jeté
- nature
- adj masculin
- diction
- [ʒəte] · 2 syllabes
- usage
- 78 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 6
-
familier Ivre, alcoolisé
- J'ai vu le Fabrice sortant de la noce, il était encore fin jeté !
-
familier (Bourgogne) Fou.
- T'as appelé les gendarmes pour une bouteille brisée ‽ Mais t'es jeté !
4 emplois spécialisés
- Danse Saut lancé par une seule jambe et reçu par l'autre.
- Tricot à l'aiguille Dans un tricot exécuté à la main, fil jeté sur l'aiguille avant de prendre une maille pour réaliser une contexture ajourée.
- Techniques de tricot diverses Portion de fil dans un tricot à mailles jetées qui a été placée sur l'aiguille pendant la formation des mailles.
- Techniques de tricot diverses Portion de fil dans un tricot à mailles jetées consistant en un jeté-sur et en un jeté-sous.
Nom 5
- Manière dont les plis d'un vêtement ou d'une draperie se disposent.
- Bande d’étoffe ou de broderie que l’on met, en guise d’ornement, dans le sens de la longueur ou de la largeur d’une table ou d’un lit.
- Brin jeté sur l’aiguille avant de prendre la maille du tricot, ce qui fait une maille de plus au rang suivant.
2 emplois spécialisés
-
Danse
Un des pas de danse.
- Elle a dû tout abandonner pour cette danse qu’elle n’aimait pas et tout en faisant des « jetés, des entrechats, des pointes et des tourbillons », sa pensée volait vers d’autres horizons. Lyane Daydé, dans l’hebdomadaire Mireille nᵒ 58, Paris, 10 mars 1955, page 27
-
Musculation
Partie du mouvement d’haltérophilie appelé épaulé-jeté consistant à soulever la barre au-dessus de la tête.
- Il fait exactement penser à ces haltérophiles de carrefour qui savent étoffer toute une journée de travail avec un arraché du gauche et un jeté du droit. Jacques Perret, Le Caporal épinglé, Gallimard, 1947, page 266
Formes fléchies 1
-
Participe passé masculin singulier de jeter.
- La recherche, érigeant le fait réunionnel en objet d’étude systématique, a jeté les bases et les premiers linéaments de la réuniologie. Michel Guillou, Réunions et sociotes, in Revue du MAUSS, 2001/2 (nᵒ 18)
Citation
La tête d'Asdrubal, jetée dans le camp des Carthaginois, apprit à leur chef le funeste sort de son frère
1873 — le Littré
JETÉ, ÉE1 part. passé (je-té, tée)
de jeter
1 Qui a reçu un mouvement communiqué.
- La tête d'Asdrubal, jetée dans le camp des Carthaginois, apprit à leur chef le funeste sort de son frère — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 460, dans POUGENS
Fig.
- Je ne suis plus pour vous qu'une vile étrangère, Indigne des bienfaits jetés sur ma misère — VOLT., Guèbres, II, 3
Fig. et familièrement. Jeté au panier, aux ordures, au sac aux ordures, tenu à mépris.
- Il ne m'a pas paru que Mme de Schomberg ait encore pris ma place [auprès de Mme de la Fayette].... enfin je ne crois pas être tout à fait jetée au sac aux ordures — SÉV., 30 octobre 1680
2 Disséminé, répandu.
- Oh ! le bon mal [le rhumatisme] ! et que c'est bien fait de le voir un peu jeté parmi les courtisans ! — SÉV., 12 fév. 1676
De l'argent jeté, de l'argent prodigué sans profit, sans utilité.
- J'approuve bien de supprimer les étrennes, c'est de l'argent jeté — SÉV., 27 déc. 1684
3Fig. Qui a été placé, mis, dirigé non sans quelque violence ou rapidité.
- Cet homme [le prieur de Cabrières].... se trouve jeté à la cour par un tourbillon qui lui fait traiter et guérir la beauté la plus considérable qui soit à la cour [Mme de Fontanges] — ID., À Guitaut, 18 mai 1680
- Je suis, dit-on, un orphelin Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance — RAC., Athal. II, 7
4 autres citations
- Jetés par le destin dans des partis contraires — VOLT., Adélaïde, II, 2
- Sans secours, avec toi jeté dans ces déserts — ID., Oreste, II, 1
- Me voilà tout à coup jeté parmi le beau monde — J. J. ROUSS., Conf. V
- Jeté sur cette boule, Pauvre, laid et souffrant, Étouffé dans la foule, Faute d'être assez grand — BÉRANG., Vocat.
Jeté hors de soi-même, qui n'est plus maître de soi.
- Égaré, subjugué, jeté hors de moi-même, Je ne suis plus à moi, ....j'aime — DUCIS, Oscar, II, 2
4Terme militaire. Introduit, posté. Un régiment jeté dans la place.
- On remarquait qu'on y avait marché [vers une position] languissamment ; qu'une division seule, jetée à trois lieues de tout secours, y avait été négligemment aventurée ; que les corps d'armée étaient restés hors de portée les uns des autres — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2
5 Étendu sur, en parlant de teintes, de couleurs, etc. Marbre jeté, voy. MARBRE.
- Une teinte de gris jetée sur tout le dessus du corps, assez claire sur la tête, et qui devient plus foncée et bleuâtre sur le dos — BUFF., Ois. t. XVII, p. 462
6 Mis dans une certaine position, en parlant d'une partie du corps.
- Le castagneux n'a pas plus que le grèbe la faculté de se tenir et de marcher sur la terre ; ses jambes traînantes et jetées en arrière ne peuvent s'y soutenir — BUFF., Ois. t. XV, p. 279
7 Il se dit d'un vêtement mis à la hâte. Un manteau jeté sur ses épaules.
Par analogie il se dit , en peinture et en sculpture, de la disposition des draperies.
- Draperie qui pend de la barque, mal jetée — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 146, dans POUGENS
Terme de beaux-arts et de littérature. Cela est jeté, bien jeté, se dit de tout ce qui est fait d'un seul jet, d'une esquisse heureuse et rapide.
- Il faut voir comme cette figure est jetée — DIDER., Salon de 1765, Œuvr. t. XIII, p. 78, dans POUGENS
8 Mis en avant par la parole ou l'écriture.
- Un mot jeté de la sorte dans un discours vaut un panégyrique entier — ROLLIN, Traité des Ét. liv. VI, 2e part. chap. 2, § 3
- Un mot, quoique jeté au hasard et mal à propos, fait souvent germer des beautés nouvelles dans la tête d'un homme de génie — VOLT., Lett. Chabanon, 13 janv. 1766
9 Coulé, après fusion, en un moule.
- Le colosse de Rhodes, ouvrage immense jeté en fonte par un Indien — VOLT., Mœurs, 92
JETÉ2 s. m. (je-té)
1 Un des pas de la danse, mouvement par lequel on jette un pied en avant ou en arrière ou de côté, et on lève l'autre en même temps ; il se compose d'un plié et d'un tombé : une jambe se plie, et, en se redressant, lance le corps, qui retombe sur l'autre jambe. Jeté battu. encore relevé aujourd’hui
2 Au tricot, un jeté, le brin jeté sur l'aiguille avant de prendre la maille, ce qui fait une maille de plus si l'on veut. encore relevé aujourd’hui
Étymologie
Jeté 1.
Supplément au dictionnaire
JETÉ. Ajoutez :
10Néologisme. Jeté de, parsemé.
- Quelques menus dessins, jetés d'insectes ou de feuillages comme les Japonais en sèment à l'intérieur de leurs coffrets — KARL STEEN, Journ. offic. 29 mars 1876, p. 2238, 1re col.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier
Liens de sens
Dérivés
épaulé-jeté grand jeté
Domaine
bodybuilding danse habillement
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « jeté » du Wiktionnaire.