frayer
- nature
- ver
- diction
- [fʁeje] · 2 syllabes
- attesté
- 1201
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 14
-
Ouvrir une voie, rendre praticable un chemin, une route ; en écarter les obstacles.
- Ce ne fut plus entre les glaces, mais à travers une centaine de harenguiers norvégiens que nous avons dû frayer notre chemin. Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928
-
Faciliter l’accès ou l’accession à quelque chose.
- Belle mentalité : je lui ai frayé le chemin à la présidence et maintenant, il me critique publiquement !
- Frôler, frotter contre quelque chose, toucher légèrement quelque chose en passant.
- Frotter une lame à l’émeri pour y faire disparaître les raies qu’y a faites la meule.
-
Frotter ses bois pour en faire tomber le velours qui se desquame.
- Le cerf fraye sa tête aux arbres pour détacher la peau de son bois.
- Tailler une fraye sur la lame d'un couteau.
-
littéraire Fréquenter, avoir des relations suivies ; se convenir mutuellement.
- – C’est toi qui frayes une gonzesse, une brune qui s’appelle Odette ? San-Antonio (Frédéric Dard), Je le jure, Éditions J’ai Lu, 1975, page 21
- Pondre ses œufs, en parlant de la femelle qui les émet souvent en se frottant contre le sable ou le gravier.
- Féconder ces œufs, en parlant du mâle.
-
Dépenser, faire des frais.
- On ne gagne pas à garder son vin. Ça fraye trop. Hamp, Champagne, 1909
4 emplois spécialisés
-
Ichtyologie
Se reproduire, en parlant des poissons.
- je reviens à l’amorce tel un poisson frayant pas à pas jusqu'au dernier Diane Régimbald, Pas, VIII, Éditions du Noroît, Montréal, 2009, page 102
- Numismatique Frai : Usure de pièces d'or et d'argent par frottement pour récupérer les particules de métal précieux qui s'en détachent.
- Biologie marine En parlant de la femelle, déposer ses œufs et, en parlant du mâle, les arroser de laitance pour les féconder.
- Comportement animal En parlant d'un mâle cervidé, frotter ses bois contre quelque chose pour les débarrasser de leur velours qui se desquame et cause des démangeaison.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je fraie
- je fraye
- tu fraies
- tu frayes
- il fraie
- il fraye
- nous frayons
- vous frayez
- ils fraient
- ils frayent
Imparfait
- je frayais
- tu frayais
- il frayait
- nous frayions
- vous frayiez
- ils frayaient
Passé simple
- je frayai
- tu frayas
- il fraya
- nous frayâmes
- vous frayâtes
- ils frayèrent
Futur simple
- je fraierai
- je frayerai
- tu fraieras
- tu frayeras
- il fraiera
- il frayera
- nous fraierons
- nous frayerons
- vous fraierez
- vous frayerez
- ils fraieront
- ils frayeront
Passé composé
- j'ai frayé
- tu as frayé
- il a frayé
- nous avons frayé
- vous avez frayé
- ils ont frayé
Plus-que-parfait
- j'avais frayé
- tu avais frayé
- il avait frayé
- nous avions frayé
- vous aviez frayé
- ils avaient frayé
Passé antérieur
- j'eus frayé
- tu eus frayé
- il eut frayé
- nous eûmes frayé
- vous eûtes frayé
- ils eurent frayé
Futur antérieur
- j'aurai frayé
- tu auras frayé
- il aura frayé
- nous aurons frayé
- vous aurez frayé
- ils auront frayé
Subjonctif
Présent
- je fraie
- je fraye
- tu fraies
- tu frayes
- il fraie
- il fraye
- nous frayions
- vous frayiez
- ils fraient
- ils frayent
Imparfait
- je frayasse
- tu frayasses
- il frayât
- nous frayassions
- vous frayassiez
- ils frayassent
Passé
- j'aie frayé
- tu aies frayé
- il ait frayé
- nous ayons frayé
- vous ayez frayé
- ils aient frayé
Plus-que-parfait
- j'eusse frayé
- tu eusses frayé
- il eût frayé
- nous eussions frayé
- vous eussiez frayé
- ils eussent frayé
Conditionnel
Présent
- je fraierais
- tu fraierais
- tu frayerais
- il fraierait
- il frayerait
- nous fraierions
- nous frayerions
- vous fraieriez
- vous frayeriez
- ils fraieraient
- ils frayeraient
Passé
- j'aurais frayé
- tu aurais frayé
- il aurait frayé
- nous aurions frayé
- vous auriez frayé
- ils auraient frayé
Impératif
Présent
- fraie
- fraye
- frayons
- frayez
Passé
- aie frayé
- ayons frayé
- ayez frayé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- frayer
- Participe présent
- frayant
- Participe passé
- frayé
Citation
Elle [la raison] ne nous est donnée que pour nous frayer le chemin à la foi
Origine du mot
Wall. frot ; bourguign. froyé. L'origine de ce mot présente des doutes. Il n'est pas très ancien, du moins on ne l'a pas au delà de Froissart. 1° On peut croire qu'il est le même que froier (voy. le suivant), et qu'il vient, comme lui, du latin fricare, frotter ; mais le sens de frottement suffit-il pour expliquer le sens de frayer un chemin ? 2° On peut penser qu'il est l'équivalent de l'ancien verbe froer, briser ; ici le sens serait bon, car route est via rupta ; dans ce cas, l'assimilation aurait agi pour transformer froer en frayer. 3° Enfin faut-il y voir un dérivé irrégulier de fractus, brisé ? Le sens serait bon ; quant à la forme, elle serait bonne aussi ; car on l'a dans frayant et dans l'ancien verbe fraier, qui proviennent de fractus (voy. FRAYANT et FRAIS 2). — Littré, 1873
1873 — le Littré
FRAYER1 v. a. (frè-yé ; d'après Chifflet, Gramm. p. 197, on prononçait fra-yer)
, je fraye, tu frayes, il fraye ou il fraie, nous frayons, vous frayez, ils frayent ou ils fraient ; je frayais, nous frayions, vous frayiez, ils frayaient ; je frayai ; je frayerai, ou fraierai, ou fraîrai ; je frayerais, ou fraierais, ou fraîrais ; fraye, frayons ; que je fraye, que nous frayions, que vous frayiez, qu'ils frayent ; que je frayasse ; frayant ; frayé
1 Rendre praticable par les pas et le cheminement. Frayer une voie, un sentier, un chemin. encore relevé aujourd’hui
Fig. Frayer le chemin, aplanir les difficultés, faciliter l'accès.
- Elle [la raison] ne nous est donnée que pour nous frayer le chemin à la foi — MASS., Carême, Vérité de la relig.
- Ce sont des vues de fortune qui vous ont frayé la route par où vous marchez — ID., Carême, Voc.
1 autre citation
- Le général de la couronne, Jean Sobieski, lava la honte de son pays dans le sang des Turcs à la célèbre bataille de Choczim, qui lui fraya le chemin au trône — VOLT., Hist. Russie, I, 3
On dit de même : frayer l'accès.
- La vertu frayait l'accès au trône — VOLT., Or. fun. Louis XI
Frayer le chemin, signifie quelquefois simplement précéder.
- ....Pour moi s'il n'est point d'autre foudre, J'aurai pour ce départ [la mort] du temps à m'y résoudre ; D'autres vous enverraient leur frayer le chemin — CORN., Attila, V, 3
- Nos ancêtres nous en frayèrent hier le chemin [de l'éternité] ; et nous allons le frayer demain à ceux qui viendront après nous — MASS., Carême, Sur la mort.
1 autre citation
- Marchant dans les sentiers que fraya mon courage — VOLT., Sémir. III, 6
Se frayer, frayer à SOI, rendre praticable pour soi un chemin, une voie. Se frayer un passage dans le fourré.
- À travers les vainqueurs il se fraye un passage — BRIFFAUT, Ninus II, v, 1
Fig. Se frayer le chemin à une dignité, disposer ses moyens pour y parvenir.
- Des voies que vos passions se sont frayées — MASS., Carême, Prosp.
On dit de même : se frayer le chemin des honneurs ; se frayer un chemin au trône.
2 Faire une rainure sur le bord d'une lame de couteau, de canif, etc. encore relevé aujourd’hui
Historique
XVe s.
- Et donc se retourna sur destre et sa route, et prirent un chemin assez frayé qui les mena droit.... — FROISS., I, I, 139
XVIe s.
- L'ambition fraya le chemin à l'envie — CASTELN., 62
- Je fuy les grands chemins frayez du populaire — RONS., 236
Étymologie
Wall. frot ; bourguign. froyé. L'origine de ce mot présente des doutes. Il n'est pas très ancien, du moins on ne l'a pas au delà de Froissart. 1° On peut croire qu'il est le même que froier (voy. le suivant), et qu'il vient, comme lui, du latin fricare, frotter ; mais le sens de frottement suffit-il pour expliquer le sens de frayer un chemin ? 2° On peut penser qu'il est l'équivalent de l'ancien verbe froer, briser ; ici le sens serait bon, car route est via rupta ; dans ce cas, l'assimilation aurait agi pour transformer froer en frayer. 3° Enfin faut-il y voir un dérivé irrégulier de fractus, brisé ? Le sens serait bon ; quant à la forme, elle serait bonne aussi ; car on l'a dans frayant et dans l'ancien verbe fraier, qui proviennent de fractus (voy. FRAYANT et FRAIS 2).
FRAYER2 v. a. (frè-ié)
1 Frotter contre. La roue m'a frayé la cuisse.
Aujourd'hui on dit plus communément frôler.
2Terme de vénerie. Le cerf fraye sa tête lorsqu'il commence à frotter son bois contre les arbres pour en faire tomber une peau velue qui le couvre. encore relevé aujourd’hui
Frayer bruni, se dit du cerf qui s'est plus ou moins bruni la tête en touchant au bois.
3 Se frayer, v. réfl. Se léser par frottement. encore relevé aujourd’hui
Terme de vétérinaire. Se frayer aux ars, se dit des chevaux qui s'excorient à cette région par un exercice pénible, ou seulement rapide, au temps des chaleurs.
Historique
XIIIe s.
- Au froier cognoisteras Dou cerf, quant tu le trouveras — Fabliaux mss. n° 7615, t. II, f° 168, dans LACURNE
XIVe s.
- Environ la magdaleine que les cerfs froyent leurs testes — Modus, f° VIII, verso
XVe s.
- Si le cerf n'est froyé, le doit le veneur laisser aboyer aux chiens bien longuement.... mais s'il est froyé et bruni, il le doit tuer le plus tost qu'il pourra.... pour doubte qu'il ne tue les chiens — Chasse de Gast. Phéb. ms. p. 243, dans LACURNE
XVIe s.
- L'un desquels bœufs vint frayer un petit contre sa robe — DESPER., Contes, XII
- Il eut une arquebuzade sur son casque qui ne fit que frayer — CARLOIX, IX, 28
Étymologie
Prov. fregar, freguar ; espagn. fregar ; ital. fregare ; du lat. fricare, frotter, qu'on rapproche du grec χρίω, oindre, sanscrit ghar, gharsh, oindre. Fricare a donné froier, comme ligare, loier ou lier. La forme moderne correcte serait frier, comme lier, nier, etc.
FRAYER3 v. n. (frè-ié)
Se conjugue comme le précédent. Se dit de l'acte de la génération chez les poissons, la femelle émettant ses œufs, et le mâle passant dessus. encore relevé aujourd’hui
- Les poissons frayent et produisent avant que d'avoir pris le quart, ou même la huitième partie de leur accroissement — BUFF., Quadrup. t. II, p. 35, dans POUGENS
- La plupart ne viennent frayer sur nos côtes que lorsque certaines espèces [de plantes] y sont en fleur — BERN. DE ST-P., Études, 1
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Historique
XIIIe s.
- Nus [nul] poissonnier ne autre ne puet ne ne doit vendre gardons freans, c'est à savoir gardons entre le mi-avril et mi-mai — Liv. des mét. 265
XIVe s.
- Les poissons frient en icelluy temps — Ord. des rois, t. VII, p. 779
XVIe s.
- Aussi faut-il eviter de manger des grenouilles au mois de mai, à cause que les crapauds fraient avec elles — PARÉ, XXIII, 32
Étymologie
Voy. FRAI 1 ; wallon, froï.
FRAYER4 v. n. (frè-ié)
1 S'user par le frottement, en parlant de la monnaie. Cet écu est aminci, il doit avoir beaucoup frayé. encore relevé aujourd’hui
2Fig. Avoir des relations habituelles et amicales avec quelqu'un. Ces deux hommes ne frayent pas ensemble. encore relevé aujourd’hui
- Cette cabale [de Meudon] frayait avec celle des seigneurs — SAINT-SIMON, 238, 169
3 V. a. Altérer des pièces d'or et d'argent en imitant l'altération que l'usure par la circulation peut y produire. encore relevé aujourd’hui
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Étymologie
Voy. FRAI 2.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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