lie

nature
nom féminin
diction
[li] · 1 syllabe
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Dépôt formé par précipitation dans une boisson, spécialement un liquide fermenté.
    • De ce vin, la première bouteille était un peu trouble vers la fin, Brisemont versa cette lie dans un verre. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1844
  2. Résidu précipité laissé par un liquide.
    • — Puisqu'il faut tout avouer, je descendrai en moi jusqu’au tréfonds, j’en remuerai la lie et j’en étalerai la pestilence. Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 48
  3. figuré Les mauvais éléments d’un peuple ou d’une population.
    • Vous êtes la lie de l’humanité ! Le Rivage du labyrinthe (Kaze no umi meikyuu no kishi), livre 2, tome 1, 14 juin 2007, ISBN 978-2-7459-2046-1, page 135
  4. figuré Résidu couleur lie-de-vin.
    • Ils restèrent là plus de deux heures à regarder le ciel qui déposait ses lies et devenait d’un beau gris perle. Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 390
1 emploi spécialisé
  1. Brasserie et malterie Dépôt qui se forme au fond des récipients contenant des boissons fermentées.

Adjectif 1

  1. vieilli Joyeux, joyeuse. Ne se rencontre plus que dans l’expression faire chère lie.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de lier.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de lier.
    • Les dosages par récepteur mesurent leur liaison à celui-ci, mais comme nous l’avons vu la LH déglycosylée se lie mais reste inactive. Martin H. Johnson, Barry J. Everitt, Reproduction, 2001, page 48
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de lier.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de lier.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de lier.

Citation

Avant qu'aller si vite, au moins je le supplie Savoir que le bon vin ne peut être sans lie
Mathurin Régnier, Sat. XI

Origine du mot

Du latin médiéval lias, (pluriel) liæ « lie, sédiment, résidu », du gaulois lĭga, lega « sédiment, dépôt, limon » (cf. gallois llai, breton lec’hi « lie, mucilage » et lecʼhid « bourbe, vase », vieux breton leh « dépôt, vase »).

Dans le dictionnaire latin : lias

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1873 — le Littré

LIE1 s. f. (lie)

1 Ce qu'il y a de plus grossier dans une liqueur et qui va au fond.

  • Avant qu'aller si vite, au moins je le supplie Savoir que le bon vin ne peut être sans lie — RÉGNIER, Sat. XI
  • La coupe où nous buvons a toujours une lie — LAMART., Harold, VIII

Fig. Boire le calice jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une douleur, un malheur dans toute son étendue.

  • Il a bu jusqu'à la lie le calice de la passion, il n'en a jamais laissé perdre une seule goutte — BOSSUET, 1er sermon, Passion, 1
  • Ils boivent jusqu'à la lie toute l'amertume de leur calice — MASS., Myst. Soum.
3 autres citations
  • Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boire à longs traits la lie insupportable ? — VOLT., Alz. V, 3
  • Souvent las d'être esclave et de boire la lie De ce calice amer que l'on nomme la vie — A. CHÉN., Élégie XXXVI
  • Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel — LAMART., Médit. l'Automne.

On a dit dans un sens analogue : tirer jusqu'à la lie.

  • Je veux parler aussi de Mme la duchesse de la Vallière : la pauvre personne a tiré jusqu'à la lie de tout, elle n'a pas voulu perdre un adieu ni une larme — SÉV., au comte de Guitaut, avril 1674

Fig.

  • Ne faut-il pas avoir avalé jusqu'à la lie le breuvage d'assoupissement que boivent les prophètes de mensonge, et s'en être enivré jusqu'au vertige, pour annoncer au monde de tels prodiges ? — BOSSUET, Var. XIII, § 20

Fig. La lie, la décadence du corps et de l'esprit dans la vieillesse.

  • Pour moi, je ne suis plus bonne à rien ; j'ai fait mon rôle, et, par mon goût, je ne souhaiterais jamais une si longue vie ; il est rare que la fin et la lie n'en soit humiliante — SÉV., à M. de Moulceau, 10 janv. 1696
  • Ah ! ma bonne, que la lie de l'esprit et du corps [la décadence de la vieillesse] est humiliante à soutenir ! — ID., 15 août 1685
2 autres citations
  • Je le [Dieu] remercie de l'envie qu'il me donne de m'y préparer [à la mort] tous les jours, et même de ne pas souhaiter de tirer jusqu'à la lie — ID., ib. le jour des Rois 1687
  • Il faut épargner le temps de la jeunesse ; celui qui reste au fond n'est pas seulement le plus court, mais le plus mauvais et comme la lie de tout l'âge — BOSSUET, Pensées chrét. et mor. 31

Fig. Boire la lie de son vin, accepter les inconvénients pour les avantages.

  • Notre position, qui était si heureuse, est devenue tout à fait désagréable ; il faut quelquefois savoir boire la lie de son vin — VOLT., Lett. Florian, 16 avril 1767

2 Lie de vin, composé de couleur rouge qui se sépare du vin et se dépose dans les vases où il est contenu.

  • Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie [la tragédie] — BOILEAU, Art p. III
  • Nos fils bien gras, bien dispos, Naîtront parmi les pots, Le front taché de lie — BÉRANG., Grande orgie.

Sorte de couleur d'un rouge foncé. Il porte à la face une tache couleur de lie de vin, ou couleur lie de vin, ou, simplement, une tache lie de vin.

3Fig. La lie du peuple, la plus vile et la plus basse populace.

  • Bien que cette partie [les manouvriers] soit composée de ce qu'on appelle mal à propos la lie du peuple, elle est néanmoins très considérable par le nombre et par les services qu'elle rend à l'État — VAUBAN, Dîme, p. 90
  • Je ne suis pas d'une famille noble de Murcie, mais je ne suis pas non plus de la lie du peuple — LE SAGE, Est. Gonz. ch. 54
1 autre citation
  • Il n'y a point de lie aux yeux de Dieu ; devant lui tous les hommes sont égaux — VOLT., Pyrrhon. hist. ch. 28

La lie du genre humain, la lie des nations, les hommes les plus corrompus, des hommes très vils et très méchants.

  • Des malheureux, la lie et l'opprobre des villes — ROTR., St Genest, V, 2
  • Dans la lie et la corruption de nos temps modernes — MONTESQ., Esp. IV, 6
Historique

XIIe s.

  • E il exoït [entendit] les meies preieres [mes prières], e forsmenat [tira] mei de la fosse de miserie e de palu de lie — Liber psalm. p. 52

XIIIe s.

  • Uster [ôter] le chantel de leur tonniax et la lie vuider — Liv. des mét. 306
  • Et li rois respondi que il n'avoit de quoy, et que il n'avoit si bon tresor dont il ne feust à la lie — JOINV., 212

XIVe s.

  • Pain et iauwe manguant, sans boire vin sour lie — Baud. de Seb. VI, 95

XVe s.

  • Quant compaignons sont desbauchez, Ilz ne cerchent que compaignie ; Plusieurs ont leurs vins vendangez, Et beu quazy jusque à la lie — VILLON, la Repue de Montfaucon.

XVIe s.

  • Non seulement le peu mais encore le pire demeure auprès de la lie — BOUCHET, Serées, liv. III, p. 161, dans LACURNE
  • Ceux que la peur a revoltez Diffameront tes veritez, Comme faict l'ignorante lie — D'AUB., Tragiques, Préface
Étymologie

Wall. lize ; bas-lat. fecla sive lias vini, dans un manuscrit de Bambert du Xe siècle, f° 17, recto ; angl. lees au pluriel. Origine inconnue. On a indiqué le bas-breton li, lie, de léit, vase, boue. Scheler parle du gothique ligan, frison liga, angl. to lie, être gisant, qui aurait donné lie, comme sedere a donné sédiment. Il indique aussi le latin lix, cendre, lessive, qui, produisant une forme rustique, liqua ou lica, aurait produit aussi lie. Jusqu'à présent, on n'a que des hypothèses. Le mot est très ancien, puisqu'il se trouve dans un manuscrit du Xe siècle.

LIE2 adj. (lie)

Vieux mot qui signifie joyeux, usité seulement dans cette locution : faire chère lie, faire bonne chère avec gaieté. encore relevé aujourd’hui

  • Là, vivant à discrétion, La galande fit chère lie — LA FONT., Fabl. III, 17
Historique

XIe s.

  • Li emperere se fait et bauds et liez — Ch. de Rol. VIII

XIIe s.

  • Mout par fu liez li gentis rois de France — Ronc. 145
  • Pour ce [je] ne puis faire lie chanson — Couci, IX

XIIIe s.

  • À tant es-vous la vieille qui fait mout lie chere — Berte, XI

XVe s.

  • La bonne chere et lie que laiens on lui avoit faite — FROISS., I, I, 15
  • Et se representa au dit roi son oncle qui ne lui fit si liee chere que le comte voulut — ID., I, I, 89
Étymologie

Provenç. lat, joyeux ; espagn. ledo ; ital. lieto ; du lat. lætus. Dans l'ancien français, lié au masculin, et lie au féminin signifie joyeux : faire chère lie, c'est faire une mine joyeuse, une bonne mine, un bon accueil ; puis le sens s'est dévié en bonne chère, la bonne chère étant un genre de bon accueil.

LIE3 s. f. (lie)

Anciennement lie et passerie, le même que passerie (voy. ce mot).

  • Il y a la Bigorre, qui est la voisine de l'Aragon ; j'ai eu l'honneur de vous mander qu'il y a un traité de lies et passeries qui fait que les habitants des deux frontières se fournissent réciproquement les choses dont ils ont besoin — BOISLISLE, Corresp. contrôl. gén. des finances, p. 395, 1695
Étymologie

Lie viendrait-il du verbe lier ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « lie » du Wiktionnaire.

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