours ; Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours — ST-ÉVREM., dans RICHELET
2 autres citations
- Que je raffermirai votre fortune errante — TRISTAN, M. de Chrispe, II, 3
- Ses yeux creux sont pleins d'un feu âpre et farouche ; ils sont sans cesse errants de tous côtés — FÉN., Tél. III
4 Qui se trompe, qui erre dans la doctrine, dans la religion. encore relevé aujourd’hui
- Ceux qui se laisseraient tromper ne seraient qu'un troupeau errant — BOSSUET, Var. 1er avert. § 49
- Il [St Louis] tâcha de les ramener comme errants, il les dompta comme rebelles — FLÉCH., Panégyr. St Louis
S. m. plur. Ceux qui errent dans la foi.
- S'il arrivait miracle du côté des errants, on serait induit à erreur — PASC., Mir. 10
- Saint Augustin, que j'aime à citer comme celui dont le zèle pour le salut des errants a égalé les lumières qu'il avait reçues pour les combattre — BOSSUET, Var. 1re instr. pastor. § 49
2 autres citations
- Les hommes ne peuvent donc se passer d'un culte extérieur qui les réunisse, qui les discerne des infidèles et des errants — MASS., Car. Vérit. culte.
- Cette multitude effroyable d'infidèles, d'errants, de pécheurs — ID., Prof. rel. Serm. 1
Historique
XVIe s.
- Les calamités des errants au desert — MAROT, Ps. CVII
Étymologie
Errer.
ERRANT, ANTE2 adj. (è-rran, rran-t')
Qui voyage au hasard. Usité seulement dans ces locutions-ci : Le Juif errant, personnage imaginaire que l'on suppose condamné à voyager incessamment jusqu'à la fin du monde, pour avoir outragé Jésus-Christ lors de la passion ; c'est la représentation légendaire du peuple hébreu depuis la dispersion ; Chevalier errant, chevalier qui courait le monde à la recherche d'aventures.
Fig. et familièrement. C'est un chevalier errant, c'est un homme qui change souvent de demeure, qui voyage sans cesse.
Historique
XIIe s.
- Moult se vont entresaluant Li remanant et li errant — Roman du Brut, dans LACURNE
XVIe s.
- Le chevalier errant — J. MAROT, v, 238
- Quant aucune personne tient et occupe aucun chemin public et errant [par où l'on passe, passant], par sa coulpe empesché.... — Coustum. génér. t. II, p. 281
Étymologie
Non pas le verbe actuel errer, qui vient du latin errare, mais l'ancien verbe errer, qui vient d'itinerare (voy. ERRE et aussi ERRER à l'étymologie). Voyager même au hasard n'est pas la même chose que errer ; et dans cet emploi d'errant l'idée de voyager existe.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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