faquin
- nature
- nom masculin
- diction
- [fakɛ̃] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
vieilli Portefaix.
- Un tas de faquins, qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau pour porter leurs hardes, se jetèrent à la foule dans notre cabane. Paul Scarron, Le Roman Comique, Le Club Français du Livre, 1963, page 125
-
Mannequin de bois ou de paille contre lequel on courait avec une lance pour s’exercer dans les joutes
- Et quand, dans les carrousels du grand siècle, l'écu du jouteur fit place aux « têtes de turc » ou au « faquin », le cavalier à l'assiette incertaine pouvait s'en prendre à sa « mazette ». Comment parlent sportifs dans Vie Lang. 1953, page 175
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vieilli Homme de peu de valeur, mal élevé et méprisable.
- Ce n’est qu’un faquin, un pauvre garçon. Mais tant mieux, s'il est heureux… Interview France Inter, Jean-Luc Godard à propos de Quentin Tarantino, 2014
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vieilli Personnage fier, insolent, hautain ou impertinent.
- Son pied battait des appels, il les provoquait, les menaçait de la voix, du regard, de tout son être tendu comme un ressort. "Eh ! cria Pontraille, le faquin va m’éborgner !" Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » nᵒ 31, 1907
Adjectif 1
-
vieilli Qui est fier, insolent, hautain ou impertinent.
- la jeunesse faquine y débitait ses mille riens inconvenants dont on se défraie si avidement dans certaines réunions. Joanny Ginod, « Histoire tragique », dans La France littéraire, artistique, scientifique, 1861, vol. 6 https://books.google.fr/books?id=bPWkRvmpkWMC&pg=PA430&dq=faquine texte intégral
Citation
Un tas de faquins qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau
Origine du mot
Espagn. faquin ; ital. facchino, portefaix. Faquin, récent dans le français, vient de l'italien ; et l'italien facchino est d'origine inconnue. Diez dit que, si on le trouvait dans l'ancien français, il représenterait l'ancien flamand vantkîn, jeune garçon ; mais jusqu'à présent on ne l'y a pas trouvé ; et le mot reste italien. Quant à l'arabe faqîr, pauvre, besoigneux, ni le sens ni la forme n'expliquent suffisamment facchino. Le latin fascis n'aurait pas donné un mot italien avec cc. — Littré, 1873
1873 — le Littré
FAQUIN s. m. (fa-kin)
1 Portefaix (sens propre, qui n'est plus du tout usité).
- Un tas de faquins qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau — SCARR., Rom. com. I, 18
2 Mannequin de bois ou de paille, propre à l'exercice de la lance ; ainsi nommé parce qu'on se servait autrefois de quelque gros faquin armé de toutes pièces contre lequel on courait. encore relevé aujourd’hui
- Monseigneur, au sortir du sermon, alla courre la bague et les têtes, et fit courre aussi le faquin — DANGEAU, I, 137, 18 mars 1685
3Fig. Un homme de néant, mélange de ridicule et de bassesse.
- Je m'assure qu'à Rome les honnêtes gens louaient Annibal, et qu'il n'y avait que les faquins qui lui dissent des injures — BALZ., liv. v, lett. 3
- Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Et vous fasse de vous un éloge éclatant, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant ? — MOL., Mis. I, 1
6 autres citations
- Vous n'êtes pour tout potage qu'un faquin de cuisinier — ID., l'Avare, III, 6
- Ils [les huissiers de la cour] traitent les savants de faquins à nasardes — ID., Fâch. III, 2
- Alors le noble altier, pressé de l'indigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance — BOILEAU, Sat. v.
- Et j'aime mieux endurer une injure Que d'illustrer un faquin ignoré — J. B. ROUSS., Épigr. I, 7
- Les faquins qui poursuivent la mémoire de Bayle méritent le mépris et le silence — VOLT., Lett. Thiriot, 27 mai 1756
- Je crains qu'il ne faille dire bientôt de ce titre-là ce que Jacques Rostbif dit du nom de monsieur : il y a trop de faquins qui le portent — D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 9 avril 1761
Historique
XVIe s.
- À Paris, en la rostisserie du petit chastelet, au devant de l'ouvroir d'un rostisseur, un faquin mangeoit son pain à la fumée du rost.... le rostisseur repliquoit que de fumée de son rost n'estoit tenu nourrir les faquins, et renioit, en cas qu'il ne le payast, qu'il lui osteroit ses crochets — RAB., III, 36
- Baston porte paix, et le facquin faix — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 166
Étymologie
Espagn. faquin ; ital. facchino, portefaix. Faquin, récent dans le français, vient de l'italien ; et l'italien facchino est d'origine inconnue. Diez dit que, si on le trouvait dans l'ancien français, il représenterait l'ancien flamand vantkîn, jeune garçon ; mais jusqu'à présent on ne l'y a pas trouvé ; et le mot reste italien. Quant à l'arabe faqîr, pauvre, besoigneux, ni le sens ni la forme n'expliquent suffisamment facchino. Le latin fascis n'aurait pas donné un mot italien avec cc.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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