geindre
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʒɛ̃dʁ] · 1 syllabe
- attesté
- 1201
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Fait de se lamenter, de gémir.
- Ça semblait comme le geindre d’un nourrisson. Jean Giono, Un de Baumugnes, Grasset, 1929
-
Variante de gindre, ouvrier boulanger.
- Avoue-toi cela, Vingtras ; ne mets pas à ton acquit la pâleur qui t’a envahi la face devant le geindre fusillé ! Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908
Verbe 1
-
Se lamenter, gémir, se plaindre à diverses reprises d’une voix languissante et non articulée.
- Elle recommença ses doléances, elle se mit à geindre de plus belle sur le manque de fortune qui la faisait échouer au port. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1870
Origine du mot
Du latin gemĕre (« se plaindre, gémir »), en ancien français giembre, puis refait en geindre, d’après les verbes en -eindre.
Dans le dictionnaire latin : gemĕre
1873 — le Littré
GEINDRE v. n. (jin-dr')
, je geins, tu geins, il geint, nous geignons, vous geignez, ils geignent ; je geignais, nous geignions ; je geignis ; je geindrai, je geindrais ; geins, qu'il geigne ; que je geigne, que nous geignions, que vous geigniez ; que je geignisse ; geignant
Terme familier. Même sens que gémir, mais avec l'idée de blâmer celui qui geint, ou de se moquer de lui. Dans l'état de malaise où je suis, je geins sans pouvoir m'en empêcher. encore relevé aujourd’hui
- C'est un beau, gros, court, jeune vieillard, gris pommelé, rusé, rasé, blasé, qui guette, et furette, et gronde, et geint tout à la fois — BEAUMARCHAIS, Barb. de Sév. I, 4
- Toute la nuit elle n'a fait que geindre et sangloter — GENLIS, Théâtre d'éd. la Lingère, I, 5
Historique
XIIIe s.
- Et Renart prent à soupirer, Et à gembre moult durement — Ren. 4469
- Mès ne li vaut mie une pome, Que Ysengrin le fiert et maille, Et dant Renart gient et baaille — ib. 15052
XVIe s.
- Il gehaignoyt comme ung asne qu'on sangle trop fort — RAB., Pant. II, 13
Étymologie
Lat. Gemĕre, qui, ayant l'accent sur ge, a donné régulièrement geindre ou gembre ; gémir vient d'une forme barbare gemīre. Suivant Curtius, gemere se rattache à γέμω, être plein, à cause du sentiment de gonflement qui accompagne le gémisrement et le sanglot.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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